Centrafrique : un homme échappe de justesse à une tentative d’assassinat à Bangui

La scène se passe dans l’après-midi du vendredi 29 aout 2014 dans la concession d’un magistrat et l’opérateur économique Achille Colongo, PDG de la Société centrafricaine AUMHARRRD spécialisée dans la vente des véhicules d’occasion, l’import-export, le commerce général et la distribution de la nouvelle marque de cigarettes « YES ». Ils sont des vielles connaissances dont les relations cordiales d’amitié commencent par se détériorer à cause des affaires.

GobongoEn effet, ce jour-là, Achille Colongo accompagné de son épouse et sa sœur cadette au domicile du magistrat sis derrière l’Eglise des Frères au quartier Gobongo pour récupérer une somme d’argent qu’ il lui a prêté pour réparer un véhicule de marque Pick Up double cabine. Un jour plus tôt, le magistrat envoie un commissaire pour demander a Achille de lui envoyer quelqu’un de confiance pour qu’il lui remet l’argent. Mais celui-ci estime qu’il ira lui-même le lendemain dans l’après-midi. Rendez-vous ferme fut pris et la rencontre effective. Rien ne présageait de cette rencontre qui, apparemment, s’annonce amicale comme d’habitude, sans douter d’un grain de sable s’incruste. L’affaire est vieille de 9 mois. Le magistrat vend un véhicule d’occasion à Achille mais celui-ci prudent décline l’offre mais se propose de l’aider à réparer et le mettre en état de marche. Puisqu’il était sur le point de voyager à l’étranger, il demande à son épouse de supporter les frais de réparation. Elle exécute à la lettre les instructions de son mari, qui a son retour remettra en toute confiance le véhicule reformé au magistrat qui remerciera le ciel avant de s’en aller.

Des que sa femme imbue d’une qualité d’écoute et de compréhension s’est armée de patience. Mais le magistrat ignore que la confiance a ses confiances. L’eau a coulé sous le pont jusqu’ au jour ou ne pouvant supporter le fort taux d’adrénaline qui lui montait aux narines. Elle ne réclame que le remboursement de son argent par les temps de crise qui courent. A l’arrivée dans la concession, le magistrat leur réserve un accueil froid. Ce qui n’empêche les salamalecs d’usage. Curieusement, le maitre des céans pique une colère et leur dit sur un ton ferme qu’il ne dispose rien sur lui. S’engagèrent alors des discussions ponctuées par des insanités et des phrases assassines difficiles à maitriser par un saint.

Ne pouvant supporter cette scène qui pouvait susciter l’attroupement des curieux et passants, le magistrat saisi son téléphone avec frénésie pour faire appel aux miliciens anti balaka du coin aux fins de déguerpir le couple Colongo de la concession. L’intervention allait tourner au vinaigre. A la tête de ses hommes, le chef anti balaka fait irruption dans la concession pour mission de vider ce beau monde qui dérange la tranquillité de cet homme de loi. Mais le couple oppose la résistance et jure de ne pas sortir des lieux sans cet argent.

Le chef des anti balaka détient la clef de sésame pour mettre fin à ce remue-ménage de mauvais gout. Sans sommation, il fera usage de son arme automatique en tirant à la hauteur d’homme, Achille Colongo. Comme dans le film Matrix ou l’acteur principal Méo arrêtait les bailles des ennemis qui fusaient de toutes parts mais jamais atteint par aucune. Mais ce qui s’est passé au quartier Gobongo est loin de ressembler à une mise en scène d’un film de fiction. L’anti balaka vide six balles sur Achille Colongo qui se trouvait seulement a quelques centimètres, sous les yeux hagards du magistrat. Paniqué, avant d’ordonner à ses troupes de se retirer, il logea trois balles dans la jambe de la sœur cadette de Colongo. Curieusement, les balles rejailliront. Étonnement de l’assistance. Et ces anti balaka ont pris la poudre d’escampette sans demander leur reste.

Avant de partir, Achille Colongo conseille à son ami magistrat de s’être entouré désormais d’excellents tireurs d’élite qui peuvent le sauver pendant des moments difficiles de sa vie. Il promet de saisir son avocat éventuellement le conseil de magistrature. L’avenir s’annonce particulièrement houleux. En conclusion, les anti balaka auront compris que le malheur ne provoque pas l’homme mais c’est l’homme qui provoque le malheur. A suivre.

Par Jean Yves Ganazoui

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