Centrafrique : un projet de constitution qui creuse un fossé entre les pouvoiristes et le peuple meurtri

Kangbi-ndara.com / Les constitutionnalistes centrafricains qui viennent d’élaborer un projet de constitution de la République centrafricaine et le faire voter aux conseillers nationaux à main levée à 83 voix de OUI contre 08 de NON et 08 abstentions ont bel et bien creusé un fossé entre ceux qui, depuis plusieurs décennies se sont enrichis sur le dos de la population en occupant des postes juteux au sein de l’exécutif et du parlement ainsi qu’à la tête des sociétés étatiques puisqu’il faut récompenser les uns et les autres compte tenu de leur appartenance politique, et le bas peuple qui souffre de plus en plus, martyrisé, sacrifié et crucifié même puisque la majorité a été souvent laissée-pour-compte dans plusieurs régimes. Pour la plupart, la jeunesse centrafricaine a été souvent trompée et enrôlée par les machines politiciennes. Nul ne dira le contraire puisque cette population centrafricaine à majorité jeune se voit abandonnée par les politiques qui défendent leurs sandwichs et s’accrochent au pouvoir.

assembleeLa création du Sénat pour un pays comme la République centrafricaine qui est loin de sortir de l’auberge n’a pas de sens. Faut-il être conséquent en soi-même et reconnaître que les caisses de l’Etat, après moult crises suicidaires sont quasiment vides pour pouvoir payer les soi-disant sénateurs au sein d’une autre institution d’un pays qui est en train de revenir de loin. Déjà, compte tenu de notre situation chaotique sur les plans politique, économique et socio-culturelle, la république centrafricaine qui occupe un rang indigne en matière de IDH est devenu un pays mendiant, sur le plan international pour pouvoir faire face aux nombreux problèmes de crise et payer les fonctionnaires et agents de l’Etat qui continuent de tirer le diable par la queue. C’est irréfléchi et aberrant de créer des postes supplémentaires qui vont inévitablement gonfler la masse budgétaire et donner du fil à retordre à l’Etat après les futures élections de 2015, et voire même aux institutions financières internationales (FMI – BM) qui risqueront de supprimer l’aide budgétaire à la République centrafricaine. Ce surplus de masse monétaire devrait servir à la création d’emplois à la jeunesse qui se trouve dans une extrême pauvreté provoquée par ceux qui nous ont gouvernés hier pendant plusieurs décennies. Surtout qu’il y aura beaucoup de choses à refaire en Centrafrique après cette maudite crise qui marque le 21è siècle en Afrique parmi tant d’autres. Allez-y comprendre que les politiques qui s’accrochent au pouvoir ont toujours pris en otage la population centrafricaine qui n’a pas assez à manger, pas de médicaments pour se soigner si elle tombe malade, pas suffisamment d’enfants à l’âge d’être scolarisés qui vont à l’école, pas d’habitation digne de ce nom, pas de vêtements pour ceux qui vivent dans l’arrière-pays et n’ont pas de bourse pour s’en procurer et se protéger, alors que les nantis qui contrôlent les caisses de l’Etat se servent et se fixent des salaires exorbitants au détriment des paisibles citoyens qui meurent de famine et vivent dans la misère inacceptable. Des villages et greniers de ces paisibles compatriotes ont été brûlés à cause de la mal gouvernance et de la dictature.

La république centrafricaine ne peut et ne pourra jamais faire face résolument aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à cause de ces pratiques nuisibles qui enfoncent davantage le pays dans le sous-développement. La RCA, éventuellement, ne peut prétendre prendre le chemin du développement, ne peut se mettre sur les pistes de l’envol économique tant que la loi constitutionnelle est taillée sur mesure et ne vise pas l’amélioration des conditions de vie de la population. Il serait mieux d’investir les centrafricains en leur donnant des emplois que de se créer des emplois pour se renflouer les poches. C’est de l’égocentrisme et de la stigmatisation sociale qui ne dit pas son nom. Les forces vives de la nation, si les représentants sont conscients de l’état de souffrance avancée de la population et de manque des moyens matériels adéquats dans les différents services administratifs du pays, ces derniers doivent se mobiliser pour freiner ce projet machiavélique de Sénat. Nous ne sommes pas un grand pays comme la France ou les Etats-Unis, ou soit le voisin RD Congo qui fait partie des cinq pays les plus peuplés du continent, donc il ne sert à rien d’imiter ou de copier inutilement les autres.

Selon les informations des agences onusiennes, plus de 2,5 millions de centrafricains vivent dans la misère sur 4 seulement et ont besoin suffisamment de la nourriture pour leur survie. Alors, messieurs les constitutionnalistes et conseillers nationaux, pourquoi penser qu’à vous-mêmes au lieu de penser à la population centrafricaine meurtrie ???

Pierre Inza

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