Centrafrique : un tronçon de route refaite, une société forestière française accusée

Kangbi-ndara.info / C’est un ouf de soulagement pour les habitants de la Préfecture de la Lobaye, particulièrement ceux des villages  forestiers de Batalimo, Gbomboro, Lessé- Pont, Bobélé, Sébala, Yambo et Yatimbo (Sud-Ouest) qui peuvent maintenant acheminer leurs productions agricoles vers les marchés de leur choix dans tout le pays et se réapprovisionner également. Par contre, pour les causes du délabrement des routes dans cette région, les villageois pointent du doigt accusateur l’IFB qui exploite du bois dans la localité depuis 1944.

Copy Of IMG_0512Il a fallu trois années entières pour que certains villages de la Sous-préfecture de Mongoumba, jadis la principauté de l’Empereur Jean-Bedel Bokassa, dans la Préfecture de la Lobaye, se reconnectent avec le reste de la République centrafricaine après le retour douloureux du pays aux enfers déclenché en décembre 2012. Période pendant laquelle (2012-2013) la société forestière française dénommée Industrie Forestière de Batalimo (IFB) affirme avoir décaissé plus de 80 millions de dons sociaux au Autorités administratives locales, dont plus de trois millions ont été orientés pour les réfections de routes et de certains ponts de la localité, précisément ceux des villages Batalimo et Mbango. 80 millions perçus par les responsables préfectoraux et communaux, à en croire les documents justificatifs dont les copies sont consultables à l’IFB, mais qui n’ont profité aux populations de la région.

En effet, il s’agit d’une initiative du Conseiller national de la transition, Thierry Georges Vackat, actif dans la Lobaye depuis plus de quatre mois, probablement pour ses ambitions de représenter ladite localité à la future Assemblée nationale centrafricaine. 

D’après son initiateur, cette activité baptisée « Opération Zi Zéndé (désherbage) », qui a duré plus d’une semaine de lutte contre les hautes herbes, l’élargissement des chaussées rétrécies et le déguerpissement des troncs d’arbres tombés, barrant de manière discontinue la voie,  vise à permettre aux villageois d’écouler leurs produits agricoles. « Avec le concours des jeunes bénévoles des villages situés sur l’axe Batalimo-Lessé-Pont, nous avons pu ouvrir toute la bretelle qui était fermée depuis 2013 bloquant ainsi toutes activités économiques dans cette partie du Centrafrique. Ce tronçon hier impraticable même pour les engins à deux roues présentement peut desservir mêmes les engins à 4 roues  en attendant le renforcement des capacités des ponts qui s’y trouve dès qu’on aura plus de moyens.  Ce qui est  incompréhensible c’est qu’il y a dans la Lobaye de grandes entreprises qui exploitent du bois mais que les routes ne sont pas entretenues ».

La réouverture de l’axe Batalimo-Yombo a été un sujet de joie des populations du Village De Souza qui ont accueilli la cohorte des bénévoles avec danses et chants.

Au Village Gbomboro où les travaux de réhabilitation de route à coup de machettes ont surpris plus d’un, la perception d’un véhicule après plusieurs années, celui conduit par Thierry Georges Vackat, a créé une brève situation de panique chez certains habitants qui croyaient à une intrusion de bandes armées hostiles. « Depuis que la crise a débuté et que les routes ont été gagnées par les hautes herbes, nous n’avons vu de véhicule dans le secteur, nous n’avons vu un morceau de sucre ni de savon. Maintenant, il nous est de nouveau possible d’acheminer nos produits champêtres à Bangui à l’aide d’un véhicule et de nous réapprovisionner avec ce dont on a besoin », mots de réjouissance de Jean-Baptiste Ndamokonziadé chef du Village Gbomboro.

Par ailleurs, il convient de préciser que la Préfecture de la Lobaye dans laquelle ces activités ont eu lieu vit une autre réalité socio-économique, depuis la chute de l’empereur Jean-Bedel Bokassa en 1979, en dépit d’une forte implantation des entreprises forestières européennes et nationales. Une réalité jusqu’ici décriée par l’ensemble des villageois de la Sous-préfecture de Mongoumba. Ces derniers accusent particulièrement l’IFB d’être la cause du délabrement délibéré des infrastructures routières et de la misère des habitants de cette région. « L’IFB n’entretient pas les routes sur lesquelles elle fait passer ses engins. Cette société nous porte la poisse dans la localité car depuis près de 70 ans qu’elle exploite du bois dans la Lobaye elle ne fait presque rien pour répondre de manière durable aux moindres soucis de nous les gardiens des forêts qu’elle exploite », a déploré Égide Passi, chef du Village Gouga situé à environ 22 kilomètres de Mongoumba sur l’axe Ikoumba-Congo.

Johnny Yannick Nalimo

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