Centrafrique : une transition qui tient ses promesses et une classe politique déliquescente

Kangbi-ndara.info / Après les violences meurtrières qui ont ensanglanté Bangui fin septembre dernier, Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition, avait promis une concertation avec l’ensemble des forces vives de la nation afin de trouver une réponse collective à la crise centrafricaine. 

cathy-11Une promesse qu’elle n’a pas tardé à tenir: depuis quelques jours, l’on voit défiler au palais de la Renaissance, la présidence centrafricaine,  leaders politiques, responsables religieux et acteurs de la société civile. Ces personnalités sont reçues personnellement par la présidente de la transition qui, malgré le contexte difficile et un emploi du temps plus que chargé, met un point d’honneur à les écouter tous. Cet exemple, un de plus, démontre, si besoin en était encore, que madame Samba-Panza est une personnalité politique aussi méthodique que rigoureuse, aussi persévérante que déterminée qui a érigé le respect de la parole donnée en impératif. 

Tant mieux d’ailleurs. Car, elle n’a pas oublié que vaccinés contre les promesses et les engagements non tenus, ses compatriotes ne croient désormais plus qu'aux actes et aux résultats. C’est pourquoi, dès le lendemain de son élection à la magistrature suprême de l’État, la présidente de la transition n’a ménagé ni ses efforts ni sa peine pour sortir le pays de l’abîme dans lequel l’irresponsabilité de certains acteurs politiques l’avait précipité. Elle a pu mobiliser les ressources financières qui faisaient cruellement défaut à l’État centrafricain, ayant perdu plus de 80% de ses recettes. Grâce à ses efforts, l’État a pu faire face à ses dépenses de souveraineté, notamment le paiement de salaires de ses agents, le versement de pensions aux retraités ainsi que les bourses d’études aux étudiants. Une partie des fonds mobilisés suite à l’activisme de Catherine Samba-Panza a également servi à l’acquisition de matériels pour le renforcement des capacités opérationnelles de l’administration. 

Par ailleurs, son gouvernement a réussi l’exploit de conclure un programme au titre de facilité de crédit avec le Fonds monétaire international (FMI) qui a assuré le paiement de salaires des fonctionnaires jusqu’en début 2015. Ce programme a eu l’avantage de permettre à la République Centrafricaine de bénéficier d’importants concours financiers de la part des autres partenaires au développement, dont l’Union européenne, la Banque mondiale ou encore la Banque africaine de développement (BAD). Au-delà d’une conjoncture difficile, marquée par l’effondrement des structures étatiques, la Centrafrique de Catherine Samba-Panza a parcouru un chemin considérable. L'espoir suscité par son élection a favorisé la mise en oeuvre des réformes structurelles majeures, celles qui n'ont justement pas pu prendre corps depuis des décennies. 

En témoigne entre autres, la création de la cour pénale spéciale pour juger les criminels, lutter contre l’impunité et la réussite du Forum de Bangui. Réputée perfectionniste, CSP comme on l’appelle affectueusement a compris que l’avenir de la Centrafrique dépendait en grande partie de la tenue sans difficultés dudit forum censé jeter les bases d’une réconciliation nationale véritable. Elle avait suivi les préparatifs dans les moindres détails. Commentaire de l’un de ses conseillers: « le Forum de Bangui était le bébé de la présidente ». Ce dernier ne croyait pas si bien dire. Quand on sait que ne voulant pas d’un rendez-vous où les élites nationales allaient se retrouver pour deviser, la présidente à innover en faisant participer l’ensemble des couches sociales de la République Centrafricaine. Ces Centrafricains de peu ont eu l’occasion d’amplement s’exprimer en amont du Forum lors des consultations populaires à la base. Une première dans l’histoire du pays mais aussi de l’Afrique où le peuple est ainsi associé au processus de décision touchant à son avenir. 

En dépit de ces efforts incontestables, Catherine Samba-Panza est confrontée à l’incompréhension et aux ambitions du pouvoir d’une classe politique plus préoccupée par ses intérêts bassement égoïstes que par le bien être de la population meurtrie par plusieurs décennies d’incurie au point de s’en remettre à la bonté divine. Dans un pays où l’État est malheureusement perçu par bon nombre de politiciens comme une vache à lait, hypothéquant ainsi l’avenir de tout un peuple. Ce qui fait dire à nombre d’observateurs que Catherine Samba-Panza est une véritable extra-terrestre dans cet univers de médiocres et de machiavel de maison close. 

D’ailleurs, Si l’on met de côté sa mine austère, voire sévère, la présidente de la transition, qui a fait de la perfection sa norme familière est, de l’avis de ses proches, une femme profondément sensible, pleine de compassion, généreuse, affable, tendre et affectueuse. Elle a un réel culte de la famille, de la parenté, de l’amitié, de la camaraderie. Le sens de l’écoute est puissant chez elle. Elle hait, au plus haut point, la fourberie, l’hypocrisie et la duplicité. Est-ce le cas chez ses détracteurs? Rien n’est moins sûr.   

Boniface Yamalet-Bringa.  

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