Centrafrique : vente et consommation des produits stupéfiants à Bangui

(RJDH) —Les lois centrafricaines interdisent  le trafic et la consommation des produits stupéfiants. La lutte Anti drogue s’est fragilisée pendant cette  période de crise. Plusieurs marchés, maisons inachevées, cafétérias et gargotes sont devenus des lieux d’échanges et de consommation de ces produits.

senego_1317905434641Le marché Gobongo situé dans le 8ème arrondissement de Bangui, est l’un des marchés les plus connus de la ville de Bangui. Dans cet endroit, la vente et la consommation de drogue sont devenues monnaie courante. Fanny a 25 ans, elle vend la viande boucanée, elle doit prendre ces doses de Tramole (produit stupéfiant)  pour pouvoir côtoyer ses clients sur le marché. 

« Après le marché, je sens beaucoup de fatigue. J’en ai parlé à mes amies qui m’ont dit de prendre des comprimés de Tramole pour échapper à la douleur. C’est ainsi que j’ai commencé à me droguer. Et il me faut actuellement une plaquette et demie de ces comprimés  par jour pour être très motivée. Si je n’en prends pas, j’ai le corps qui tremble », a-t-elle témoigné.

A la sortie principale de ce marché, le RJDH a rencontré Aminou, un propriétaire de cafétéria fréquenté par des gens venus de tous côtés. De plus de son  commerce, Aminou vend également de produits stupéfiants.

«A côté du café, je vends effectivement de produits stupéfiants notamment les comprimés  Tramadole de couleur verte et rouge, aux clients qui me le demandent. Seules les personnes qui n’en consomment pas pensent que la drogue est une mauvaise chose. Moi par exemple, j’ai commencé à prendre du Tramole en 2003 et du Cannabis en 2005. C’est ce qui me donne le courage de continuer à lutter pour mon avenir».

A une vingtaine de mètres de la cafeteria, derrière une gargote, se trouve un endroit moins fréquenté, discret et calme. Les personnes qui fréquentent cet endroit l’appellent ‘’BONUCA’’, visiblement un point de trafic des stupéfiants. Dans ce ghetto entouré de cabanes, Loïc se comporte en véritable dealer. Devant lui, sur une petite table, se trouve une gamme de produits stupéfiants prêts pour la vente.

« Ce que je vends s’appelle Tramole. Il y a une différence entre Tramole vert et rouge en termes d’effets. J’achète une boite à 1250 FCFA à Garoua-Mboulaï pour revendre à 1750 FCFA l’unité. Et si je dois revendre en détail, je vends un comprimé à 25 FCFA pour avoir 2500 FCFA. C’est ce qui me permet de vivre ».

Ce dernier n’est pas le seul à faire tourner ce ghetto. Mario, un autre vendeur, a  exporté du cannabis, appelé aussi chanvre indien depuis la République Démocratique du Congo. « Le cannabis n’est pas disponible à Bangui. Il faut traverser en pirogue la rivière Oubangui pour en acheter. Mais, l’exportation est un grand risque parce que le contrôle est strict au niveau des ports. Alors, si tu arrives à acheminer tes produits, tu es soulagé. Lorsque tu dégrènes le cannabis et vend une botte de 10g à 50 FCFA, tu feras de bénéfices. Et surtout avec la fidélité de mes clients que sont des jeunes, des vieux et même des gendarmes, je gagne beaucoup».

Interrogée par le RJDH, une source proche du Service de l’Office Centrale de Lutte Anti-drogue(OCLAD), a fait savoir que les moyens ne sont pas mis à la disposition de cette structure pour mener à bien ses activités. En plus, leurs locaux ont été pillés lors du renversement du pouvoir en mars 2013.

Selon les enquêtes réalisées par le RJDH, d’autres régions de la Centrafrique  produisent aussi du cannabis. « Principalement les villes de  Kaga-Bandoro et Bambari, deux régions du centre du pays », a confié une source policière.

En 1994, l’Etat centrafricain a créé par un décret l’Office Centrale de Lutte Anti Drogue(OCLAD). D’après une source proche de la Direction,  le contexte actuel de la crise ne  permet pas à l’institution de jouer  pleinement son rôle./RJDH

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