Communiqué de presse : Le mouvement KITE exige le départ des Sangaris et accuse la France

 

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COMMUNIQUE DE PRESSE N°0011/KITE REVOLUTION/KWAZULU-NATAL

C’est avec une réelle consternation que, nous, Paysans de Centrafrique, sous la bannière du mouvement KITÉ, nous présentons nos condoléances, aux familles des victimes, des lâche et odieux crimes perpétrés depuis plus de dix jours, à l’encontre des populations innocentes et sans défense, animistes, chrétiennes et musulmanes.

Mais l’évènement le plus marquant, fut  le lâche assassinat de plusieurs dizaines de déplacés  à l'Église Notre Dame de Fatima, par des éléments de la Séléka venus du Kilomètre 5 (KM5), dans le 3è arrondissement de Bangui, le mercredi 28 mai, veille du Jeudi de l'Ascension. Ces derniers tirèrent à bout portant et jetèrent des grenades sur les déplacés. Faisant ainsi plus d'une trentaine de morts et de nombreux blessés, dont certains ont rendu l'âme par manque de soins adéquats. Par ailleurs d'autres personnes ont été enlevées et, jusqu'à aujourd'hui, portées disparues.

Tout ceci sous les regards complices des forces internationales d'occupation, Sangaris et Misca, qui, elles, étaient très bien informées du projet d'attaque et se trouvaient stationnées  à 300 mètres pour les forces burundaises et dans le 3è arrondissement de la ville de Bangui, pour les forces françaises, qui intervinrent 5 heures après le massacre.

  

Ainsi nous Paysans de Centrafrique, constatons :

• Que malgré l’arrivée des forces françaises en Centrafrique, l’insécurité ne cesse de gagner du terrain; plus de 65% du territoire est sous le contrôle d’une organisation à caractère terroriste, la Séléka.

• Le manque de volonté réelle des forces internationales et plus particulièrement françaises, à appliquer concrètement les Résolutions 2127 et 2134 des Nations Unies, afin de désarmer toutes les forces non conventionnelles, sur toute l’étendue du territoire.

• Une complicité passive, pour ne pas dire une réelle collusion entre certaines forces françaises et de la MISCA, avec les vecteurs d’insécurité dans le pays, à savoir la Séléka, certains groupes antibalaka et la LRA. De même les forces françaises, arment et manœuvrent avec les partis en conflit,  ce qui participe à une logique de division de nos populations et de maintien de l’insécurité dans le pays.

• Le soutien logistique apporté par les troupes françaises à la Séléka, dans les zones occupées par cette organisation terroriste, à l’origine de la situation tout aussi dramatique que chaotique que connait aujourd'hui notre beau et grand pays. Cet appui logistique fut manifeste lors du soutien apporté par les troupes françaises, lors de  l’organisation du congrès de N'Délé de la Séléka qui consacra le projet de partition de notre pays.

• Qu’au lieu de mener à bien leur mission, les forces Sangaris se consacrent plus au trafic de diamant et au pillage de nos ressources, avec la Séléka, dans les zones occupées et même dans les zones non occupées.

• Que suite à l’accrochage entre les forces Sangaris et la Séléka à Bambari, la semaine du 20 Mai, qui relevait plus d’un incident qu’une volonté de désarmer Séléka, les forces Sangaris nouent une parfaite entente et collaboration avec ces différents vecteurs d’instabilité, d’insécurité et de déstabilisation.

De même nous Paysans de Centrafrique, remarquons :

• Que tout est entrepris par les autorités françaises et leur force en présence, pour ne pas que nos forces de défense et de sécurité soient rétablies dans leurs fonctions et leur mission.

Ainsi nous Paysans de Centrafrique, dénonçons

• Le fait que la Séléka, organisation de malfaiteurs associée à des mouvements terroristes, régionaux et internationaux dont la tristement célèbre nébuleuse Al-Qaïda, puisse agir en toute tranquillité en Centrafrique, en complicité avec les forces  françaises.

• Le fait que la communauté musulmane s’avère  être l’otage de ce mouvement terroriste, qui n’est en aucun cas représentatif de la communauté musulmane.

Ainsi, face à l’incapacité et au manque de volonté des forces françaises Sangaris à résoudre ce conflit, mais surtout face à la duplicité dont elles font preuve dans la gestion de la crise Centrafricaine, 

Nous Paysans de Centrafrique exigeons:

• Le rétablissement immédiat des forces de défense et de sécurité Centrafricaines, dans leur fonction et leur mission, 

• La levée partielle de l’embargo, en faveur du réarmement des FACA,

• Le retrait immédiat du territoire centrafricain des forces françaises Sangaris et du contingent Burundais de la Misca.

Dans un souci de rétablir l’ordre, la sécurité et la paix et préserver l’unité nationale, afin que nos enfants puissent reprendre le chemin de l’école et nous le chemin de nos champs, 

Nous Paysans de Centrafrique demandons :

• La mise en place, dans les plus brefs délais,  par l’Union Africaine et les Nations Unies, à l’instar de la RDC dans le KIVU, d’une brigade spéciale d’intervention, afin d’aider les forces de défense et de sécurité locales à neutraliser tous les vecteurs d’insécurité, d’instabilité et plus particulièrement, la Séléka et la LRA, qui participent activement à la partition et à la balkanisation de l’Afrique. Dans cette optique la MISCA aura pour mission de protéger les populations exposées à l’insécurité, dont les communautés musulmanes.

• L’organisation d’un dialogue souverain inter-centrafricain de l’unité, réunissant toutes les forces vives et plus particulièrement les chefs des communauté religieuses musulmanes animiste et chrétiennes, tout en excluant les organisations terroristes à l’instar  de la Séléka, qui devra être neutralisée, par les forces de défense et de sécurité et la brigade spéciale Africaine.  Ce dialogue se tiendra à l’extérieur, pour des raisons de sécurité, dans un pays ayant les moyens et l’expérience  en termes de réconciliation et de résolution des conflits, à savoir l’Afrique du sud. De même il aura pour vocation  de réconcilier toutes les forces vives, de définir, les nouvelles institutions et le cadre d’une nouvelle transition, qui aura pour mission de sécuriser le pays, de consolider le processus de réconciliation et d’organiser des élections libres et transparentes.

• Des explications aux autorités françaises et aux représentants des forces internationales, sur la persistance de l’insécurité en Centrafrique et le manque de volonté manifeste de nous aider à juguler cette crise.

Ainsi nous Paysans de Centrafrique, 

Au nom du panafricanisme, affirmons que rien ne remettra en cause l’unité de ce pays et l’unité de l’Afrique. En somme il n’y aura pas de partition.

Ensemble nous vaincrons.

Fait à Kwazulu-Natal le 4 juin 2014

 

           Le paysan Bida Koyagbelé                                                        Le paysan  Abdoul Karim Tchikaya

   Secrétaire général du mouvement KITE                                          porte parole du mouvement KITE

 

 

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