Communiqué : la Fondation Hirondelle distinguée pour la Protection des journalistes

Genève (PEC, 4 juin 2014) Martin Faye-Fondation Hirondelle/ Le Prix PEC 2014 pour la Protection des Journalistes décerné à la Fondation Hirondelle

La Presse Emblème Campagne (PEC) a décerné mercredi à Genève son Prix annuel pour la Protection des Journalistes à la Fondation Hirondelle. Le comité de la PEC a récompensé le soutien de la Fondation à l’exercice du métier de journaliste en Afrique et ses efforts pour endiguer les discours de propagande et de haine attisant les conflits.

FH-Logo-2En consacrant cette année le prix à l’Afrique, la PEC honore aussi la mémoire de ceux qui ont sacrifié ces derniers mois leur vie pour informer : Ghislaine Dupont et Claude Verlon, de Radio France Internationale, tués à Kidal au Mali le 2 novembre, Kennedy Germain Mumbere Muliwavyo, de la radio-télévision Muungano d’Oïcha, tué dans le Nord-Kivu, en RDC le 16 février, Désiré Sayenga, du Démocrate, tué à Bangui en RCA le 30 avril, René Padou, de la radio Voix de la Grâce, décédé de ses blessures à Bangui le 5 mai, et Camille Lepage, photographe française tuée à Gallo en RCA le 13 mai.

« Le comité directeur de la PEC a été unanime. Alors que des conflits ont fait récemment de nombreuses victimes au Mali, en Centrafrique (RCA), au Soudan du Sud, en Somalie et en République démocratique du Congo (RDC), la nécessité d’une information indépendante et impartiale est particulièrement nécessaire. La Fondation Hirondelle s’y emploie depuis 19 ans. Un grand bravo », a déclaré le secrétaire général de la PEC Blaise Lempen.

«Dans tous les conflits armés, les journalistes prennent des risques énormes pour témoigner des pires souffrances humaines. En Afrique, il y a vingt ans, le génocide au Rwanda avait été précédé de la diffusion par des médias d’une propagande incitant à la haine et à la violence. Cela ne doit pas recommencer. Le contrôle de l’information est un enjeu majeur dans les conflits armés. Des employés de la radio Ndeke Luka soutenue par la Fondation Hirondelle ont été menacés de mort le 7 mai à Bangui parce qu’ils diffusent une information crédible », a affirmé Blaise Lempen.

La présidente de la PEC Hedayat Abdel Nabi a également félicité la Fondation Hirondelle et son travail: « Cette année la PEC honore le travail admirable et exemplaire de la Fondation Hirondelle en Afrique. J’espère que la Fondation se joindra à nos efforts dans le but d’aider à mobiliser les pays africains en faveur de notre projet de convention ».

Abdel Nabi a ajouté souhaiter que la Fondation puisse commencer à travailler en Egypte où dix journalistes ont été tués depuis le 25 janvier 2011 et le début de la révolution qui a renversé l’ex-président égyptien Hosni Moubarak. « Les jeunes journalistes sont ceux qui paient le prix le plus élevé parce qu’ils sont utilisés par des organes de presse pour couvrir les événements sans assurance ni mesures protectrices », a-t-elle déclaré.

Le directeur général de la Fondation Hirondelle Jean-Marie Etter a remercié la PEC pour ce prix : « Le prix de la PEC, décerné par des journalistes, est une reconnaissance humaine et professionnelle qui nous est précieuse. Les journalistes centrafricains vivent sous la menace de violences, des menaces de mort, au sein de communautés meurtries; leur quotidien est habité par la peur et leur avenir est bouché. Dans ces conditions, il est extrêmement difficile de produire un journalisme indépendant, et cela demande beaucoup de courage et de conviction ».

« L’existence même des médias indépendants en zones de crises est en question. Le défi est politique, économique, professionnel. Il est central pour la paix, mais méconnu », a ajouté Jean-Marie Etter.
Le Prix pour la Protection des Journalistes est décerné chaque année par le comité exécutif de la PEC. Il récompense un individu ou une organisation ayant oeuvré dans les zones de conflit pour la défense de la liberté de la presse et des travailleurs des médias

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