Crise sécuritaire à Bangui :  » J’accuse le Gouvernement du Premier Ministre Mahamat Kamoun », Johnny Yannick Nalimo

TAKA PARLER: Bonjour Monsieur Johnny Yannick Nalimo, en tant que professionnel de média, comment avez-vous vécu les événements de ces derniers temps ?

JynaliJOHNNY YANNICK NALIMO :Bonjour, les événements de ces derniers jours ont été difficiles à supporter pour moi mais davantage pour de nombreuses familles qui ont perdues des êtres chers et les efforts de toute une vie volatilisés. Je compatis pour ceux-ci, car parti d’un incident isolé toute la capitale a pris le coût pendant plusieurs jours. Faute d’une bonne politique de crise et des mesures préventives d’apaisement des situations susceptibles de mettre à mal la quiétude sociale; j’accuse le Gouvernement du Premier ministre Mahamat Kamoun d’être responsable du carnage ayant coûté la vie à plusieurs centrafricains. D’après l’Etat-Major des Armées, les événements derniers ont été prévisibles du fait que des dates ont été sifflées mais rien n’a été délibérément empêché. Les événements derniers ont été également durs pour moi car j’ai déploré le bidonnage des médias occidentaux asphyxiant l’ampleur réelle de cette crise. Le bilan humain connu ne reflète pas celui constaté sur le terrain et c’est désolant. Il y a trois fois plus de morts que les chiffres avancés çà et là.

TKP: Étiez-vous inquiété par les autorités de la place ?

JYN: Les autorités cherchaient, toutes, à franchir en même temps le seuil de la porte donnant accès à la cachette. Certains hôtels ont été quasiment vidés de leurs occupants. Certaines autorités ont quitté leurs résidences privées pour se regrouper aux 14 villas abandonnant ainsi la ville aux belligérants. Il n’y a pas de raison que je ne sois inquiété mais, j’étais plutôt inquiets des tournures que pouvaient prendre les événements si les forces de l’ordre nationales et internationales n’avaient pas réagi au moment opportun.

TKP: Selon la déclaration de la présidente de Transition, ce soulèvement était réellement une tentative de coup d’État ?

JYN: Je dirai que la présidente aurait plus d’éléments pour déduire dans sa dernière adresse à la nation que les récents incidents n’étaient qu’un coup de force contre l’État et ses institutions. Il faut le dire aussi que, ces événements ont permis de jauger le niveau d’impopularité du régime en place. Une majeure partie de la population est aussi hostile au régime de Samba-Panza qu’aux forces françaises de la Mission Sangaris. Évidemment, si l’on parle des ex-Faca ayant repris les armes, du Palais ayant accueilli de 100 mètres la visite des jeunes manifestants de Bangui, de la gendarmerie qui a été prise d’assaut, des prisonniers libérés à Ngaragba et de la tentative de la prise de radio qui devrait servir de cadre au discours d’un X futur dirigeant de la transition, tout y est pour déduire que les représailles ont très vite tourné à un putsch manqué.

TKP: Vous qui êtes sur le terrain, vous avez dû, en tant que Journaliste fait la part des choses, en distinguant les citoyens des militaires, ce mouvement était citoyen ou politique ?

JYN; Les acteurs de cette crise étaient politiques, militaires, religieux et comme vous l’évoquez citoyens. Ceux qui ont manifesté au nom du peuple, en occurrence le mouvement « Temps de la Centrafrique » conduit par le Conseiller national Gervais Lakosso était à caractère citoyen mais le fait que ce mouvement ait attendu cette crise pour exister laisse à cogiter. Il y avait plusieurs courants voulant en découdre à la fois avec le régime transitoire en cours soit exprimer leur ras-le-bol de l’inattention d’une transition qui ne veut pas prendre à bras le corps les problèmes de sécurité et de la protection des biens et des personnes.

TKP: Que répondez-vous aux différentes interrogations selon lesquelles la présidente de Transition serait rentrée en hélicoptère, escortée par des militaires Français est-ce vrai ?

JYN: Je vous dirai qu’il y a eu trop de manipulations d’informations ces derniers temps. Vous vous souviendrez certainement que des médias français notamment RFI et France 24 ont annoncé le retour de la présidente le 29 septembre alors qu’elle serait encore au Cameroun. En dépit de leurs multitudes sources, mêmes quelques médias virtuels centrafricains ont désinformé en ce qui concerne les détails près qui gravitaient autour du retour de la présidente Samba-Panza. C’est un exercice facile mais soumis à la diversion. Alors, de sources concordantes à Bangui, la présidente était rentrée d’urgence le 30 septembre 2015 à bord d’un vol onusien avant d’être conduite à l’Ambassade de France par un hélicoptère, probablement français. Ce sont des informations vérifiables que je ne peux confirmer.

TKP: Les rumeurs font état d'une prise d'assaut du domicile de l'ex Ministre d'Etat KARIM MECKASSOUA sis au Kilomètre 5, confirmez-vous cette version ?

JYN: Il ne s’agit pas de rumeurs mais de faits. Le domicile de l’ancien Ministre d’État et futur candidat à la présidentielle Karim Meckassoua a été de facto la cible de quelques hommes armés le 30 septembre dernier mais le coup a été déjoué par certains habitants du Km5 qui ont formé un bouclier autour de la résidence de cet homme. Donc, je vous confirme que la résidence de Meckassoua a été prise pour cible.

TKP: Comment voyez-vous en tant que professionnel de média, les différentes propositions de sortie de crise ?

JYN: Il est beau de discourir, de paraître et de se moquer du peuple Centrafricain mais, ce que les Centrafricains doivent avoir à l’esprit, pour l’heure, c’est le désarmement forcé et impartial de tous illégaux porteurs d’armes. Ce n’est qu’après cet exercice que l’on pourrait songer à la paix et la cohésion sociale, gage du développement en Centrafrique. Ceux qui s’agitent déjà pour les concertations annoncées par la présidente doivent se calmer. Cette tragédie ne doit laisser libre court à aucune supercherie d’un énième dialogue à caractère dépensier afin d’assouvir l’insatiable gourmandise des voleurs de notre République. Tout ce l’on peut attendre de ceux qui veulent par des propositions concrètes tourner la page des horreurs vécues depuis les trois dernières années, c’est le sérieux et l’amour de la patrie. Tous nos caprices et pulsions de vivants passeront mais la RCA restera pour nos petits fils et les fils de leurs petits fils. Quand l’essentiel est en jeu, c’est la nation toute entière qui devrait prendre du recul, s’interroger et se lever pour dire non. C’est là ,le faible des Centrafricains et c’est bien dommage !

TKP: Je vous remercie de nous éclairer Monsieur Johnny Yannick Nalimo

JYN: Je vous en prie compatriote

Propos recueillis par le Compatriote TAKA PARLER

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