Cyriaque Gonda : « La déclaration du procureur général est une cabale judiciaire »

Kangbi-ndara.info/  Cyriaque Gonda, président du Parti national pour un Centrafrique nouveau (PNCN), s’ouvre solennellement au débat public avec le procureur général sur la hiérarchie des textes. Une réaction faisant suite à la récente déclaration du procureur général, Eric Didier Tambo, qui placerait l’accord de Khartoum au-dessus de la Constitution. Cyriaque Gonda évoque « un manquement intellectuel » auquel il lui est impératif de recadrer avant de quitter cette terre.

La récente déclaration radiodiffusée du procureur général près la Cour d’Appel de Bangui, le Magistrat Hors Hiérarchie Eric Didier Tambo, n’a pas laissé de marbre Cyriaque Gonda, ancien ministre d’État, président d’un parti politique qui a porté au pouvoir en 2005 le Général de Division et Président transitoire François Bozizé, publiciste internationaliste en raison de ses multiples années au siège des Nations Unies à Washington DC aux États-Unis et Consultant international sur la loi pénale et domaniale.

Pour Cyriaque Gonda, par cette déclaration le procureur général a éventré le droit en insufflant un vent trompeur dans le monde intellectuel, juridique, politique et international.

« C’est une acrobatie difficile de dire que l’Accord de Khartoum est au-dessus de la Constitution », a-t-il balayé d’un revers de main avant de lâcher les phrases ci-après : « J’ai suivi avec beaucoup d’émotion cette cabale judiciaire. J’ai suivi avec beaucoup d’émotion cette débâcle du droit. J’ai aussi suivi avec beaucoup d’émotion cette déclaration qui n’est pas vraie ».

Les allégations médiatisées du procureur est selon Gonda une fuite de responsabilité du Gouvernement de poursuivre ceux qui ont endeuillé plusieurs familles et qui ont fait des veuves, des veufs et des orphelins sur l’ensemble du territoire national.

Gonda soutient que la Constitution est irréversible. Elle est au-dessus de l’Accord de Khartoum.

« La Constitution est au-dessus, c’est pourquoi on a gardé le Président Touadera. La Constitution est dessus, c’est pourquoi le Président Touadera a été le seul à choisir son Premier ministre malgré le refus des rebelles. La Constitution est au-dessus, c’est pourquoi le Président Touadera a conservé tous les postes régaliens etc. Dire que la Constitution est au-dessous c’est donner un très mauvais message à la jeunesse. Très mauvais message à l’université. Très mauvais message aux groupes armés. Très mauvais message à l’internationale. Très mauvais message à notre peuple…Je ne peux quitter cette terre sans relever ce manquement intellectuel. Le procureur est un juriste, je peux me soumettre au débat… »

 « Que ce soit l’Accord de Brazzaville en 2014 ou l’Accord de Libreville en 2013 ou encore l’Accord de Syrte en 2008, tous ces accords sont des accords politiques qui parfois entament des clauses de la Constitution mais qui l’entament sur une durée limitée…La Constitution de notre pays est la loi fondamentale à partir de laquelle émane toutes les autres lois inférieures et règlements. Au-dessus de notre Constitution il n’y a que les traités qui sont ratifiés par l’État au nom du Peuple centrafricain et qui règlent des questions sur des domaines données entre les États. Les rebelles ne remplissent pas tous ces critères. Le fait que le Gouvernement signe avec les rebelles ne fait pas des rebelles des États. Le fait qu’ils fassent des arrangements politiques ne fait pas de cet accord un traité. L’accord de Khartoum n’est pas au-dessus de la Constitution. Je vous dis que ce n’est pas vrai », a-t-il infirmé.

Cyriaque Gonda de proposer : « Il fallait simplement expliquer que cet accord politique entame une partie de la Constitution et qu’on ne va pas en permanence laisser Ali Ndarassa et compagnie.  Qu’on va tout désarmer et revenir à la normale ».

Par ailleurs, Cyriaque Gonda a fait d’une pierre deux coups pour prêcher la renaissance du PNCN après que « toutes les feuilles mortes soient tombées et emportées par la nature ». Il a aussi annoncé la tenue prochaine du Congrès extraordinaire du PNCN vendredi 26 avril 2019 à Bangui. Pour Gonda, la caution présidentielle désormais fixée à 15 millions de francs CFA et celle des législatives à 250 mille francs CFA ne posent aucun problème.

« le PNCN est un parti qui développe un principe d’unité révolutionnaire de survie basée sur les activités génératrices de revenus. Il suffit seulement que 15.000 militants donnent 1000 francs CFA pour que nous rassemblions ce montant. Ça ne pose aucun problème ».

Pour clore ce point de presse circonstancié, le président du PNCN tire la sonnette d’alarme sur les massacres récemment perpétrés à Zangba non loin d’Alindao dans la Basse Kotto sachant par des éléments de l’UPC, groupe armé signataire l’Accord de paix de Khartoum. Gonda appelle les autorités nationales et les partenaires à la pacification du pays à des actions rapides à Zangba où pour stopper le flux massif de déplacés dans la localité.    

La rédaction




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