Déclaration de candidature : Jean-Serge Bokassa s’affirme pour les présidentielles en Centrafrique

Kangbi-ndara.com /  Plus de doute à se faire, Jean-Serge Bokassa rejeton du premier bâtisseur du Centrafrique l’ex Empereur Jean-Bedel Bokassa a déclaré devant la presse nationale et internationale qu’il donnerait aux centrafricains le sens de sa candidature aux élections présidentielles de 2015. Déclaration faite à Bangui le 1er août 2015 à moins d’un semestre des élections présidentielles prochaines.

IMG_0147Une voix nouvelle s’élève à Bangui pour affirmer devant le peuple centrafricain et le monde  entier son engagement à changer la dynamique d’entretien du chaos en Centrafrique afin d’orienter ce pays vers la sécurité, le progrès et le développement durable. Le porteur de cette voix, Jean-Serge Bokassa, né d’un père franco-centrafricain et d’une mère gabonaise, ex ministre de la Jeunesse et des Sports durant le premier mandat du président déchu François Bozizé, un des rares acteurs politiques centrafricains à rester actifs aux côtés du peuple pendant les durs moments de la récente crise, se dit déterminé à relever les grands défis du Centrafrique par un programme politique adapté et cohérent.

« Mes chers compatriotes, le temps semble s’être arrêté depuis. Le Peuple centrafricain a perdu toute dignité. Ma candidature et mon engagement devant le Peuple centrafricain doivent être placés sous le signe du Renouveau et de la Responsabilité en vue de la restauration de la Dignité… Le changement est déjà en marche. Il faut l'encourager, le légitimer, l'accompagner par la cohérence de l'action publique en fixant ensemble de nouvelles priorités qui rompent avec les errements du passé… C’est dans ce rêve tragiquement interrompu, et dans la détresse du peuple centrafricain que je puise chaque jour mes forces et mon courage. C’est aussi cela qui me pousse à me présenter devant les électrices et électeurs, convaincu qu’ils sauront comme moi, ressentir le sens profond de mon engagement… Un autre monde est non seulement possible mais il est nécessaire et vital. La créativité humaine ne fait pas défaut. Fixons-lui des priorités en associant Progrès et Performance… L'économie, la technologie, la protection de l’environnement, l'argent lui-même, ne sont pas des fins mais des moyens en soi. Leur donner du sens, c'est la seule expression de la modernité. La volonté, les compétences, le patriotisme, la générosité, l'envie d'agir et le désir de changer sont partout. Je le sais. J'y puise mon énergie. Les autorités de la Transition nous ont montré une fois de plus les limites de leur action politique à l’endroit du Peuple centrafricain tout entier. On a éludé les vrais problèmes, au lieu de les aborder. Les questions du désarmement des groupes armés qui ont d’ailleurs brillé par leur présence lors de ce Forum, ont été posées et traitées superficiellement. Pire, alors que la crise est encore pendante, on a voulu aborder l’après-crise que de façon exclusivement « politicienne » a déclaré Jean-Serge Bokassa.

L’auteur du slogan nationaliste « kodoro ti mo si (ton pays d’abord)», Jean-Serge Bokassa, par cette courageuse décision entend suivre dans la mesure du possible les indications inscrites dans le  parchemin du respect de la citoyenneté et de grands travaux en Centrafrique. Un parchemin légué aux centrafricains par le  président fondateur Barthelemy Boganda et mis en valeur par son père Jean-Bedel Bokassa, renversé en 1979 par un coup de force armé organiser et financer par la France. « L'urgence et le devoir nous obligent tous à changer de cap. Il nous faudrait alors du courage. Oui, du courage pour reprendre le flambeau. Avec une foi et une âme de bâtisseur. Il nous faudrait inscrire toutes nos actions dans la continuité d’une œuvre entamée puis hélas interrompue voilà un peu plus d’une trentaine d’années. »

  IMG_0150L’annonce de cette candidature est du moins particulière car JeanSerge Bokassa, soutenu par la mouvance Jean-Bedel Bokassa,  s’est non seulement fait accompagner de son épouse mais également du jeune humoriste Fabien Zem, le Ma manne centrafricain, qui, guilleret, a passé un message humoristique pour dénoncer les vielles pratiques actualisées par certains dirigeants africains en évoquant la « Nkurunzinzanie (manie de l’indétrônable président burundais Nkurunzinza) ».

En effet, si l’on se fie à l’apparence bon enfant de Jean-Serge Bokassa, à son éloquence et à son charisme nationaliste prouvé, il n’est point de doute qu’il entre en lice de quelques candidats indépendants sérieux et capables d’escompter de très bons résultats lors des élections à venir. Seulement, pour une population de moins de 5 millions d’habitants, à l’allure actuelle des déclarations de candidature hebdomadaire et des engagements des uns et des autres motivés par l’accès aux postes de grandes décisions politiques avec les avantages qui vont avec, le Centrafrique risque de totaliser plus de 70 candidatures pour les présidentielles et un nombre inestimable aux législatives. L’on dirait que toute la République nourrirait le désir d’aller aux élections générales de 2015.

Johnny Yannick Nalimo

 

 

Fabien Zem

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