DECLARATION N° 001/13 DE M. Hugor Jaurès LAVOU, COORDONATEUR GENERAL DE MJCR SENEGAL SUR LA CENTRAFRIQUE PRISE AU PIEGE PAR LES VAUTOURS POLITIQUES.

Le Centrafrique, terre africaine de paix, de tolérance et de  concorde, traverse une crise institutionnelle sans précédente. Pour la première fois, le peuple, pratiquement pris en otage par une avalanche de catastrophes militaro-politiques et socio-économiques sans précédant qui est très loin de connaitre son épilogue, clame haut et fort qu’il est prêt pour toutes les formes de lutte pour le changement, afin de faire face aux défis qui l’interpellent.

image001Comment un pays africain où le vote est pratiqué depuis 1962, un pays qui a enfanté des écrivains, des médecins, des ingénieurs, des économistes, des mathématiciens, bref des intellectuels de dimension mondiale, peut-il sombrer dans une dérive politique et institutionnelle sans pareil ? Qui l’aurait cru !  Où en plus, l’incertitude des lendemains politiques, les exactions et la précarisation socio-économique sont le lot permanent des citoyens vaincus par un présent pénible, violant et angoissés par un futur sans avenir.

Nous sommes aujourd’hui la risée de nos frères africains, et au-delà du continent, notre pays fait de plus en plus face à la grande crainte et au mépris exprimés, parfois sans détour, par nos différents partenaires en démocratie et en gouvernance. Aujourd’hui, en dépit des richesses qu’on peut nommer et estimer, notre pays fait l’expérience douloureuse d’un niveau de souffrance poignant  des populations en général et singulièrement des habitants du monde rural.

LES MOTIVATIONS DE « M.J.C.R ».

Aujourd'hui, la situation de notre pays est dramatique. Notre économie est proprement détruite, l’insécurité qui prévaut dans nos villes, villages et quartiers va s’amplifiant, la population livrée à elle même se bat au quotidien, contre un réseau tentaculaire de violence et de haine. La communauté internationale et  les défenseurs des droits de l'homme adoptent  un mutisme incompréhensible. Des partis politiques de l’opposition démocratique agréent les meurtriers, les violeurs et les pilleurs. La société civile monstrueusement passive reste en panne de convictions pour un combat citoyen, égarée qu’elle est dans les couloirs d’un Conseil National de Transition (CNT) sans âme,  dans un gouvernement balbutiant, peinant à assurer le rôle qui est le sien. Elle est réduite à un rôle de simple figurant, expert dans l’art d’applaudir les tares des putschistes. Last but not least, les élites sans ambitions, du moins aux ambitions machiavéliques, marchent sur le cadavre du peuple centrafricain. Un peuple innocent qui ne réclame que la paix.

            Ceci est la conséquence de la cupidité et de l’irresponsabilité de certains, mais aussi de l’indifférence collective des autres, pire encore de l’incapacité à faire des choix pertinents ou à prendre des décisions salvatrices. Les dirigeants de notre pays ont privilégié leurs intérêts personnels au détriment de l'intérêt général. Ils persistent à exploiter l'ignorance d'une bonne partie de la population en érigeant le tribalisme et le népotisme en règle de gouvernance, en mettant en place des régimes  totalitaires.

Face à cette crise qui est d’une extrême barbarie sur tous les plans (politique, économique, militaire, social et culturel), il est juste de ne pas livrer le sort de notre peuple à une pseudo fatalité ou à des forces extérieures « maléfiques ». C’est dire qu’il faut appliquer le « primat des causes internes », le courage de se prendre comme cible au lieu de se refugier dans la stratégie qui consiste à blâmer les autres pour nos propres échecs.  En effet, il est pertinent de se demander : Que devrons nous faire ? L’avenir de notre pays ne doit plus être l’apanage des seuls politiques, mais du peuple centrafricain dans son ensemble et particulièrement de sa jeunesse. Conscient de l’état de délabrement pathologique de notre pays, de la responsabilité et des défis qui sont les nôtres, l’urgence est véritablement de joindre l’acte à la parole.

Nous jeunesse, de la république centrafricaine et de sa diaspora  décidons de lancer le Mouvement Des Jeunes Centrafricains pour la Rupture (M.J.C.R-Sénégal) « Y’en à marre, on est fatigué ». Une rupture que nous voulons marquer avec l’insécurité,  le tribalisme, la pauvreté  et toutes les formes de vices et d’oppressions du peuple centrafricain.

Par ailleurs, notre identité citoyenne marquante est d’être fortement convaincus que seul un vrai débat citoyen, à la base (Grassroots), large, démocratique, populaire, non-élitiste, dans les langues nationales, dans les villages les plus reculés jusqu’aux tours les plus hautes des grandes villes, pourrait offrir en R.C.A une véritable renaissance démocratique qui nous permettra une bonne fois pour toutes, comme dans toutes les grandes démocraties, d’enrayer toute possibilité de dérive politique ou de tentation de dévolution dynastique du pouvoir, et aussi toute capacité d’un segment du pouvoir d’état (l’exécutif en particulier) à fragiliser les autres institutions d’exercice du pouvoir (le législatif et le judiciaire), mais également à marginaliser les mécanismes du contre-pouvoir (la presse, la société civile, etc.) brillamment exprimés par les temps qui courent.

En définitive le Mouvement des Jeunes Centrafricains pour la Rupture (M.J.C.R), devant un tel constat, tend une main fraternelle à toutes les forces d’organisations de la société civile, de mouvements de Femmes, d’associations du monde rural, d’organisations de Jeunes et d’étudiants, de groupements intellectuels, d’organisations professionnelles et de Chefs d’Entreprises, d’organisations de la famille, des Arts, de la culture, de la musique, en somme de tous les créateurs de beauté (avec une insistance sur les mouvements citoyens par excellence qui sont les Artistes, des Musiciens, les Mouvement Hip-hop), sans oublier les cadres indépendants et le secteur informel, pour que de concert, nous puissions explorer des voies et moyens qui pourraient se révéler comme étant les voies de la Renaissance démocratique, républicaine, politique, économique, sociale et culturelle de Centrafrique.

Vive le M.J.C.R !

 Vive le Centrafrique ! 

Vive l’Afrique unie !


Fait à Dakar le 09 juillet 2013


 LE M.J.C.R – SENEGAL

M. Hugor Jaurès LAVOU, COORDONATEUR GENERAL DE MJCR SENEGAL

 

Comments

comments




Laisser un commentaire