Décomposition des corps-cadavres dans les morgues de Bangui : la santé pubique menacée

La majeure partie des cadavres que les familles des disparus font sortir  des principales morgues de Bangui depuis plus d'un trimestre se décomposent rapidement. Les uns accusent les délestages discontinus à Bangui tandis d’autres remettent en cause la vétusté du matériel utilisé dans les morgues de la capitale centrafricaine. Ce que révèle l’enquête de Kangbi-ndara relatif à ce sujet confirme les deux versions et en révèle une autre.

morguePersonne ne parle de la déplorable condition de conservation des corps dans les morgues de Bangui. Ni le ministère centrafricain de la Santé Publique ni les gérants des hôpitaux même pas l’Assemblée Nationale pour ne dire la Société Civile et encore moins les Ong intervenant à Bangui. Les familles éprouvées ne peuvent plus enterrer leurs morts dans des conditions voulues de peur de contracter certaines maladies.

Bon nombre des corps qui sortent des salles des morts à Bangui se décomposent rapidement. Entre autres conséquences, les cérémonies qui accompagnent les enterrements ne durent plus à Bangui. La capitale centrafricaine compte un nombre insuffisant de cellule réfrigérante destinée à la conservation des corps-cadavres. Les trois principales morgues notamment celles de l’Hôpital de l’Amitié, de l’Hôpital Communautaire et de l’Hôpital Générale semblent faire les frais de l’usure du temps et d’une carence d’attention des Autorités de la place. Une négligence qui laisse libre cour à certains « morguiers » de développer une pratique de nature à vouer à la décomposition certains cadavres dont les parents n’ont pas monnayé pour garantir une meilleure conservation. Aussi, les délestages discontinus de l’Energie centrafricaine (Enerca) y ajoute sa dose pour une putréfaction repoussante. 

De notre enquête à l’Hôpital Communautaire de Bangui où les plaintes des familles des disparus fusent ces derniers trois mois, les casiers sont quasiment opérationnels. Des casiers destinés à ne prendre qu’un corps sont désormais surchargés et serrés (jusqu’à trois corps). Parfois, certains corps sont rangés à même le sol. Un surcharge qui impacte sur la qualité de conservation d’après une source sanitaire. L’on nous signale aussi que certains morguiers frelatent le produit de conservation en anatomie appelé « formole ». Une fois le produit frelaté, les corps-cadavres mal conservés sont voués à la décomposition nous explique un agent de santé embauché par la Croix Rouge Centrafricaine.

Selon un ouvrier de la morgue de l’Hôpital communautaire qui a requis l’anonymat, la chambre mortuaire de cet hôpital se trouve dans un état alarmant et désastreux. Selon lui,  il faudrait que les responsables de l’Hôpital  et l’état réagissent le plus tôt possible pour sauver une situation in extremis. Si les Autorités ne réagissent pas, il sera impossible de garder le corps à la morgue de l’Hôpital Communautaire a-t-il estimé. Ce témoignage explique la situation calamiteuse dans laquelle se trouve cette structure hospitalière vouée à la conservation des cadavres

Rencontré à son lieu de travail, le Directeur général de l’Hôpital Communautaire de reconnaitre que la question de la morgue est urgente et touche directement la santé de la population toute entière. Seulement, il se réserve de répondre aux questions de Kangbi-ndara et préfère un protocole d’interview en bonne et due forme afin de  parler de ce sujet d’actualité.

Par ailleurs, à l’Hôpital de Bimbo dans la Commune de Bégoua, le centre dispose d’un four crématoire que les Centrafricains ne s’y intéressent guère.  De différents avis recueillis sur l’existence et l’usage de ce four, les Centrafricains précisément les Banguissois ne sont encore prêts de brûler les cadavres de leurs chers disparus. Ce four crématoire à l’Hôpital de Bimbo est actuellement fermé sous pression de la population.

Au regard des bruits gravitant autour de la décomposition et de la qualité des chambre froides réservées aux morts,  un analyste centrafricain en ce qui se rapporte aux questions sanitaires d’estimer qu’il est plus qu’urgent de créer des morgues supplémentaires à Bangui et dans l’ensemble du pays pour décongestionner certains secteurs. Il ajoute qu’il faut également libéraliser le secteur en ayant des morgues privées.

Edgard Gbozang et   Johnny Yannick Nalimo

 

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