Demafouth est-il atteint par le virus du pouvoir ?

Bangui le 2 juin Chantal Kpemssèrè (Nangbi-ndara.net) Et un , et deux et infiniment. Ainsi va la vie pour Jean-Jacques Demafouth, conseiller à la Présidence de la République Centrafricaine en charge du DDR et des relations avec la MISCA.

Avant-hier, c’était Jean-Jacques Demafouth. Hier, c’est encore Jean-Jacques Demafouth. Aujourd’hui, c’est toujours Jean-Jacques Demafouth. Et, j’ai tellement envie de dire qu’il sera toujours là, demain peut-être. Mais qu’est-ce qui le prend ? La question vaut la chandelle et mériterait d’être posée tant on n’arrive pas à cerner l’homme sinon à déceler ce qu’il a dans la profondeur de son être.

L’homme veut le pouvoir et n’hésite pas à mettre toutes les chances de son côté pour conquérir le pouvoir quand bien même ce pouvoir qu’il chérie tant refuse de lui ouvrir ses portes. Dans les urnes comme dans la rébellion, Jean-Jacques Demafouth s’est toujours battu pour conquérir la magistrature suprême de l’Etat mais il n’y arrive toujours pas.

Sous le règne des présidents André Kolingba, Ange Félix Patassé, François Bozizé ou encore Michel Djotodia, Jean-Jacques Demafouth n’a cessé de se battre comme un beau diable dans le bénitier afin de conquérir le pouvoir mais toutes les initiatives qu’il a prises se sont toujours révélées infructueuses.

Nonobstant les multiples échecs à son actif, l’homme n’en démorde pas et le voilà une fois de plus sur la braise, accusé de faire partie d’un trio criminel qui aurait tenté de ravir le pouvoir à Dame Samba-Panza qui est obligée tout comme son Premier ministre André Nzapayeké de sortir de sa réserve pour crier au scandale et de dénoncer sous cape, cette énième tentative de déstabilisation des institutions républicaines.

Samba-Panza se contentant de déclarer que derrière les violences qui ont endeuillé autant de familles centrafricaines cette semaine, qu’il y ait « des ambitions, avérées, cachées. Ce sont ces agitateurs qui en sous-main essayent de manipuler, d'instrumentaliser les jeunes pour des raisons purement politiques. Des enquêtes sont en cours. Dès que nous aurons des faits avérés, je pourrai en parler de manière plus précise».

Qui sont ces manipulateurs aux ambitions avérées quoique cachées ? La question agite toute la classe politique et le centrafricain lambda attend d’en savoir davantage.

Tout comme la Présidente, le premier ministre centrafricain dénonce sans les nommer, les soi-disant hommes politiques  « très proches du pouvoir, dont certains se trouveraient autour même de son propre cabinet et de celui de la présidente ». Les institutions de la transition sont-elles infestées de manipulateurs ?

Question à suspense qui ne saurait tarder à nous révéler l’identité sinon les identités des hommes politiques adeptes de la manipulation qui, dans le cas d’espèce, veulent bien défier les institutions républicaines.

Qu’à cela ne tienne, même si Jean-Jacques Demafouth, avec son calme olympien quoique tactique, affirme sans sourciller qu’il ne se reproche rien, nombreux sont les centrafricains qui pensent que l’ancien président de l’APRD tout comme de son parti la NAP (Nouvelle Alliance pour le Progrès), frontalement accusé d’être derrière cette énième tentative ne serait pas étranger à une telle entreprise. Tant, il est quelque peu atteint par le virus du pouvoir. Qui dit le contraire ?

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