Démission : « la gestion actuelle de RNL présente de gros risques de la décadence », Hippolyte Marboua

Kangbi-ndara.info/ Radio Ndeke Luka (RNL) vient de perdre encore une de ses plus-values. Cette fois c’est au tour d’Hippolyte Marboua, ancien rédacteur-en-chef, animateur de l’émission à succès Patara, de claquer sèchement la porte en s’érigeant contre les déficits managériaux susceptibles de faire chavirer cette station privée alors très prisée des Centrafricains. Exceptionnellement à Kangbi-ndara, le désormais ex-Rec de RNL se livre ouvertement.

Hippolyte Marboua, bonjour. Depuis plusieurs semaines, votre voix laisse un vide peu habituel et certains auditeurs ressentent votre absence sur la fréquence RNL. Qu’y a-t-il ?

Bonjour. Oui, cela fait plus d’un mois aujourd’hui que j’ai quitté définitivement le navire RNL, cette maison qui m’a vu naître professionnellement et qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Ce départ n’est pas sans remords vu qu’une catégorie des auditeurs de RNL comptait encore sur moi à travers des sujets d’intérêt général que j’abordais dans le débat politique Patara, l’émission phare de Radio Ndeke Luka que j’animais. Mais, comme je l’ai signifié dans ma lettre de démission, je suis parti parce que l’actuel système de management contrarie mes valeurs et celles de la profession.

Votre douce distance des micros de RNL est votre manière de dénoncer certains abus de l’employeur traduits par une certaine déconsidération des journalistes contractuels de cette station ?

Je ne dénonce pas « des abus de l’employeur » comme vous le dites, mais je m’érige contre un management vertical, c’est-à-dire non inclusif et qui, selon moi, est anti médiatique. La Charte de Munich qui régit le travail de journaliste est claire sur la question. « Aucune décision pouvant impacter la vie de la radio ne peut être prise sans associer les collaborateurs » ; ce qui n’est pas le cas. Je pense que le personnel qui s’investit nuit et jour pour faire tourner cette boîte mérite, mieux, plus de considération et un meilleur traitement.

Que diffère précisément de la gestion actuelle du projet Ndeke Luka aux gestions précédentes ?

Pour moi qui suis une figure de cette radio avec 15 ans révolus de service, la gestion actuelle de RNL présente de gros risques de la décadence de ce joyau. Les compétences sont sacrifiées au profit du favoritisme. Les valeurs d’intégrité, de justice et de vérité semblent foulées au pied. Les affaires sont traitées à la tête du client. Il y’a beaucoup de choses que je me réserve de révéler ici à Kangbi Ndara vu que je suis tenu au secret professionnel.

Vous étiez l’un des anciens, l’une des pièces maitresses sur lesquelles se reposaient l’efficacité et l’efficience de la rédaction RNL. Voyez-vous votre départ comme un signal fatidique pour les voix qui ont hissé par le passé et qui hissent encore haut cette radio privée et indépendante ?

Ce serait prétentieux de ma part de dire que mon départ est un signal fatidique pour RNL. « Nulle n’est irremplaçable » à un poste, même si je sais qu’il existe des « gens difficilement remplaçable ». Est-il que je fais confiance à mes jeunes collègues qui montent bien professionnellement et qui font encore la fierté de ce média de proximité en République centrafricaine. Je reste confiant que ces jeunes dont nous avions contribué à la formation, sauront tenir le pari après nous.

Après RNL, que comptez-vous faire professionnellement ?

Je suis journaliste freelance. Je continuerai d’exercer en tant que freelance – correspondant de BBC Afrique, Associate Presse et Deutsch Wells. J’ai lancé une structure de communication qui fait de la formation et créée des contenus pour des médias. Avant moi, des collaborateurs comme nous ont quitté cette boite et se sont bien intégrés dans la vie active. Je suis freelance et consultant. Donc, opérationnel en tout temps.

Si vous devriez garder un souvenir de RNL c’est lequel ?

L’ambiance confraternelle de nos conférences de rédaction. Elle me manque et me manquerait encore.

Hippolyte Marboua, je vous remercie.

C’est moi qui remercie Kangbi-ndara

Propos recueillis par Johnny Yannick Nalimo




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