Dilemme politico-humanitaire : l’ONU veut partitionner la RCA selon des centrafricains

Kangbi-ndara.net/ La Centrafrique risque une partition de son territoire d’après de nombreux centrafricains interrogés par Kangbi-ndara.net si l’ensemble de la classe politique ne regarde pas dans la direction d’Antoinette Montaigne, ministre de la Communication et de la Réconciliation nationale.

montaigne« Mme Montaigne n'a rien arrêté du tout. Il faudra au moins trois ans à l’État centrafricain pour enrayer la partition, qui est là dans les esprits, les cœurs et certaines préfectures », se désole Henri Groth, observateur politique centrafricain avant de déplorer à chaud l’entêtement des acteurs humanitaires principalement ceux du HCR et l’OIM qui se prennent « pour le Saint Père » et outrepassent les exigences du gouvernement centrafricain en poursuivant la relocalisation des minorités musulmanes « en douce ». Une activité confirmée par un journaliste de l’AFP à Kangbi-ndara.net en révélant qu’un deuxième convoie du HCR a quitté Bangui le 27 avril avec de plusieurs sujets musulmans à bord dans la direction des villes du nord-ouest.

La relocalisation des musulmans est « la base d'une partition pure et simple de la Centrafrique » pense Toussaint Zoumalde, prêtre catholique centrafricain. « En poursuivant cette activité, le HCR et l’OIM s’affichent comme des contraintes à l’unité du peuple et la réconciliation nationale en Centrafrique. Comment peut-on réaliser que ce sont les acteurs humanitaires qui arrosent les grains de la division territoriale en divisant déjà le peuple », s’interroge Hamza Almahri étudiant centrafricain résident à Dakar au Sénégal.

De son point de vue, l’opposant centrafricain Bida Koyagbélé voit en Mme Montaigne le modèle du leadership apprécié des centrafricains en cette période de troubles…« elle a tout compris par ce qu’il y a une logique animée par des experts onusiens pour mener la RCA droit à la partition. Elle a posé un vrai problème de souveraineté à juste titre car  aujourd’hui les partenaires sapent l’autorité de notre Etat et remettent en cause notre souveraineté à cause de l’attitude de la Présidente Catherine Samba-Panza et de certains membres du gouvernement. Elle est l’exemple à suivre par contre les partenaires jouent un rôle ambigüe, ceci n’est pas de nature à réconcilier les centrafricains ».

Cette une conduite politique « responsable et courageuse » d’après Jean-Claude Mboli mais « Antoinette Montaigne doit s'attaquer à la racine du problème, c’est-à-dire ce qui donne à ces ONG des arguments pour déplacer les musulmans vers le nord » ; autrement dit que « les Antibalaka arrêtent de massacrer leurs frères musulmans et que les extrémistes de la Séléka quittent les zones du Nord et de l’Est car personne ne peut accepter de vivre là ou sa vie est menacé », éclaircit Ibrahim Abakar.

Toutefois, l’alternative d’Antoinette Montaigne, vis-à-vis des acteurs humanitaires intervenants en Centrafrique  peut avoir de conséquences considérables si le problème est mal géré comme l’évoque Charles Armel Doubane, ancien diplomate centrafricain auprès des nations unies : « On agit avant et de manière concerté avec les partenaires, et non après. Peut-être qu'elle a cru bien faire, c’'est possible ! Quel est l'impact de son action ou de sa décision ? A-t-elle l'assurance que le gouvernement dans son entièreté rame dans le même sens qu’elle? Si tel est le cas chapeau. Le contraire ? Elle risque d'être seule et isolée. Et ça la grille aux yeux des partenaires et elle devient incomprise, par conséquent non aidée ». « Si jamais l'ONU décide de modifier sa ligne d'action humanitaire en Centrafrique à cause de la prise de position de la ministre de la réconciliation, c'est que cette organisation aura failli à sa mission », rajoute l’Abbé Thoussaint Zoumalde.

Cette problématique qui défraie la chronique en République Centrafricaine résulte de la préoccupation de l’ONU de mettre à l’abri des antibalaka les minorités musulmanes de Centrafrique en les relocalisant dans de zones moins instables pour leur sécurité. Mais le gouvernement centrafricain, dénonce cette activité qui selon lui ne prend pas en compte le capital processus de réconciliation nationale.

Jusqu’aujourd’hui, le dilemme demeure entier entre le gouvernement centrafricain et les acteurs humanitaires en Centrafrique.

 

 

 

 

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