Echec politique : soit Touadera démissionne soit il change tout

Que les Conseillers du Chef de l’Etat cessent de lui prodiguer des conseils trompeurs. Le temps ne court plus en faveur du régime en place. Si la Capitale a été paralysée une fois, elle le pourrait une deuxième fois, une énième fois et avec, sans doute,  des contenus différents.  Les Centrafricains n’ont que trop attendus le changement prôner par Touadera. Le retour à la légalité Constitutionnelle de Mars dernier ne séduit plus personne et l’on voudrait que les choses changent ou que le système change.

touaLe Président centrafricain élu au suffrage de près de 63% s’est vu le lundi dernier déplumer comme un colibri et dégonfler à souhait comme un ballon de foot par deux associations à caractère syndicale, portant le brassard de la société civile. « Il faut sortir de l’euphorie des élections », disait sagement un homme politique centrafricain. Touadera ne dirait pas le contraire quand la population se refuse de lui rendre le bonjour qu’il leur adresse au passage de son cortège. La situation était grave le lundi dernier au point de pousser de nombreux membres du gouvernement à se recroqueviller à la Cité Saint Christophe en face du général Lapo.  Craignaient-ils la perte facile du pouvoir ?

Cette paralysie défiante baptisée dans un certain milieu de la capitale centrafricaine « tentative de coup d'Etat du peuple » devrait en dire long au Président Touadera qui semblerait gérer le pays dans toute sa complexité comme une Eglise. En politique les enfants de cœur ne sont pas les bienvenus et les grandes décisions doivent se prendre à temps. Soit on est politique soit on ne l’est pas. Car de tous les régimes qui se sont succédés, aucun n’a vu son autorité remise en question à ce niveau et aucun ne s’est vu plier en deux comme un esclave persan.

Vouloir ne pas perdre la face devant la Communauté internationale ne peut que conduire au rejet systématique du peuple. Le nationalisme des Centrafricains qui s’apparente à la xénophobie modérée et choisie devrait booster l’aphonie de Touadera dont la conduite politique ne jette de charme.  Si la Minusca sait quasiment tout de ce que le Chef de l’Etat fait au quotidien même à sa résidence, le peuple n’est pas en reste. « Que le Président sache que le peuple le voit, il le lit aussi clairement que ceux qui lui donnent la trouille. Il s’entoure des personnes qui ne peuvent le servir de boucliers ou d’artificiers en situation de crise. Son équipe et lui bouffent seuls l’argent du pays », son anonyme précis émis par un politique connaisseur fin du Palais de la Renaissance qui chiffre à 19 le nombre de voyages effectués par le Président de la prise du pouvoir à ce jour.

L’on n’aurait pas tort de se poser des questions sur un régime légitime qui peine à redresser le pays alors que beaucoup de centrafricains avaient cru et espéré en Touadera et son équipe. En six mois seulement le régime est en porte en faux avec la société civile et les populations, en six mois seulement beaucoup de collaborateurs du président sont cités des affaires gravissimes, en six mois seulement il y à une discorde et de la méfiance dans la classe politique. L’insécurité perdure et s’accentue.  La position des groupes armés de plus en plus radicale, le retrait des troupes Sangaris et l’inaction de la Minusca décriée partout les cas de présomptions des viols et d’abus sexuels sont des réflexions denses sur la situation sécuritaire. D aucuns vont même sur les réseaux sociaux à imaginer une folle démission des autorités compétentes du pays, c’est dire que rien ne va vraiment en Centrafrique.  A la veille de la réunion des bailleurs de fonds de Bruxelles, que dira Touadera ? Est-ce la faute à qui ? Un retour en arrière aux vieux temps de l’agonie du peuple. Beaucoup de centrafricains semblent regretter la transition de Catherine Samba-Panza.

Il est temps que Touadera change de conduite politique pour que les choses changent vraiment en République centrafricaine. Le pouvoir actuel est faible. Un pays post conflictuel tel le Centrafrique a besoin des dirigeants forts et courageux capables de percer l’abcès s’il le faut pour préserver l’intérêt national et garantir la sécurité des biens et des personnes comme prévu par la Constitution.  Ce qui n’a pas été constaté le 24 octobre 2016 sachant que la Constitution prévoit dans son article 29 qu’ « En cas de coup d’Etat, d’agression par un Etat tiers ou par des mercenaires, les autorités habilitées par la Constitution ont le droit et devoir de recourir à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux Accords de coopération militaire ou  de défense en vigueur ». Cette même Constitution de stipuler dans son article 14 que : « Les associations, les groupements, les sociétés et les partis politiques dont les activités sont contraires à l’ordre public ainsi qu’à l’unité et à la cohésion  sociale du peuple centrafricain sont prohibés ». A qui la resonsabilité des vies supprimées le 24 octobre 2016 ?

Johnny yannick Nalimo

 

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