Election présidentielle : Entre tirs à boulets rouges et virulentes stratégies de positionnement des acteurs politiques, le peuple centrafricain demeure imperturbable

Les centrafricains, qui se sont massivement rendus aux urnes attendent avec une impressionnante sérénité la proclamation des résultats définitifs du premier tour du scrutin présidentiel du 30 décembre 2015 par la Cour Constitutionnelle, qui est seule habilitée à dire le droit sur les recours formés en toute légitimité par certains candidats.

Toutefois, suivant l’avis des observateurs nationaux et internationaux, les imperfections relevées lors du premier tour des élections présidentielle et législative ne sont pas de nature à les hypothéquer et mettre en cause leur crédibilité. 

Il convient de rappeler qu’à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, deux personnalités ont été qualifiées pour la compétition du second tour, à savoir, Anicet Georges Dologuélé (AGD), arrivé en première place et Faustin Archange Touadera (FAT), arrivé en seconde position.

Ces deux personnalités aux profils opposés ont pour point commun d’avoir occupé le poste de Premier Ministre, Chef du Gouvernement de leur pays mais, pour bon nombre de centrafricains, durant ses cinq années passées à la primature, Faustin Archange Touadera n’a réellement été que le Premier des Ministres, se contentant uniquement d’inaugurer les chrysanthèmes, alors que Anicet Georges Dologuélé, qui a passé deux années à la primature, apparait comme celui qui a véritablement exercé dans toute sa plénitude la fonction de Premier Ministre, Chef du Gouvernement, avec notamment une autorité avérée et une cohésion gouvernementale reconnue.  

Dans la perspective du second tour, les candidats Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadera ont respectivement engagé les traditionnelles consultations de personnalités en vue de leurs éventuels ralliements. 

Cette phase a particulièrement été marquée par une rocambolesque levée de bouclier de la part de Monsieur Jean Serge Bokassa, Théologien, ancien Ministre, ancien Député et candidat malheureux au premier tour de l’élection présidentielle, autour d’une fameuse affaire de flagrant délit de visite suspecte du Représentant du PNUD en RCA à son ami de longue date, Anicet Georges Dologuélé.

Nonobstant la chronique médiatique qu’elle a défrayé et la récupération politique qui en découle, cette sortie spectaculaire s’est révélée complètement insensée au point de laisser totalement indifférents les observateurs et particulièrement les centrafricains qui sont désormais fatigués de toutes les intrigues et manœuvres dilatoires ambiantes qui risquent de prolonger leurs souffrances.

Certains personnes, qui n’ont pas perdu le sens de l’humour, n’ont pas tarder à tourner en dérision les allégations de Monsieur Jean Serge Bokassa, considérant qu’elles relèvent fondamentalement du défaut de discernement qui conduit fatalement une personne, à la simple vue d’un cordon en début de soirée (19h), à  courir de toutes ses jambes pour alerter le monde entier soi-disant qu’elle a véritablement vu un gros serpent « …à une heure assez particulière. ».

D’autres encore, avec une pointe d’ironie, et en lien avec le mot d’ordre initial de l’ensemble des candidats, disent en cœur : « il y a même rien, c’est l’homme qui a peur de son frère. Allons-y seulement. ».

Plus sérieusement, la majorité des observateurs estiment que l’éclosion de la vérité, qui triomphe toujours du mensonge, permettra très prochainement aux centrafricains de se rendre compte de ce qui est considéré comme une énorme supercherie destinée tout simplement à jeter le discrédit sur un homme de grande qualités humaine et professionnelle que les centrafricains ont placé en tête du premier tour de l’élection présidentielle.

Ces qualités exceptionnelles du candidat Anicet Georges Dologuélé sont pourtant reconnues par Monsieur Jean Serge Bokassa, dans son interview réalisée par Radio Ndéké Luka et retranscrite par WMS du journal en ligne Centrafrique Libre le 15 janvier 2016 en ces termes « nous pensons que Monsieur Dologuélé, qui pour moi est un monsieur brillant, qui a des mérites, qui a une carrière internationale qui force l’admiration. A ce niveau-là, il n’y a pas de problème… ».

Toutefois, l’honnêteté intellectuelle oblige de préciser que ces propos élogieux de Monsieur Jean Serge Bokassa au sujet du Président de l’URCA ont aussitôt été tempérés par les critiques suivantes : «…Mais concernant les responsabilités auxquelles il aspire, à savoir diriger l’État centrafricain, j’estime pour ma part, qu’il n’incarne pas les valeurs qui me convainc, moi personnellement, de pouvoir aujourd’hui souscrire à une adhésion à son endroit. Et je pense que son entourage  pour moi, confirme d’ailleurs les doutes que nous avons. Le pays ne peut pas être pris en otage par un groupe d’individus, qui ont je pense comme dénominateur commun, un trop plein de leur personnalité…».

Il a également poursuivi ses propos en indiquant ce qui suit : « Je pense que le peuple centrafricain a besoin d’avoir à la tête de ce pays des serviteurs, des gens humbles. Et vous savez, il y a aussi la ligne idéologique de ces individus-là. Certains font souscrire à un ultralibéralisme, un capitalisme, je ne suis pas partisan de cette ligne politique».

Au regard des diverses opinions émises à la suite de cette interview accordée entre les deux tours, il ressort substantiellement que la construction des motivations du ralliement de Monsieur Jean Serge Bokassa au candidat Faustin Archange Touadera repose cruellement sur des artifices visant à conforter son positionnement auprès de ce dernier mais également à maintenir le cordon ombilicale avec l’Alliance de Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) de manière à tirer profit d’une éventuelle réussite des tenants de la stratégie de mise en cause fondamentale des élections présidentielle et législative du 30 décembre 2015.

Or, en bon théologien, Monsieur Jean Serge Bokassa aurait dû chercher à comprendre le sens profond du message adressé par les électeurs qui ont massivement marqué par leur vote le rejet de toute personne répondant au signalement suivant : « …plus onctueuse que la crème est sa bouche et son cœur fait la guerre, ses discours sont plus doux que l’huile et ce sont des épées nues… (Psaume 55) ».

De l’avis de bon nombre d’observateurs des stratégies de positionnement des candidats malheureux du premier tour de l’élection présidentielle, la litanie des critiques, empreintes d’approximations idéologiques, fondées uniquement sur des éléments de subjectivités, se situe à des années lumières des vraies préoccupations actuelles et extrêmement urgentes des centrafricains qui, a travers les résultats du premier tour, ont déjà dressé le profil de celui qu’ils jugent capable de satisfaire pleinement leurs aspirations.

Il faut, en effet, reconnaitre que les centrafricains ont vraiment fait preuve d’une grande lucidité et de clairvoyance en portant le candidat Anicet Georges Dologuélé en tête du classement du premier tour de l’élection présidentielle car, en réalité, dans des situations similaires, ce sont des personnalités ayant son profil qui ont été élues et grâce aux nombreux atouts inhérents à leurs grandes expériences nationales et internationales elles ont pu en très peu de temps relever des défis immenses.

C’est notamment le cas du Président Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire, du Président Thomas Boni Yayi du Bénin, de la Présidente Ellen Johnson Sirleaf du Libéria et bien d’autres dans le monde.

Le candidat Anicet Georges Dologuélé apparait donc assurément comme l’homme capable, de rassembler tous les centrafricains en vue de relever ensemble les immenses défis du rétablissement de la sécurité, de la restauration de la paix de l’instauration de la cohésion sociale et de l’impulsion d’un développement économique et social durable de la République Centrafricaine, pour le bien être de tous.

ENZIA Dieu-Bénit 


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