Essai : Le défi de la réduction de la pauvreté en République centrafricaine

 

 

Par M. Barthelemy DOUI, Docteur en Sociologie à l’Université de Bangui.

 

 

 

Doui BarthélélyIntroduction générale

La RCA est un pays enclavé de l’Afrique Centrale ; elle couvre une superficie de 623000km2 pour une population d’environ 5.000.000 habitants dont 50,2% sont des femmes, 4,40% de moins de 18 ans, 50,1% de garçon et 48,6% de fille, 38% d’hommes et femmes environ 20 à 59 ans, 4% des hommes et des femmes âgés de plus de 60 ans.

La densité de la population qui est de 6,3 habitants au km2 ne présente apparemment aucun danger pour l’économie. Mais elle est inégalement repartie sur le plan national, car on note une très grande pression démographique dans les grandes villes (surtout Bangui) que dans l’arrière pays.

Du point de vue économique, le pays regorge d’importantes ressources naturelles, à savoir les minerais très variés, l’abondance des cours d’eau pouvant développer l’énergie, les industries, les cultures irriguées sur les terres riches, ferrugineux et ferralitiques.

Cependant, la très forte fécondité des femmes en âge de procréer (garçons  et filles) précocement de 2,5% par an (selon le Recensement général de population et d’habitation 1988 et 2003) constitue en elle-même un poids énorme de forte pression sur les secteurs sociaux et les ressources naturelles.

Les multiples crises militaro-politiques de 1979  à 2003, les poids sociaux (démographie, éducation, santé et cultures) associés à l’exploitation éphémère de l’économie place la RCA au 171eme rang sur les 177 pays dont le développement humain demeure précaire, car 6 (six) centrafricains sur 10 vivent en dessous du seuil de la pauvreté avec 324 § en 2005 contre 374 (dollars américain) en 1995.

C’est à partir de ces divers rapports sociaux, économiques et fait événementiels que nous avions retenu le Thème cité plus haut Le défi de la réduction de la pauvreté en Centrafrique.

Autant d’interrogations suivantes nous amènerons à diagnostiquer les fondements manifestes de notre sujet d’analyse.

Quelles sont les principales causes d’expansion de cette pauvreté au sein de la société centrafricaine ? Quels en sont les impacts sociaux, économiques et politiques ? Quelle stratégie faut-il appliquer pour éradiquer ce fléau ? Voila les trois points autour desquels nous porterons notre réflexion.

 

 

 

 

 

 

  1. LA  R.C.A FACE A LA PAUVRETE

En réfléchissant sur les causes fondamentales de la pauvreté en R C A, il paraît opportun de définir ce phénomène.

Selon l’encyclopédie française, « le pauvre se dit de quelqu'un qui dispose peu ou pas de ressources, de biens qui puissent épanouir son existence, sa vie ». Il exprime un état de nécessiteux, d’indigence, de misérable, de dénuement qui mérite une assistance morale ou matérielle. En introduisant notre exposé, il a été souligné les atouts de l’économie centrafricaine. Mais pourquoi cette définition érige-t-elle domicile au sein de cette communauté centrafricaine aux richesses incommensurables? Cette interrogation amène à aborder les causes de cette pauvreté.

  1. Les causes sociales

Nombreuses sont les causes sociales que l’on peut inventorier et les examiner au cas par cas.

  1. Le mauvais contrôle des naissances

Il est influencé par les coutumes ancestrales caractérisées par le mariage précoce en âge de procréer. Les conséquences restent le problème de l’espacement de naissance et des grossesses indésirées.

1.2. Le développement de l’analphabétisme en milieu urbain et rural lié à l’insécurité alimentaire et la précarité de la paix et la stabilité (phénomène de coupeurs de route, exode rural…)

1.3. L’absence d’infrastructures sanitaires et scolaires adéquates en milieu rural.

1.4. Le taux d’illettrisme élevé en milieu rural et urbain et surtout chez les fonctionnaires en fonction ou à la retraite. Cette catégorie socioprofessionnelle, une admise à la retraite, ne s’intéresse pas à la lecture, et encourage parfois la paresse.

L’incapacité pour la société d’obtenir dignement ce dont elle dispose développe en elle la corruption devenue monnaie courante en RCA à toutes les échelles confondues.

1.5. La corruption : c’est la méthode impropre par laquelle on détourne quelqu’un de son devoir, c’est le pousser à l’immoralité. C’est obtenir par l’argent  des services, des cadeaux, etc., pour qu’il agisse malhonnêtement. Cette corruption active ou passive se manifeste à deux degrés :

  • La petite corruption ;
  • La grande corruption.

1.5.1. La petite corruption : est la pratique de bakchich ou de « goro» (en sango, langue locale) Elle est en effet une sorte de « pot de vin » glissé tacitement à l’occasion de la prestation d’un service qui devait être gratuit.

1.5.2. La grande corruption : comme sous l’appellation de prévarication, est le plus souvent l’action d’un haut cadre qui manque au devoir de la charge moyennant : par exemple, un haut cadre du service des douanes ou des impôts pose un acte illicite pour octroyer une franchise douanière, une exonération fiscale ou un agrément à un commerçant.

1.5.3. La paix sociale : Elle est véritablement absente en RCA, tant en milieu rural qu’urbain. Nous le disions plus haut qu’il y a carence en paix alimentaire et sécuritaire.

La paix alimentaire  ne peut se définir que lorsqu’une famille, un individu possède de quantités suffisantes de provision, de moyens financiers pouvant satisfaire leurs besoins alimentaires et biens de consommation. Ainsi, elle s’épanouit et crée d’autres structures afin de pérenniser son existence en beauté. Or, en RCA c’est le contraire qui se produit. Une oligarchie seule manifeste cette sécurité alimentaire parce qu’elle à les atouts pour se prévaloir par les armes, la corruption, l’hypocrisie (les partis politiques, les associations à caractère satellitaire des partis au pouvoir). Ceux de la basse classe manquent de stocks aussi quantitativement que qualitativement. Cette paix alimentaire ne peut être garantie lorsqu’il y a la paix sécuritaire.

La paix sécuritaire : l’absence du pain entraine la violence. Et la violence physique ou morale ne facilite pas la confection du pain.

La mutation massive des jeunes (exode rural) en ville développe un état d’insécurité car ne trouvant pas le travail espéré, l’exilé économique se livre alors au vol, brigandage, à la délinquance, à l’ivrognerie et aux tares sociales (prostitution par exemple). Ce qui explique la montée de la pègre dans la capitale Bangui.

Le phénomène des coupeurs de route, communément appelé « Zaraguina » débuté autour des années 1985 par les communautés musulmanes étrangères a pris progressivement d’ampleur après les crises militaro-politiques (1996 à nos jours) avec la participation des jeunes nationaux et étrangers.

Les meurtres et pillages (des animaux de traits) occasionnés dans les villages, les dégâts corporels et financiers perpétrés par les braqueurs et coupeurs de route, les prises d’otage contre rançon sont bien des facteurs d’appauvrissement de la société centrafricaine dans les villes et dans les zones rurales.

Les libertés de circulation des biens et des personnes sont handicapées et la pauvreté érige alors domicile dans la société centrafricaine.

1.5.4. Au plan sanitaire

Malgré les efforts déployés pour l’équipement des communautés urbaines et rurales en postes et centres de santés communautaires, ce domaine connaît d’importants problèmes à savoir :

  • L’absence des ressources financières pour l’auto prise en charge ;
  • L’insécurité due aux phénomènes des « zaraguina » a entrainé la disparition des postes et leur moindre fréquentation (surtout dans le Nord, le Nord-Ouest et l’Ouest du pays) ;
  • L’accroissement du taux de mortalité infantile et maternelle ;
  • Le vieillissement du personnel sanitaire (des techniciens formés depuis les années 1996) ne sont pas encore absorbés sur le marché de l’emploi ;
  • La montée  vertigineuse des décès ou malades due au VIH/SIDA, malgré les campagnes intensives de sensibilisations des ONG et du Gouvernement.

A ces facteurs sociaux s’ajoutent les facteurs économiques qui ne sont pas du tout à négliger.

2. LES FACTEURS ECONOMIQUES

Le secteur primaire constitue et demeure encore la pierre angulaire du développement économique du pays. Sa contribution est de 80 % dans le Produit Intérieur Brut (PIB). L’industrie proprement dite n’existe pas sinon la présence de quelques usines de transformation des produits finis (Castel, taillerie de pierres précieuses, etc.)

Les produits agricoles qui  généraient des devises (coton, café) sont presque inexistants à cause de chute des cours mondiaux.

Dans les zones de coton, la technique d’assolement triennal facilitait également la production vivrière quantitative et variée, puis assurait la sécurité alimentaire et l’autosubsistance. Mais depuis deux décennies, les méventes des produits d’extraversion ont plongé la RCA dans une pauvreté inouïe.

En somme, l’industrie et le commerce éprouvent un certain nombre de difficultés dont entre autres :

  • L’absence de capitaux ;
  • L’enclavement du pays ;
  • L’état non carrossable des voies de communication routière et fluviale ;
  • Le coût élevé du transport aérien ;
  • La  situation du marché intérieur par les produits étrangers (CEMAC, Europe, Asie, etc.).

3. AU PLAN POLITIQUE

Les facteurs liés à la pauvreté depuis l’accession de la RCA à l’indépendance(1960) sont :

  • Les modifications successives des constitutions (base d’organisation et de développement d’une nation) ;
  • Le non respect de la séparation des pouvoirs ;
  • La dictature sous toutes ses formes ;
  • Le vagabondage des politiciens politiques ;
  • La mauvaise gouvernance ;
  • L’absence d’une politique viable nationale de développement (plan d’action théorique des gouvernements sans application réelle) ;
  • Le vieillissement de la classe politique ;
  • L’ouverture à des politiques étrangères non profitables aux consommateurs « Programme d’Ajustement Structurelle (PAS) » ; 
  • L’accession aux principes démocratiques sans préparation préalable de la psychologie nationale. Ce qui entraîne une mauvaise interprétation et application de ce régime politique.

Ce concept de mondialisation des institutions est comparable à « quelqu’un qui accepte de se coiffer dans l’obscurité avec une lame de rasoir tout en acceptant d’avance la très forte probabilité de se faire trancher les oreilles ».

Accéder à la mondialisation mais pour gagner quoi donc ? On accepte d’ouvrir ses portes aussi  aux autres mais qui asphyxient finalement (par la prolifération de leurs productions, par l’exploitation des richesses sans contre parties satisfaisantes).

Ces quelques exemples  permettent de présenter le tableau des facteurs de la pauvreté en RCA. Quelles sont alors ses conséquences ?

II. LES CONSEQUENCES DE LA PAUVRETE EN CENTRAFRIQUE

  1. Au plan social

La liste est si longue que nous nous attellerons  à énumérer la plus pertinente :

  • La dépravation totale de la société sous tous les plans (éducatif, sanitaire, culturel) ;
  • Dans le domaine de l’éducation, on assiste à un analphabétisme primaire (des gens qui ne savent même pas lire et écrire), secondaire (qui savent lire et écrire mais plongés dans un illettrisme) qui font autant de victimes, paralysent la société et la replongent dans une forme de précarité ni à la société traditionnelle, ni à celle moderne.

Quelques exemples palpables peuvent illustrer ce qui est dit. L’information qui est censée être un outil de développement est mal cerné, mal appréciée. Enclavée de ses passions, la population analphabète constitue un frein au développement durable.

Par exemple le port de préservatifs est commenté par certains comme un facteur de découragement des amoureux ou encore d’infection des populations.

Les campagnes de vaccination récentes ont été truquées dans le 7ème arrondissement de Bangui comme un facteur de stérilisation des jeunes mères ou filles en âge de procréer. Voilà quelques cas dans une capitale républicaine.

  • La démocratie est assimilée au libertinage

La mondialisation quant à elle est assimilée à l’attentisme, à la politique de main tendue sans moindre effort, à la destruction de ses potentialités existantes. La liste de ces exemples n’est pas exhaustive mais essentielle pour la compréhension de ces conséquences néfastes de la pauvreté en RCA.

La plupart des jeunes gens (15 à 45 ans) sont des délinquants juvéniles et séniles, victimes de prostitution, vol, brigandages, manipulations politiques, etc.

La plupart des cadres nommés à des postes de responsabilité n’ont pas un niveau d’étude requis à cause du clanisme, du népotisme, de la corruption et du truquage des diplômes.

 

  1. Dans le cadre de la santé

L’insécurité, l’absence des ressources financières et alimentaires créent une insécurité sanitaire avec son corollaire :

  • La prolifération de la maladie du VIH / SIDA,
  • Les maladies pathogènes,
  • Les décès accentués des mères d’enfants et des mineurs,
  • La perte énorme de mains d’œuvres actives et de la progéniture.

 

  1. Dans le domaine de la culture, perte d’identité culturelle nationale par :
  • Des danses « sexies » copiées sur l’’Europe et les pays voisins ;
  • Des tenues qui manquent de pudeur qu’on appelle « DVD » ou «VCD » ;
  • Des chansons qui n’instruisent pas ;
  • Mauvais usage des téléphones portables et l’outil informatique (Internet par exemple pour visualiser le film pornographique) ;
  • Les braquages, les coupeurs de route, les crimes crapuleux en sont les conséquences inéluctables.
  1. L’économie

Elle n’échappe pas aux facteurs de la pauvreté. Ses conséquences sont les plus désastreuses et influencent la vie sociale, culturelle et politique. On note entre autres :

Sur  le plan national, 50% de la population centrafricaine sont affectés par la pauvreté d’existence d’où 70% en milieu rural.

  • L’absence d’une stratégie de base de développement économique ;
  • Le non soutien aux initiatives de base (coopératives, groupements, associations, etc.)
  • Le manque d’éducation au développement ;
  • L’incapacité d’appui aux cultures industrielles (filières coton et café) ;
  • La vétusté des voies de communication rurale
  • L’inexistence de protection des marchés de consommation et de production intérieurs ;
  • Le développement de l’insécurité ;
  • Le manque de promotion des petites et moyennes industries de transformation locale (bois, produits agricoles, etc.)

 

Sont bien des conséquences fâcheuses de la pauvreté en RCA. L’économie étant la fille de la politique, l’une ne peut se dissocier de l’autre.

– L’absence d’alternance politique ;

– La mauvaise gouvernance ;

– Les crises militaro-politiques ;

– Le mauvais suivi de certaines ONG ne sont pas à écarter des facteurs primordiaux de la pauvreté.

Bien que les alternatives soient initiées pour pallier aux maux de la pauvreté, cela ne satisfait pas les besoins d’une manière radicale.

III. LES PERSPECTIVES D’AVENIR

En faisant le contour du problème posé, nous nous sommes rendu compte que la paix est le seul nœud de la question. Sans elle, rien ne peut se réaliser afin de stigmatiser la pauvreté au sein d’une société comme la nôtre. Comment pouvons-nous alors tenter de réduire la pauvreté ?

 

 

  1. L’éducation

La pauvreté n’affecte que la personne humaine. Toute solution à ces problèmes a trait à l’information, l’apprentissage et la conscientisation. Ou que se trouvent les hommes (milieux ruraux et urbains) et dans quelques milieux (organisations : scolaire, informelle, ecclésiale ou religieuse), la société a intérêt à être éduquée pour garantir  son bien-être. S’agit-il de quelle éducation pour quelle citoyenneté ?

Les programmes d’enseignement et de formation doivent tenir compte du contexte (historique), c'est-à-dire de l’évolution de l’humanité (la mondialisation)

Equilibrer les fonds de formation en tenant compte de la conception car une femme instruite sauve la vie à des milliers de personnes.

  1. La politique économique

Une politique nationale garantit la durabilité et le développement d’une économie afin de réduire le degré de pauvreté. Il va falloir donc consolider la paix et la prévention des conflits par :

  • La réduction des tensions sociales ;
  • La promotion du développement équitable des régions ;
  • La restructuration en profondeur des forces de défense (de la communauté de base à l’échelon International)[1]. Car généralement, l’insécurité physique provient des deux sources ;
  • le phénomène des «zaraguina » ;
  • les crises politiques à répétition.

Le contrôle effectif de sécurité des frontières et de l’étendue du territoire ;

Le renforcement des capacités matérielles et humaines des forces de défense sécuritaire (FDS) par :

  • L’équipement de l’armée nationale, de la gendarmerie et de la police ;
  • Son rajeunissement ;
  • Sa réhabilitation totale à base d’un niveau d’étude parce que l’armée ne doit plus être un amas de tirailleurs mais de véritables techniciens imbus d’esprit patriotique et adaptés aux nouvelles technologies.
  1. Promotion de la bonne gouvernance de l’Etat de Droit (politique, judiciaire et économique)

La consolidation des acquis démocratiques, la consolidation de la paix durable, le développement économique nécessaire, concourent à l’éradication de la pauvreté.

  • Le respect de la légalité constitutionnelle ;
  • L’association des pouvoirs politiques (institutions étatiques, associations et ONG à la gestion de la chose publique) ;
  • Lutter efficacement sans parti pris contre le principe d’impunité, source de dégradation et de dysfonctionnement des services publics ;
  • Assainissement  des finances et lutte contre la corruption ;
  • Amélioration et renforcement de l’environnement des affaires par appui et suivi des petites et moyennes entreprises ;
  • Rétablir et diversifier l’économie ou agriculture (vivrières, industrielles), élevage, économie des ressources naturelles (artisanat, l’écosystème, tourisme), désenclavement interne et externe dans les nouvelles techniques de communication téléphoniques.

Cela nécessite une formation, un encadrement et un suivi des opérateurs (paysans et techniciens). Autant d’exemples pourraient bien nous édifier davantage. Nous les approfondirons dans le débat.

 

 

CONCLUSION

Le défi de la réduction de la pauvreté est l’affaire de tous : chercheurs, enseignants, politiques, jeunes, adultes, vieillards, hommes, femmes de quelques communautés que ce soient. Car libérer un pauvre, c’est libérer  soi-même, lutter contre le développement de la pauvreté, c’est contribuer activement à la promotion de la paix durable.

BIBLIOGRAPHIE

  • André Guichaou et al : Sciences Sociales et Développement ; Paris ; 1993 Armand Colin 189pages.
  • Grigori Lazarev et  Mouloud Arad : Développement rural et Communautés Rurales ; Paris ; 2002 ; Karthala ; 355 pages.
  • Robert Chambers : Développement rural ; la pauvreté cachée ; Paris 1990 ; Karthala ; 357 pages
  • Marc P Lammerink et al : Approches participatives pour un développent durable ; Paris 1998 ; Karthala 195 pages ;
  • René passet : Politiques de développement ; Paris ; 1969, Dalloz 431 pages

Par Doui Barthez

 


[1]Cf. les auto-défenses, les FACA, la police, l’armée, la FOMUC, FOMAC, MISCA, Sangaris…

 

 

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