Essaie (suite) : Les stratégies d’édification des jeunes à la paix en RCA

Présenter par Docteur Barthelemy DOUI

Enseignant/ Chercheur

Maître Assistant de sociologie à l’Université de Bangui.

doui barthélémyINTRODUCTION

            La paix se présente comme un état d’aspiration de tous. En se sens que sans la paix on ne peut parler du développement durable, de sécurité, de protection de l’environnement etc. De ce faite, la paix se trouve lier à plusieurs états dont elle dépende. C’est dans cet optique que, dans le monde entier on cherche à sauver, à garder, à maintenir la paix  a travers différentes structures, différentes actions et différentes attitudes. Exemple de prix Nobel de la paix qui sont décerné à des personnalités. Tout cela montre que la paix n’a pas de prix.

Cependant, l’histoire peut bien témoigner que malgré les efforts consentis par les uns et les autres la paix n’est pas toujours préservée. Ceci à telle enseigne  qu’elle est devenue un état éphémère.

En effet, les conflits généralement connu tel que le Razzias, la conquête, les révolutions, les tensions ethniques entre les clans, les tributs, les Royaumes, les Empires, les pays et les nations démontrent bien que depuis l’antiquité jusqu’à nos jours la paix est menacée.

Fort de ce qui précède, nous pouvons constater que la RCA à l’instar de plusieurs pays du monde a été confronté à des crises en répétition qui ont érodé la paix sociale. En effet, depuis les mutineries de 1996 à nos jours, le pays n’a point connu une paix durable. C’est ainsi que aujourd’hui nous sommes appelés à réfléchir sur les stratégies d’édification des jeunes à la paix en RCA. Alors, qu’est ce que la paix ? Quel est le rôle de la jeunesse dans l’édification de la paix en RCA ? Quelles sont les stratégies d’édification des jeunes centrafricains à la paix  en RCA ? C’est au tour de ces différentes questions qui feront l’objet de notre analyse.

  • Les F acteurs ébranlant  la paix en RCA

Pays enclavé couvrant une superficie de 623.000 kilomètres carrés pour une population de 5.000 000 d’habitants, la République Centrafricaine[1] se singularise aujourd’hui dans la sous région centrale de l’Afrique par son contexte politique et de gestion des affaires publiques souvent difficiles en dépit de ses innombrables richesses naturelles. Ce contexte difficile est la résultante des crises militaro politiques récurrentes, l’émergence des rebellions locales[2] et étrangères[3] aux frontières et surtout d’une méconnaissance à l’extérieur des potentialités de la société centrafricaine. Référence est toujours faite à l’ex Empereur Bokassa 1er lorsqu’on veut faire passer l’image de la République Centrafricaine à l’extérieur. Le pays est donc peu connu. Il aborde le troisième millénaire avec beaucoup de difficultés et de défis dans un contexte de crises itératives marquées par des mutineries militaires et coup d’Etat, tout cela dans une incroyable négation de ses propres capacités, vecteur indestructible. Ces situations ne sont pas de nature à garantir la performance de la paix en RCA.  On se pose la question de savoir qu’est ce que la paix ? Cette question débouche sur une clarification du dit concept.

  1. APPROCHE DEFINITIONNELLE

Selon le dictionnaire Larousse, la paix vient du latin pax qui signifie un état de concorde d’harmonie, d’accorde entre les membres d’un groupe d’une nation. Comme l’affirme Raymond ARON « La paix est raisonnablement le but auquel tendent les sociétés ». En effet, considérée de tout temps comme un idéal social et politique, la paix a été le creuset des relations verticales entre l’individu et l’État d’une part, et horizontales entre les individus membres d’une même communauté d’autre part[4]

 Ainsi la paix est un état ou une situation dans la quelle on se trouve, c’est un sentiment que l’on peut exprimer  a travers son attitude son comportement[5].

En tant que sentiment, la paix est d’abord individuelle, personnelle c’est-à-dire interne à l’individu. A cet effet un homme serein sans inquiétude pouvant répondre librement à ses besoins démontre qu’il est en paix.

Selon l’organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la culture (UNESCO) «  la paix est l’absence de toute forme de violence (physique, économique, politique ou culturelle) basée sur les relations ou l’harmonie qui existe à tous les niveaux y compris les relations internationales, sociales, familiales voire individuelles »[6]. La paix dans cette optique ne veut pas dire l’absence de la violence dans toutes ses formes et le développement des conflits de façon créative.

Fort de ce qui précède, l’expression de se sentiment individuel en convergent peut prendre l’ampleur et créé ainsi un sentiment général qu’on peut appeler la paix sociale.

En effet, la paix sociale est cet état de tranquillité de quiétude exempte de bruit de désordre et d’agitation. C’est un état d’harmonie et de confiance générale ou d’un groupe d’une nation ou chacun peut vivre et circuler en toute sécurité. Ainsi, la paix sociale favorise le développement harmonieux et durable d’un pays.

  1. LA JEUNESSE UN OBJET DE MANIPULATION

            Les jeunes qui sont le facteur de développement sont devenus aujourd’hui un objet de manipulation par les hommes politique en RCA. C’est ainsi qu’ils sont enrôlés dans des rébellions. Les raisons fondamentales de l’enrôlement des jeunes sont telles qu’Ils sont utilisés comme des porteurs des cuisiniers ou destinés à d’autres fonctions intermédiaires. Par ailleurs, certains s’engagent volontairement pour des raisons de pauvreté de vengeance de leur parent victimes d’injustice ou tués pendant les combats.

Fort de ce qui précède, on note des nouveaux types de rapports sociaux, qui font partie des impacts physiques de la rébellion en RCA : nous avons entre autre la division ethnique à l’exemple des « Goula » et les autres ethnies, tels que les Gbaya, Banda, et autres… ne s’entendent plus comme au   paravant qu’ils le faisaient  avant les hostilités, l’émission des réserves mutuelles dans des rapports sociaux et le contrôle de proximité deviennent monnaies courantes. Alors on assiste à un affaiblissement des activités sociales en ce sens que les groupes sociaux préfèrent être en affinités afin de préserver leurs secrets et la cohabitation devienne difficile.

            Ils sont aussi manipulés pour la destruction de bien publics, de tuerie, pillages etc. au vue de tous ces éléments, on note une instabilité dans le pays et les tissus sociaux sont détruits et la paix est fragilisée. Mais comment faire pour édifier et consolider les jeunes centrafricains à la paix? Cette question nous amène à aborder les stratégies d’édification des jeunes à la paix en Centrafrique.

  1. LES STRATEGIES D’EDIFICATION DES JEUNES A LA PAIX

Pour l’édification des jeunes à la paix en Centrafrique, il faut :

  •  Mobiliser et sensibiliser les jeunes sur la notion de la paix et la notion du patriotisme ;

Il consiste ici de rassembler la jeunesse dans un local  et les ONG en collaboration avec le gouvernement  et les sociétés civiles organisent leurs formations  sur les biens fondés de la paix qui constitue un facteur de développent. Cette phase englobe un éventuel effort visant une contribution au renforcement du processus de la consolidation  de la paix en RCA.

  • Favoriser une meilleure prise de conscience sur la paix, sur la protection des biens publics et la notion du civisme ;

Les ONG auront la responsabilité d’accompagner toutes les couches sociales sur l’enjeu de la situation actuelle et de promouvoir la responsabilisation de tous les acteurs de développement local en vue d’une participation effective des jeunes dans des activités permettant de relancer le développement dans toutes les localités du pays.

  • Promouvoir la culture de la paix et la décentralisation ;

La mise en place d’une équipe de recherche pluridisciplinaire aura pour tâche de stimuler une réflexion sur les relations entre la prévention des conflits et la consolidation de la paix et développent local et la lutte contre la pauvreté en vue de vérifier le degré de réalisabilité de la démarche.

  • Au plan politique, faire participer les jeunes dans les activités de DDR;

La participation d’une communauté dans une activité constitue un vecteur de développement. Les jeunes doivent être impliqué dans les activités de DDR depuis la conception du programme jusqu’à la réalisation des activités. Car cela va les pousser à protéger les patrimoines de la République.

CONCLUSION

Tout au long de l’histoire de l’humanité, la consolidation de la paix demeure une condition incontournable à toutes les activités socio économiques et culturelles. En ce début du 21e siècle, les perspectives en matière du développement humain sont menacées par des conflits armés à travers le monde. Démystifiant la théorie des incessantes crises, cela nous fait comprendre que ce sont la pauvreté, le pouvoir et les inégalités qui se situent au cœur de ces problèmes.

Ainsi la paix constitue un élément essentielle pour tous développement car « la paix n’a pas de prix » en se sens que, sans la paix un pays ne peut s’accroître. Alors les jeunes constituent le fondement de cette paix. Ils doivent prendre en main la destinée de leur pays en vue d’accéder à la paix sociale pour un développement durable.


[1] République centrafricaine fait frontière commune avec le Tchad au nord, le Congo Brazzaville et la République Démocratique du Congo au sud, le Soudan  et le Sud soudan à l'est et, enfin, le Cameroun à l'ouest. Les deux langues officielles sont le français et le sango. La langue sango est parlée sur tout le territoire national, malgré la diversité d'ethnies et de dialectes. Garant de l'unité nationale, cette langue est souvent utilisée comme moyen de communication dans les règlements des conflits interethniques et nationaux.

[2] Rebellions locales : APRD, UFDR, CPJP, FDPC, MLJC, SELEKA

[3] Rebellions étrangères ; LRA  

[4] Raymond Aron : traité de sociologie ; Paris Karthala  1998

[5] – Petit Larousse illustré 2008, 21 Rue Montparnasse, Paris, page 730

[6] – UNESCO : Manuel de formation des formateurs, avril 2009 page 39

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