Exactions Séléka : 12 morts suite à des heurts dans le 4e arrondissement

La révolte des habitants du 4e arrondissement contre des éléments de la Séléka le 28 juin à Bangui a fait 12 morts, de nombreux blessés et plusieurs biens particuliers pillés. La mort d’un jeune homme dudit localité causé par quelques éléments de la Séléka le 27 juin a suscité une violente réaction des habitants du quartier Gobongo et des environs.

gobongoAu totale douze personnes tuées dont trois éléments de la Séléka. Plus d’une dizaine de blessés et de nombreux biens personnels, des maisons d’habitations, des boutiques de commerce ont été pillés dans la nuit du 28 juin à Gobongo I dans le 4e arrondissement de Bangui. Ces chiffres ne représentent que le bilan provisoire donné par un élément de la coalition au pouvoir depuis trois mois après l’apaisement de la tension dans le secteur. D’autres témoins ont révélé que les manifestants du 4e  arrondissement ont été appuyés par des habitants des 8e et 5e arrondissements.

 « Il n’y a pas eu que 3 morts comme cela se dit depuis hier mais plutôt 12. 9 du coté civil et 3 du coté de la Séléka. Les trois éléments de la Séléka qui ont été tués ont profité du désordre pour voler le véhicule d’un particulier. Nous les avions pourchassé et avons pris la décision de les abattre », révèle un élément de la Séléka.

Selon les causes de l’incident rapportées par le chef du quartier Gobongo I, « les éléments de la Séléka ont, jeudi dernier, enlevé manu militari un jeune homme du quartier Gobongo pendant que ce dernier prenait encore cours à l’Ecole Nationale des Arts (ENA)…Ils l’ont tué finalement et jeté son cadavre dans un lieu public. C’est en partant de ces faits que les habitants se sont révoltés en érigeant des barrières sur les voies publiques pour exprimer leur ras-le-bol. Très vite les forces de la Séléka se sont déportées sur les lieux pour dispersés les habitants».

Un habitant de Gobongo qui a dû fuir les exactions de la Séléka pour se mettre à l’abri dans le 5ème arrondissement se demande si nous devrons continuer à vivre ainsi avec cette peur bleue au ventre « Comment peut-on vivre dans une telle ambiance ? Deux semaines ici, trois jours là-bas, tout cela à cause des crapuleries criminelles de la Séléka qui prétendait venir libérer le pays. Au lieu de la libération, c’est plutôt l’occupation que nous constatons aujourd’hui ».

De la libération à l’occupation, il n’y a qu’un pas. Franck  Goroporé, vendeur ambulant s’interroge : « Qui peut leur faire confiance quand on sait qu’ils disent une chose et son contraire quelques minutes après ? Nous sommes envahis par des mercenaires qui sont fiers de se baigner dans le sang des Centrafricains. Avec des personnes comme ça, la paix, n’existera que dans la tête de ceux qui y croient. Franchement, ça devient insoutenable et il est temps que nos hommes politiques qui ont contribué à tout cela puissent se lever pour nous dire combien ils ont vendu la République à la Séléka pour qu’ils nous maltraitent comme ça. Qu’ils nous le disent et on saura comment nous défendre ».

Deux des trois corps des éléments de la Séléka abattus dans les heurts d’hier ont très tôt ce matin fait le tour de la capitale à bord d’un pick-up blanc conduit par des Séléka. Les Banguissois disent ignorer encore la signification de ce message.

Effet, si les éléments de la FOMAC ne se sont pas interposés à tant entre les parties belligérantes, la révolte risquerait de gagner la capitale. Certains arrondissements comme le 2 e, le 5 e et le 6 e ont passé la nuit du 28 au 29 juin sous des tirs d’armes nourris. Cette situation créée une panique généralisée au sein de la population. Au ricochet, de nombreux cas de braquages et de pillages sont signalés de tout bord ce matin 29 juin à Bangui.

Le calme est présentement revenu dans la capitale mais l’ambiance et toujours timide. Les autorités politiques et sécuritaires se font fait entendre ce matin 29 juin sur les ondes de la radio nationale pour des dispositions sécuritaires à prendre en vue d’éviter de pareils incidents.

Kangbi-ndara.net

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