Félicité Ko-Ngana : « je suis à même de mener ce combat et de le gagner »

Kangbi-ndara.info / Depuis que les possibilités d’ascension et d’accession de la femme à la Magistrature Suprême de l’Etat ont été symbolisées en République centrafricaine en février 2013 par la Présidente de la Transition par intérim Catherine Samba-Panza, plusieurs centrafricaines y prend gout. La femme d’affaire, cheffe d’entreprise et Conseillère nationale Félicité Ko-Ngana n’est pas en reste car s’armant de volupté, elle entend, dans cette interview qu’elle a accordée à Kangbi-ndara, donner une nouvelle dimension au 1er arrondissement de Bangui, circonscription qu’elle chérie et qu’elle espère représenter, probablement d’ici quelques mois, au parlement centrafricain post transitoire.         

Copy Of Ko finishMadame félicité Ko-Ngana bonjour, vous vous êtes déclarée récemment candidate aux prochaines législatives dans le 1er arrondissement de Bangui. Sous quel signe s’inscrit votre candidature ?

Oui, merci beaucoup monsieur le journaliste pour la plateforme que vous m’offrez aujourd’hui pour me permettre de m’exprimer et d’expliquer le sens de ma candidature. Donc, je me présente en tant qu’indépendante dans le 1er arrondissement du fait que je suis opératrice économique donc, je suis vraiment indépendante, je veux être libre dans mes engagements. Pour vous répondre, ma candidature s’inscrit sous le signe du changement de mentalité et je suis persuadée que je parviendrai par des actions ciblées et appropriées à prémunir le 1er arrondissement du vandalisme généralisé dans nos cités.

Pourquoi vous comme représentante des habitants du 1er arrondissement au prochain parlement centrafricain ?

Parce que d’abord je suis habitante du 1er ardt, donc je pense que je suis vraiment impliqué dans le 1er arrondissement et je dois m’investir dans mon arrondissement. Et, comme j’ai des ambitions, j’ai des visions pour développement, l’environnement, l’assainissement, je pense je suis à même de mener ce combat et de le gagner.

Vous êtes mère au foyer, femme d’affaires du fait que vous tenez deux agences de voyages à Bangui et bien d’autres petites activités que vous menez parallèlement. Comment allez-vous vous départager afin de défendre au mieux le 1er arrondissement sinon d’être juste figurative à la  prochaine Assemblée nationale ?

Je ne pense pas que je vais être figurative à l‘assemblée du fait que j’ai déjà une certaine expérience acquise, puisque je suis conseillère nationale. Donc j’ai eu a voté des textes de lois qui sont passés donc je maitrise déjà un peu le mécanisme, ce qui est un plus pour moi dans ce combat. Le 1er arrondissement parce que j’aime beaucoup cet arrondissement et je pense que le combat que j’aurai à mener sera quelque chose de formidable pour le 1er arrondissement. Aussi, je ne serai pas figurative parce que je suis une challengeuse, si je me suis lancée c’est parce que je sais ce que je dois apporter à cet arrondissement pour le développer. Et, les idées, croyez-moi ça ne manque pas. C’est encore un plus d’autant que je suis opératrice économique donc c’est un combat que je sais comment mener.

Pour l’heure, vous êtes l’unique candidate parmi plusieurs candidats dont deux de vos collègues conseillers nationaux dans le 1er arrondissement. Cette posture taillée par le genre ne représente-t-elle pas pour vous un handicap ou un atout ?

Moi je ne parlerai pas en terme d’handicap ni en terme d’atout, je parlerai en terme de conviction. Je suis convaincue de ce que je veux faire. Je le fais pour mon peuple, je le fais pour la jeunesse de mon arrondissement, je le fais pour les femmes du 1er arrondissement et je le fais pour tous ceux qui aiment le 1er arrondissement. Donc, c’est en quelque sorte un combat que nous devons mener ensemble, je ne veux pas aller seule c’est-à- dire que toutes mes discussions devraient être interactives. Je veux que tout le monde contribue, que tout le monde participe et je pense que c’est ensemble que nous pouvons développer le 1er arrondissement. Voilà un peu le sens de mon combat, voilà un pourquoi je me suis lancée dans cette aventure.

La présidente Catherine Samba-Panza avait reçu en août dernier 21 conseillères nationales à Bangui dont vous feriez peut-être partie. Et, d’après les informations fuitées de cette rencontre, elle avait enjoint ses hôtes à s’engager politiquement lors des élections générales à venir avec la promesse de bénéficier de son soutien financier. Est-ce cette exhortation qui vous a motivé à vous présenter à la députation à venir ?

(Rires) Question un peu piège du fait que nous sommes 27 femmes à l’Assemblée nationale et vous venez vous-même d’annoncer qu’il y avait 21 femmes présentes.  C’est pour vous dire que moi-même j’étais absente, je n’étais pas du tout présente lors de cette rencontre. Et, mon engagement pour le 1er arrondissement ne tire rien de ce que la présidente a pu dire. Je m’engage parce que j’aime mon pays, je veux faire avancer mon pays et je veux que mon pays se développe à l’instar des autres pays. C’est ça qui m’anime, c’est ça qui me pousse. Et, si la présidente de la République décide d’aider les femmes, c’est une très bonne chose ! C’est « banco » ! C’est gagné, c’est gagné pour les femmes ! C’est un atout ! Voilà le mot d’ « atout » je l’utilise maintenant ! Ça va être un atout pour les femmes parce que c’est un combat que les femmes doivent mener ensemble. Et j’aimerai que les femmes centrafricaines comprennent aujourd’hui que l’heure a sonné pour le développement de notre pays. Et, notre pays a besoin de nous les femmes, y a que nous les femmes qui pouvons développer ce pays parce que nous sommes en même temps femmes, mères,  comme moi cheffe d’entreprises et nous sommes honnêtes dans nos engagements, nous sommes sincères dans nos  engagements, nous ne parlons pas pour le plaisir de parler. Non, nous allons le faire et je pense que nous allons bien le faire.

Quels sont les problèmes urgents que vous avez pu identifier et que vous aimeriez palier si les habitants de la circonscription que vous souhaiteriez représenter durant le prochain quinquennat parlementaire vous fassent confiance ?

J’aimerai bien discuter avec la jeunesse, avec les femmes. Qu’est ce qui les animent dans le fait de casser, de piller de faire du mal, pourquoi ? Je voudrais souvent avoir des forums avec ces jeunes où nous pouvons discuter. Je ne suis pas là pour discuter de l’argent, je n’en ai pas. Mon combat c’est dans les échanges, nous devons échanger, partageons ensembles la vision du changement de notre pays. Nous devons changer ce pays, nous devons changer la mentalité des jeunes, des femmes, des hommes, c’est-à-dire nous devons amener une autre vision de notre pays. Nous devons ensuite transmettre à nos enfants, à la génération future l’amour du pays, qu’est-ce que c’est qu’un pays ? Protégeons nos acquis, ne les détruisons pas. Dans tous ce que je veux faire avec les jeunes, les femmes et les hommes du 1er arrondissement que ce soit ensembles. Je ne veux pas aller seule, je veux qu’ils m’accompagnent dans les discussions, dans les engagements, je vais requérir leurs avis et enfin je vais peser le pour et le contre pour qu’ensembles nous avançons parce que ce que nous faisons c’est pour le pays.

Etes-vous de ceux qui une fois aux affaires s’enferment dans leur tour d’ivoire pour ne prêter oreilles aux préoccupations de ceux qui les ont portés haut ?

Justement, ça revient encore à ce que je vous disais tout à l’heure. Chez moi c’est une conviction, c’est un engagement fort. Comme je le dis dans tous mes discours, dans tous mes entretiens, je suis amoureuse de mon pays, rien que le mot amour, vous savez ce que ça signifie l’amour ! Ça veut dire que je dois porter haut et fort le flambeau de ce pays. Si je dois le faire c’est avec beaucoup de sérieux c’est avec beaucoup de passion, je suis passionnée et amoureuse de mon pays. Rien que ces deux mots vont me guider dans ma conviction et dans ma manière de fonctionner. Dans tout ce que j’ai toujours fait dans ma vie, je l’ai toujours fait honnêtement et dans la transparence. Donc je me vois mal en train de briguer un mandat, je ne sais pas pour quel avantage, d’oublier mon peuple, d’abandonner ceux qui m’ont soutenu hier et puis d’oublier mes projets, les projets qui vont me porter et qui vont m’aider à accéder à cette législature, pour moi c’est un challenge que je dois le faire et je dois y arriver.

Madame Félicité Ko-Ngana je vous remercie

Merci beaucoup, c’est moi qui vous remercie.

Par Johnny Yannick Nalimo

 

Comments

comments




Laisser un commentaire