Gestion de crise et vigilance : l’impératif d’une alliance médias-pouvoir en Centrafrique

Kangbi-ndara.info/ Si toute crise est d’abord une crise d’information, le moment est propice pour la République Centrafricaine de se servir de son arsenal de communication pour préserver les acquis favorables au retour de la paix, de la sécurité et du vivre ensemble. La vigilance médiatique en collaboration avec le pouvoir s’invite au menu de la gestion de crise.

L’indépendance des médias et les dérapages résultant de la pratique médiatique s’affichent des contraintes pour l’action politique. C’est ce qui explique au mieux le malaise ressenti depuis le retour à la légalité constitutionnelle suite à l’exercice journalistique de certains organes de presse internes et externes.

Au regard de l’actualité politique, sécuritaire et humanitaire ayant connu un regain négatif dans le pays depuis fin 2017 et pour éviter un retour rébarbatif d’une presse libre au sens péjoratif, les autorités nationales et les acteurs des médias sont appelés à collaborer étroitement afin de sauver l’essentiel à savoir : l’unité nationale, la refondation progressive des Forces armées centrafricaines (FACA), le redéploiement de l’Autorité de l’Etat, la relance économique,  la libération des zones sous contrôles des bandes armées et développement socio-culturel.

Conscient de la catastrophe planant sur le pays, les dangers guettant l’unité et la sécurité de ses habitants et le pillage internationale de ses richesses en cas d’une éventuelle crise, le Chef de l’Etat et son Gouvernement ainsi que les institutions publiques sont appelés à développer une politique de communication de crise efficace et efficiente afin d’améliorer la visibilité de l’action publique en dépit du caractère ambivalent des parties.

Cette alliance patriotique autour d’un idéal majeur évitera aux médias nationaux engagés pour la cause nationale à enrôler leur audience à travers une vision dramatique, alarmiste et négativiste  des réalités du pays. La psychose généralisée à Bangui, liée au regroupement à Kaga-Bandoro de plusieurs groupes armés encore actifs, la semaine du 16 avril 2018 en est une parfaite illustration.

L’anorexie médiatique constatée les deux dernières années ne doit aucunement étouffer l’initiative visant à concentrer l’énergie des médias pour l’atteinte de certaines priorités de l’heure. Cette énergie canalisée est susceptible de réduire efficacement les pressions et manipulations journalistiques et communicationnelles adverses afin de mieux cadrer la perception de la réalité du pays.

Si le conseil en communication du Chef de l’Etat semble encore minimiser l’importance d’une telle approche par une méthode de travail bureaucratique loin de l’appropriation du secteur des médias libres pour que soit facilitée la lecture des évènements nationaux, vaine sera l’action politique.

Le Haut Conseil de Communication soutient également qu’une communication de crise contribue à mettre à jour les limites de communication interne et externe par des propositions de pistes d’action pouvant créer des conditions d’un partenariat avec les médias suivant leur différentes lignes rédactionnelles.

Le Gouvernement est flexible à l’initiative d’un partenariat reposant sur un référentiel partagé.

La volonté exprimée ce mois d’avril 2018 par l’actuel Chef de l’Etat centrafricain en ce qui concerne le renforcement en effectif et en capacité de son équipe de communication de manière inclusive est très saluée par de nombreux acteurs de la presse publique et indépendante.

Une communication ordonnée et objective sous format « protectionniste » éviterait la manipulation, par biais de médias interposés, de l’opinion nationale et internationale comme par le passé.

L’intoxication et la manipulation gagnent du terrain.

Johnny Yannick Nalimo,

Inspiré de : « Repenser la communication dans les organisations publiques

de Catherine Fallon et Geoffrey Joris




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