Grande messe politique : l’opposition démocratique boycotte, Florent Yatibingui Sokambi sanctionne

Kangbi-ndara.info/ L’opposition politique démocratique est prétentieuse, surréaliste, avec un égo démesuré et une conduite anti patriotique. C’est la déduction de Florent Yatibingui Sokambi, ancien Conseiller national de transition, ancien Chargé de Mission particulier du président de l’Assemblée Nationale et personnalité politique indépendante de Centrafrique, dans cette interview exclusive accordée ce 05 janvier 2019 à Kangbi-ndara. Dans cet entretien, il rappelle le suivi des recommandations du Forum de Bangui pour tout dialogue entre le Gouvernement et les groupes armés.

Kangbi-ndara (KN): Florent Yatibingui Sokambi, bonjour. L’opposition politique démocratique, incarnée par quatre partis notamment le CRPS de Me Nicolas Tiangaye, le MDREC de Joseph Bendounga, le PATRIE de Me Crépin Mboli Goumba et le RPR de Ferdinand Nguendet, refuse de prendre part à la grande messe politique initiée par le Président de la République Faustin Archange Touadera en prélude de l’initiative africaine pour la paix dans le pays. Comment appréciez-vous ce boycott ?

Florent Yatibingui Sokambi (FYS) : Kangbi-ndara bonjour. Je voudrais faire remarquer que je ne suis pas à l’aise de parler de l’opposition politique démocratique du moment où certains membres de cette opposition se sont démarqués de cette position irresponsable et anti patriotique. C’est le lieu ici de saluer le sens élevé de responsabilité du chef de file de l’opposition en la personne de l’ancien Premier ministre Anicet Georges Dologuele, qui malgré les imperfections et les erreurs relevées, à décider en toute responsabilité de ne pas manquer à ce rendez-vous capitale pour la recherche des solutions afin de soulager la souffrance des centrafricains.

C’est aussi l’occasion de féliciter le jeune mouvement ITA du compatriote Dominique Yandoka qui a compris l’enjeu et qui ne s’est pas aligné derrière les principaux géniteurs de la Séléka reconvertis aujourd’hui en opposant politiques.

Ceci étant, loin de faire croire que la raison et la lumière n’habitent que la case de l’Exécutif, il y a des moments et des enjeux qui exigent que toutes les forces vives de la Nation se retrouvent pour harmoniser la position du pays face aux envahisseurs.

En ce qui me concerne, cette partie de l’opposition à manquer l’occasion de se taire.

KN :Donc doit-on comprendre que l’opposition démocratique centrafricaine est essentiellement composée des ex-mentors de la Séléka ?

FYS : Si vous ôtez l’interrogation c’est qu’on affirme la même chose !

KN : A en croire la déclaration, l’opposition politique relève des insuffisances protocolaires présidentielles et ne se sent pas bien ménager dans le communiqué radiodiffusée les invitant à un « mélange de genre ». N’est-ce pas de l’estime démesurée ?

FYS : Je trouve prétentieux et surréaliste cette suffisance qui voudrait faire croire que ces compatriotes que je peux respecter individuellement en tant que hommes puissent donner l’impression d’être le centre du monde avec une conception vulgaire et erronée du genre : « sans moi le mur ». Que représentent réellement ces quatre petits partis politiques face à l’ensemble des forces vives ?  

KN : L’opposition veut la solennité et l’exclusivité d’un tête-à-tête avec le Président Touadera. N’attend-t-elle pas son bateau à l’aéroport ?

FYS : J’avoue que j’ai du mal à suivre ces compatriotes pour une double raisons précises. Premièrement, il y a plus d’un mois, précisément après les évènements meurtriers d’Alindao, lors de l’adresse du Chef d’Etat à la Nation qui avait annoncé cette rencontre avec les Forces vives de Nation, l’usage et le bon sens voudraient qu’en ce moment précis l’opposition devrait déjà faire savoir au Président de la République sa vision d’une rencontre entité par entité avant cette grande messe. Deuxièmement, nul n’est sans ignorer que le Président de la Commission de l’Union Africaine, son excellence Moussa Faki Mahamat, a annoncé son arrivée imminente en Centrafrique pour la partie opérationnelle de l’initiative de sortie de crise. Compte tenu de cette nouvelle donne, la chronologie est-elle favorable à ce genre de rencontre entité par entité comme voulue par l’opposition ?

En réponse, je voudrais que ces leaders de partis politiques d’opposition réfléchissent ensemble avec moi sur ce proverbe africain : « On ne peut pas rattraper le temps mais on peut arrêter de perdre son temps ».

KN : Il y’ a l’initiative de l’Union Africaine et celle de Khartoum. L’opposition est favorable à la première et la perçoit comme l’unique issue de sortie de crise centrafricaine. Est-ce votre cas ?

Je voudrais d’abord rappeler certains principes et traditions africains consistant à dire : « lorsque notre case brûle, nous ne pouvons empêcher un voisin de nous aider à éteindre le feu quelques soient nos relations antérieures avec celui-ci ». Aussi il est dit qu’on ne choisit pas la couleur de l’eau qui doit éteindre le feu consumant notre abri.

Par voie de conséquence, je voudrais remercier le Peuple frère du Soudan à travers son Président qui s’est proposé de faire financer et d’abriter le dialogue entre le Gouvernement centrafricain et les groupes armés.

Néanmoins, comme le Chef de l’Etat, Faustin Archange Touadera, l’a dit à la tribune des Nations Unies, qu’il ne cesse de le réitérer à tout bon champ, que l’initiative de l’Union Africaine doit recueillir toutes les initiatives et contributions pour en faire une seule feuille de route.

Seulement, il n’est pas anodin de rappeler la position du Peuple centrafricain assortie dans les recommandations du Forum de Bangui.    

KN : Selon les quatre partis signataires de ce communiqué, la frange de la population perçut hier dans les rues de la capitale pour manifester leur soutien à l’initiative de Khartoum sont des « désœuvrés ». Ce qualificatif péjoratif reflète-t-il au mieux l’engagement de ceux-ci ?

A leur place je n’utiliserais par ce terme. Une sagesse africaine dit ceci : « Si tu juges les gens, tu n’as pas le temps de les aimer ».

Florent Yatibingui Sokambi, merci.

Propos recueillis par Johnny Yannick Nalimo




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