Hip-hop : le chanteur du RNB centro Bruce Bemol à l’école du succès à l’étranger

Kangbi-ndara.com / Sur le plan national sa luminosité artistique dépasse à peine celle d’un lampadaire de la société de l’énergie centrafricaine (ENERCA) mais le jeune chanteur qui s’est fait un nom lors de la deuxième édition du Suma hip-hop, organisée par l’Alliance française de Bangui, se révèle tenace et optimiste. Bruce Bemol l’initiateur d’Acro music, né Bruce Bemolinda, après des featuring avec des stars locales et étrangères, vient de sortir ce début d’année son deuxième album  intitulé «  N’oublie pas ».

bemolSon visage vous interpelle ? Evidemment, c’est bien Bruce Bemolinda du Quartier Sica I, 1er arrondissement de la Capitale centrafricaine, bachelier au Groupe Elie Formation, ex-étudiant en première année des sciences économiques à l’Université de Bangui (2011-2012). Bemol a mis fin à ses études aussitôt après le décès de sa mère en 2012, son appui principal, pour suivre autrement les traces de son oncle paternel le feu Parfait Bemolinda, auteur compositeur du très prisé morceau « La fleur délice » des années 1990, et pour tenter à sa manière de révolutionner le monde du hip-hop centro tombé en désuétude après le bref succès du célébrissime Bangos RAP, composé à l’époque de 31 membres (compile 2). Un pari qui ne lui réussit pas jusqu’ici même avec le soutien moral de son père, non seulement à défaut de séduire un showbiz-man sérieux mais essentiellement en raison des troubles militaro-politiques qui ont déchiré la Centrafrique. Quelques mois avant le début des hostilités dans son pays, Bemol a pu enregistrer un single «  Ma République » avec la Star centrafricaine de la Rumba, Ozagin Oz, en juin 2012, morceau balancé quelques fois dans les tranches d’animations de Radio Ndeke Luka (station privée).

Il convient de signaler ici que jouir du statut de réfugiés, en plus de ses innombrables avantages prévus par la Convention de Genève, est à la mode chez certains centrafricains qui « squattent » le pays du saxophoniste Manu Dibango depuis les deux dernières années, notre artiste ne s’est pas donc pas privé de ce « luxe gratuit ». Avec son statut passe-partout, Bemol  et son inséparable besace fétiche, contenant l’unique album témoin « Quelque part » en CD et DVD, produit en juillet 2012,  foule des pieds le rempart des grandes voix montantes du Cameroun à Yaoundé au point d’attirer l’attention du célèbre chanteur Dynasti, qui sans condition pose en duo avec le jeune centro en juin 2014 sur un son dédié aux Lions indomptables à l’occasion du dernier mondial du football au Brésil. Le morceau « Allez les Lions » combien mixé par l’un des mégas labels de Yaoundé fait chou blanc. Toutefois, de cette mésaventure artistique, Bruce Bemol affirme en tirer des leçons : « J’ai compris qu’il ne suffit pas d’avoir seulement du talent pour réussir, il faut également avoir une équipe dynamique derrière soit, un team compétent, si l’on veut faire long feu et goutter au succès. Je m’y atèle présentement »,  recadrage de l’artiste qui vient d’être solliciter le 2 avril 2015 par le night-club Air Force One de Douala pour un concert.

En effet, Bruce Bemol d’aujourd’hui n’est plus le serial plagiste de Corneille ou de son compatriote Singuila comme par le passé, il a trouvé son timbre à lui dans une synchronie des tonalités reggae, et ça promet ! « Je ne suis plus le même », nous rassure-t-il.

A l’occasion Bemol annonce la sortie récente de son album de six titres baptisé « N’oublie pas », deux ans après son premier opus « Quelque part » méconnu du grand public mais dont le clip a bénéficié de la générosité artistique du top des groupes de rap Banguissois notamment les MC Fonctionnaires.  Notre chanteur du RNB sonne également le cor pour son retour prochain en Centrafrique avec pour objectif de booster le secteur culturel Banguissois avec son talent nouveau made in « ghetto » Yaoundais.

Johnny Yannick Nalimo