Ingérence : la Minusca supra gouvernement au dessus de l’Etat centrafricain

A tout seigneur tout honneur, dit l’adage. Pourquoi les autorités centrafricaines ne sont-elles pas respectées et honorées par les institutions internationales accréditées en République Centrafricaine ? C’est une question à l’ordre du jour et elle mérite d’être posée. Tant, un Etat reste toujours un Etat quelque soit le degré de la crise. Les autorités restent toujours des autorités capables de gérer leur pays. Notre pays la RCA a traversé une période sombre de son histoire à cause de la mauvaise gestion de la chose publique adoubée de l’ingérence de certains pays voisins sans pour autant oublier la puissance colonisatrice de notre pays, la France.

 oangaNaturellement, il n’y a d’autres desseins à cette ingérence extérieure que la volonté des pays voisins y de maintenir la République Centrafricaine dans cette chimère pour espérer mieux piller les ressources naturelles en quantité industrielle que regorge ce territoire de 623.000 Km 2. Ce complot international à l’origine de la crise que connaît le pays, a réussi parce que les traitres fils de la RCA ont joué un rôle important dans la déstabilisation de notre chère patrie. Certes, aujourd’hui, l’ancien président François Bozizé n’est plus au pouvoir, mais combien de dégâts avons-nous enregistrés ? Combien de morts avons-nous enterrés ? Combien de biens ont-été détruits ? Combien de centrafricains sont partis en exil ? Combien de compatriotes ont aujourd’hui trouvé refuge dans la brousse ? Combien de maisons ont-été incendiées et combien de villages ont disparu ? Autant de questions qui se posent. Trois belles années de ce qu’il convient de considérer comme une traversée de désert mais qui ont permit aux centrafricains de découvrir le visage cachée de nos dirigeants politiques, c’est-à-dire de ceux qui sont censés nous gouverner. Ils ont pactisé avec le diable pour sacrifier des vies humaines afin d’accéder au pouvoir. Et voilà maintenant, ils ont donné l’occasion à l’Organisation des Nations-Unies de s’installer dans notre pays pour piller, détruire et enterrer définitivement ce beau pays, riche, héritage de nos aïeux. Du Bonuca au Binuca pour ainsi arriver à la Minusca, rien n’a véritablement changé dans ce pays. Ils ont mit sous les verrous tous nos dirigeants politiques qui sont non seulement affamés mais aussi assoiffés du pouvoir.

Le régime de la transition n’a pas su lire et analyser les contours des clauses de contrat qui lie la République Centrafricaine aux Nations- Unie. Aujourd’hui, les conséquences sont assez dramatiques et a République, faut-il le rappeler paie les frais de cette dérive et l’ignorance de nos dirigeants. Partout ailleurs, il est évident que le système des Nations-Unies ne peut être au dessus d’un gouvernement légitime ou au dessus d’un Etat tiers. Il vient seulement en appui aux autorités locales pour redresser un certain nombre des dérapages constatés. Or, en Centrafrique, tout semble donner raison à ceux qui soutiennent que c’est la Minusca qui gère le pays. Comme si la République Centrafricaine était sous tutelle de l’ONU, ce qui est un cas pour le moins gravissime.

 

Le Mali, le Burkina Faso, la République Démocratique du Congo (RDC), le Rwanda, le Soudan du Sud ont connu des situations plus pire qu’en RCA. Au pays du seul bâtisseur que demeure Jean-Bedel Bokassa, il n’y a jamais eu une guerre de religion. Mais aujourd’hui, on prétend que la crise qui a secouée le pays est une guerre confessionnelle alors qu’il n’en demeure pas moins vrai que notre crise reste une crise politique dont la France qui a drainé derrière elle toute la communauté internationale en serait l’auteur intellectuelle quoiqu’on dise.

 

Aujourd’hui, force est de constater que la vérité qui avance à petit pas telle une tortue à fini par révéler que la RCA est composition multiethniques de populations qui vivaient et vivent ensemble avec des mariages mixtes d’où des cousins et cousines de chaque coté. Mais ce que les Centrafricains déplorent en ce moment, c’est le fait que la Minusca qui est installé en Centrafrique pour appuyer le pays à sortir de la crise, fait du dictat sur les nouvelles autorités du pays. Normal puisque les nouvelles autorités n’ont aucune vision pour sortir le pays de cette crise. La nature ayant horreur du vide, en absence de cette vision, la Minusca et par extension la communauté internationale décide à la place des autorités politiques centrafricaines. Ils imposent aujourd’hui que le premier ministre et le ministre de la sécurité publique, enclins à dénoncer leur passivité soient limogés parce que dit-on qu’ils ont la grande gueule sur fond de sentiment patriotique. Dans leur manie, ils ont fini par imposer au Président Touadera de dorloter les chefs de guerres et rebelles étrangers qui tirent, pillent et torturent. Cette même Minusca n’arrive pas à protéger les vies civiles en dépit de ses grands moyens matériels. Par contre, ils se livrent à des pillages de nos richesses. Ils entretiennent les foyers de tensions entre les différentes communautés et se moquent de nous.

On pourrait bien se poser la question de savoir pourquoi la Minusca s’immisce ainsi dans les questions de sécurité intérieure et pourquoi s’intéresse-t-elle pour autant aux stratégies de sécurisation du pays concocté par les autorités. Naturellement, il n’y a qu’une réponse. Mieux connaître les stratégies pour anticiper et mettre au parfum leurs « protégés » qui sèment la terreur à l’intérieur du pays aux fins de justifier leurs présences dans le pays avec en toile de fonds, la poursuite du pillage systématique des ressources du pays.

Et pourtant en RDC, au Soudan du Sud, ce n’est pas le cas. Il est temps aujourd’hui que les autorités centrafricaines prennent en main leurs responsabilités pour verrouiller un certain nombre de choses de manière à reprendre le leadership sur les questions de sécurisation du territoire national.

Patrick Adouaka

 

Comments

comments




Laisser un commentaire