Insécurité à Bangui : « Je déplore le laxisme des forces étrangères », Robert Yékoua Kétté, Directeur de l’OCRB

Kangbi-ndara.info/ Les forces internationales en mission de pacification de la République centrafricaine représentent un obstacle dans le processus du désarmement de la capitale Bangui. C’est ce que révèle dans cet entretien exclusif son Directeur Robert Yékoua Kétté qui déplore, entre autres, la « léthargie du déclenchement des opérations » constatée chez les forces internationales en mission de sécurité en Centrafrique.

Bonjour, qui est Robert Yékoua Kétté?

yekouaBonjour, je suis content de répondre à vos préoccupations. Je suis Yékoua Kette Robert, officier de l’armée centrafricaine qui a été librement choisi pour diriger l’ex Office centrafricain de répression de banditisme devenu l’Office central de répression de banditisme.

Le banditisme est-il en régression à Bangui avant le regain des violences déclenché le week-end dernier ?

Quitte à vous de vous rapprocher seulement de la population. C’est la population qui pourra vous répondre. Un adage dit : « si vous voulez qu’on dise bien de vous n’en dites point de vous-même ». Je m’arrête là.

Depuis votre prise de poste, vous faites de votre mieux pour mettre la main sur des Anti-Balaka de Bangui. Votre mission consiste-t-elle à anéantir tous les Anti-Balaka ?

C’est vous qui les qualifiez, peut-être, d’Anti-balaka, je pense qu’ils ne sont pas des Anti-Balaka. Parce qu’après plusieurs concertations, après le Forum politique qui a eu lieu à Bangui tout le monde s’était accordé pour enterrer la hache de guerre. De mon humble avis, il n’y a plus d’Anti Balaka, c’est une fausse appellation, ce sont des braqueurs ce sont bandits. Je m’arrête là.

Quel rôle joue concrètement l’OCRB dans l’apaisement palpable des troubles sécuritaires à Bangui ?

On tout cas, je ne vous cache rien, nous sommes là pour mettre hors état de nuire tous ceux qui se comporteront comme des bandits. C’est tout.

En dépit des efforts que vous dites déployés pour ramener la sécurité dans la capitale centrafricaine, l’on sait que vous n’êtes pas confortablement assis sur votre chaise de Directeur de l’OCRB car  vos « détracteurs » ne dorment pas pour qu’un décret présidentiel tombe en votre défaveur. Comment vivez-vous cette pression politique interne ?

(Rires) Je crois que là où je suis, ceux qui sont passés avant ont lamentablement échoué. Depuis ma nomination à la tête de cet office, vous voyez qu’il n’y a pas trop de bruits d’armes. Mes détracteurs, est-ce que j’ai des détracteurs ? Je ne pense pas. Quand on est nommé à un poste on peut aussi le quitter du jour au lendemain. Mon cordon ombilical n’est pas enterrer à l’OCRB. Donc, c’est à prendre ou à laisser, ces genres de propos, je m’en fou éperdument de mon perdre mon travail. Je sais que sur cette base je n’ai pas de concurrent réel. Je ne vois personne qui pourra me faire la tête dans cette institution.  Je me bats, je cherche avec force et détermination à ramener la paix dans notre capitale. Non, non, non. Je suis centrafricain je peux partir d’ici et un autre viendra. Je partirai tête haute quand même. C’est tout ce que j’ai à dire.

L’OCRB est-il confronté à un problème de sous-effectif d’éléments pour une meilleure présence dans la ville de Bangui ?

Bon, c’est purement interne que je ne peux pas dire. Je demande seulement qu’on nous donne des moyens pour faire face à tous les bandits.

Comment cordonnez-vous les stratégies de sécurité avec les autres forces de l’ordre nationales internationales ?

Nous travaillons en symbiose, quand le centre d’opération c’est-à dire Cosmos appelle je suis sur les lieux ! J’arrive après la Gendarmerie est là et puis les autres. On s’épaule, on s’appui, il n’y a pas de problème. Ce que je peux déplorer c’est le laxisme des forces étrangères qui de fois quand on les appelle elles n’arrivent pas sur les lieux au moment opportun. Je me pose souvent la question : pourquoi, pourquoi, pourquoi, cette léthargie dans le déclenchement des opérations, de ce coup ? Je m’arrête là.

Ce « laxisme » empêtre-t-il vos mouvements ?

Enormément, vous savez qu’il y a d’autres zones qui sont sous la coupe de la Communauté internationale et d’autres qui ne sont pas sous leur coupe. Le Boy-rabe, le 3e arrondissement et le 5e. Pour y remettre l’ordre et la paix il faudrait que les forces étrangères nous libèrent entièrement les lieux. Donc on ne peut pas y entrer pour l’heure faire de n’importe quoi au risque d’aller contre les accords du forum.

Seriez-vous en train de dire que seule les forces nationales peuvent résoudre les problèmes d’insécurité encore chaotiques dans les 3e, 4e et 5e arrondissements ?

Dans un délai très bref nous pouvons remédier à ces problèmes. C’est notre pays, nous connaissons les coins et les recoins de notre pays. Nous allons le faire. Cela ne devrait jamais, jamais et jamais souffrir d’aucune entorse.

L’OCRB a-t-il le sentiment d’être moins bien traité que les autres unités de police nationales ?

Ça c’est un secret que je garde par devers moi mais, je demande au Gouvernement de nous donner des moyens.

Monsieur Yékoua Kétté je vous remercie.

Je vous remercie

C'est moi qui vous remercie

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