Interview / Caroline Ngo Mbamseck Bayiha: «Que la France dise clairement ce qu’elle attend de l’Afrique »

L’activiste des droits de l’homme, la camerounaise Caroline Ngo Mbamseck Bayiha, qui, en 2013, a demandé à la Cour Pénale Internationale (CPI) d’ouvrir une enquête sur les crimes commis et les exactions  en Centrafrique la France d’être la responsable de la “boucherie” centrafricaine.

carolineBonjour Caroline Ngo Mbamseck Bayiha

Kangbi Ndara (KN): Vous êtes camerounaise pourtant la crise en Centrafrique ne vous laisse pas de marbre au point que vous aviez tres top demandé l’ouverture d’une enquête pour génocide dans ce pays. Comment justifiez-vous votre acharnement contre Djotodia et ses matadors ?

Caroline Ngo Mbamseck Bayiha (CNMB): J’aimerai d’abord vous remercier pour l’intérêt que vous portez à ma modeste personne. J’en profite pour vous présenter mes félicitations pour le nouveau groupe Présidentiel de transition élu ses derniers jours. Pour revenir à votre question concernant mon courrier d’ouverture d’enquête contre Michel Djotodia il faut condamner tous les bourreaux de la Séléka  y compris ses alliés de l'ex FARE (Front d’Annulation et de la Reprise des Élections). Ma réponse est très simple, si la Centrafrique est devenue une boucherie aujourd’hui c’est de la faute de cet homme ses Généraux, de ses partisans déchus et présent au pouvoir.  Le génocide c’est lui qui l’a démarré….Dois-je trouver d’autre argument pour vous convaincre regardez la situation du Centrafrique là maintenant ?

(KN) : Ou en êtes-vous avec le dossier Djotodia au niveau de la CPI ?

(CNMB): Nous avançons doucement mais nous avançons, je pense que si nous suivons le cours des choses, le conseil de sécurité des Nations unies, le 5 Décembre, a décidé de créer une commission d’enquête qui réponde directement à ma lettre sur base de l’article 15 du traité de Rome. Cette commission est composée de trois experts qui ont 10 mois pour rédiger un rapport. Nous attendons le rapport. Pour la suite des évènements, nous vous tiendrons informer …

(KN): Vous contenez en vous des questions que vous aimerez poser à la Présidente de Centrafrique, Catherine Samba-Panza. Quelles sont vos préoccupations ?

(CNMB): Il est vrai que S.E.Mme Catherine Samba-Panza vient juste d’être élue présidente de transition de la République centrafricaine, pourquoi ne réagit-elle pas fermement aux violences journalières dans son pays ?  N’a-t- elle pas le pouvoir de décision? Est-ce qu'elle arrive encore à manger ou à dormir quand elle voit ce peuple ! Son peuple ses enfants, ses petits-enfants mourir de cette manière. N’a-t-elle pas vue comment le Président Paul Biya à réagis quand il a eu vent comme quoi les rebelles s’aventuraient à ses frontières ?En quelque heure des soldats Camerounais étaient en fraction. Elle eattend la Misca ou la soit disant force Sangaris ?. Qu’attend t-elle bon-sang pour réagir ?

(KN) :   Vous ne cautionnez pas le fait que le Président tchadien, Idriss Deby soit cité parmi les auteurs de la crise centrafricaine. Par contre vous accusez la France. Pourquoi innocentez-vous le Tchad pour culpabiliser la France ?

(CNMB) : Non, à mon humble avis nous ne devons pas inclure le Président Deby dans cette affaire, il est sous pression Française personne ne pourra me dire le contraire comme la majorité des chefs d’état Africain. Le feu Kadhafi ainsi que le feu JB Bokassa nous l’avaient prédits,″des visionnaireʺ . Voyez ce qui se passe aujourd’hui sur le continent Africain. Je responsabilise la France car depuis des années elle est présente dans tous les conflits qui ont lieu sur le continent Africain, mais regardez vous-même, le Niger les plus grands gisements d’Uranium, au Mali de l’or, au Congo le diamant, en Centrafrique toutes les richesses naturelles que l’Afrique centrale peut avoir se trouve dans ce pays enclavé. La France n’est pas une sauveur mais un pompier pyromane… Je ne crois plus en eux depuis 30 ans.

(KN) : Vous avez un raisonnement “sankariste”. Etes-vous antis français ?

(CNMB) : Nullement! Je ne suis pas anti- Français loin de là mais je suis contre l’hypocrisie de la politique Française sur le continent Africain, nos populations se plaignent que nos dirigeant ne font pas ceci ou cela, ils ne peuvent rien faire librement sinon les sanctions tombent par les chantages divers de suspension d’aide pour ceci, de fonds pour cela, pas de créditde développement et pourtant ils vident nos sols. Que la France dise clairement ce qu’elle attend de l’Afrique et qu’elle signe des accords bilatéraux corrects sans toujours vouloir être le maître. La France-AFRIQUE c’est finie. Qu’elle sorte du continent une fois pour toute. Pourquoi les Pays-Bas, l’Italie, l’Angleterre, la Suède, la Norvège, l’Allemagne et le plus grand pays comme la Russie ne font pas parler d’eux en Afrique ?  Pour ne citer que ceux-la !  

(KN): Vous semblez chérir l’engagement politique du révolutionnaire centrafricain Bida Koyagbélé. Qu’est ce qui explique ce rapprochement ?

(CNMB): Dès que vous n’adhérez pas à la politique du nouvel ordre mondial comme Bida Koyagbélé relative au contrôle de l’Afrique, vous devenez un révolutionnaire aux yeux de certain. Je suis une activiste humanitaire des droits de l’homme, comme lui je ne peux rester insensibles face à la souffrance du peuple, des centaines de milliers de déplacés centrafricain, aussi l’arrivée de l’instabilité de l’Afrique centrale par l’ingérence et la mise en place d’un groupe de Djihadistes de la Séléka dans le Nord de Centrafrique. C’est un homme comme lui qu’il faudrait au sommet de l’Etat Centrafricain.

Je partage entièrement ses principes qui sont les suivantes :

  • la restauration de l’unité et la consolidation de la paix dans une logique de la réconciliation nationale
  • la sécurisation des populations et des biens sur toute l’étendue du territoire par la réhabilitation la transformation de la MISCA en IMISCA au lieu d’envoi de casque bleus
  • la restauration de l’autorité de l’Etat par une justice impartiale et équitable;
  • sécuriser les populations alimentairement les populations qui sont confrontées à la famine ; réintégrer les déplacés.
  • la réorganisation des filières agricoles, énergétique, assainissement
  • la proposition des réformes économiques prioritaires.
  • la restauration de la démocratie par l’organisation d’élections libres et transparentes sans l’ingérence de la France ou d’un autre état

(KN): Un dernier mot?

(CNMB): Je lance un appel à S.E. Mme. Catherine Samba-Panza, recomposez votre gouvernement en enlevant tous les membres de la Séléka de votre gouvernement de transition. Ecoutez le cri de détresse de votre peuple avant qu’il se retourne contre vous.

Que Dieu aide le peuple Centrafricain à retrouver la Paix. 

(KN): CarolineNgo Mbamseck Bayihaje vous remercie.

 

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