Interview : « c’est la Conférence de Bruxelles qui amène Dologuélé à sortir comme Robin Des Bois », Florent Yatibingui Sokambi

« J’ai comme impression que c’est la Conférence de Bruxelles en Novembre qui amène le Président Dologuélé à sortir du bois comme Robin Des Bois pour brandir le spectre de menace », fustige Florent Yatibingui sokambi qui s’affiche en défenseur du Président Faustin Archange Touadera. Dans cet entretien avec Kangbi-ndara, l’ex-conseiller national de transition estime qu’il est encore très tôt de lancer une opposition stérile en Centrafrique et qu’Anicet Georges Dologuele joue sur deux bords en critiquant un gouvernement au sein duquel son parti l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA) est représenté.

Monsieur Florent Sokambi Yatibingui bonjour. Vous êtes ancien conseiller national de transition et candidat malheureux aux législatives à Sibut dans la Préfecture de Kémo. Vous aimeriez réagir suite à la réaction foudroyante du désormais opposant politique Anicet Georges Dologuélé qui jugerait bon de mettre personnellement un terme à l’union sacrée voulue par le Président Faustin Archange Touadera. Pourquoi cette réplique ?

dsc_0180Je vous remercie monsieur le journaliste. En principe, on ne peut pas empêcher le président Dologuélé de jouer son rôle d’opposant. L’opposition est là pour critiquer afin de permettre à ceux qui sont au pouvoir de corriger leurs erreurs. On ne peut pas refuser ce droit au Président Dologuélé. Mais vous savez que nous sortons d’une crise assez difficile. Donc l’heure n’est pas à l’opposition stérile et improductive. Tout Centrafricain conscient de la situation devrait aller dans le sens d’aider le Président Touadéra à relever le pays.

Diriez-vous que pour l’heure un contre-pouvoir n’est pas envisageable en Centrafrique ?

Au risque de me répéter, je pense qu’il est encore très tôt de se lancer dans une opposition stérile et inutile qui empêche le pays d’avancer. Ce n’est pas le moment.

Selon vous, le moment est mal choisi pour Dologuélé de guillotiner par voie des médias  son ex-challenger le Président Touadéra ?

Face à ces genres de réactions, on ne peut être en même temps juge et partie. Il faudrait que le Président Dologuélé nous dise s’il est pour ou contre le pouvoir puisqu’il a un Ministre dans le présent Gouvernement. C’est une question de responsabilité et d’honnêteté intellectuelle et politique.

Vous êtes sans ignorer que le rôle de l’opposition est essentiel en démocratie. Ne pensez-vous pas que l’équilibre du pouvoir qu’incarne Dologuélé offre la possibilité d’une alternance politique comme  voulue des Centrafricains ?

Justement, c’est pourquoi le Président Dologuélé, avant d’arriver à ce stade, devrait rappeler son Ministre du Gouvernement et se positionner en Opposition. Mais ne pas jouer sur les deux bords. Ce jeu de double face n’est pas digne d’un homme politique de sa pointure.

Que reprochez-vous à Dologuélé ?

J’ai comme impression que c’est la Conférence de Bruxelles en Novembre qui amène le Président Dologuélé à sortir du bois comme Robin Des Bois pour brandir le spectre de menace.

Pourquoi défendez-vous le Président Touadéra à l’heure où certains de ses alliés non négligeables au second tour de la présidentielle se plaignent de n’être pas associés dans les prises de décisions et dans la gestion du pays ?

Je n’ai pas la même la lecture des choses que vous monsieur le journaliste. J’ai écouté sur les mêmes ondes que monsieur le Président Dologuélé le très respectable Président N’guérékata réaffirmer son soutien et fidélité au Chef de l’Etat. J’ai entendu le Président du MLPC monsieur le Président Martin Ziguélé déclarer « tout Centrafricain qui connait la situation actuelle du pays doit tout mettre en œuvre pour la réussite de la Conférence de Bruxelles. » Voilà un homme politique qui s’assume en tant voulu.

Etant un candidat malheureux aux Legislatives, n’êtes-vous pas entrain de chercher un poste dans l’Administration en défendant avec ténacité le Président Touadéra ?

Mais non monsieur le journaliste. Je ne suis pas un chercheur d’emploi. Avant d’être candidat aux Législatives, j’avais mes petites activités génératrices qui me rapportaient du sou. Je continue avec ces activités. Donc ma défense du Président Touadéra n’a rien à voir avec une rémunération à la fin. C’est pour aider mon pays à sortir de la crise qu’il vient de traverser.

A Jeune Afrique, le premier opposant affiché de Touadéra Monsieur Dologuélé de dire sans ambages que « Touadera n’a rien fait » depuis qu’il est au pouvoir et que « ses improvisations » risqueraient gros à la Centrafrique. Qu’en dites-vous ?

En politique, il faut parfois manquer l’occasion de se taire. Parce que tout le monde sait que le Président Touadéra est un homme équilibré et méthodique. Je voudrais renvoyer certains Leaders au premier discours du Président Touadéra qui a priorisé le DDRR et la Sécurité. Car sans la Sécurité rien ne peut marcher.

Faites-vous un lien entre la prise de position de Dologuélé et la Conférence des Bailleurs de Fonds qui se tiendra bientôt à Bruxelles ?

La réaction du Président Dologuélé n’est autre que pour torpiller la Conférence de Bruxelles.

Bien d’acteurs politiques centrafricains estiment que Touadera présente une tare politique de nature très frustrante. C’est dire qu’il ne réagit pas au moment opportun. Cette faiblesse, la remarquez-vous aussi?

Je suis très loin de faire la même lecture que vous monsieur le journaliste. Il est admis que parfois il faut laisser les choses basses mourir de leurs bassesses. Le Président Touadéra va au-delà de la mêlé. C’est développer une culture de responsabilité que de ne pas répondre à certaines bassesses.

Un dernier mot ?

C’est juste de rappeler que nous ne sommes pas encore sortis de la crise et que l’heure n’est pas aux petits calculs politiciens. Avant de poser tout acte il faut réfléchir et voir la souffrance des Centrafricains. Beaucoup de nos compatriotes sont encore dans les brousses et les ledgers. C’est pourquoi j’en appelle à la responsabilité de tout un chacun. Le problème centrafricain est d’abord la responsabilité des hommes politiques. Laissons le temps au Président Touadéra. On ne peut pas juger quelqu’un en 6 mois de fonction alors qu’il en a pour 5 ans. Il faut que l’Opposition soit responsable en laissant un peut de temps au Président Touadéra d’alléger la peine du peuple Centrafricain.

Monsieur Florent Sokambi Yatibingui, merci

C’est moi qui vous remercie monsieur le journaliste.

Par Johnny Yannick Nalimo

 

 

 

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