Interview exclusive d’Ozaguin Oz : « Je ne dois aucune excuse au Dj Reach et ça jusqu’à la fin monde »

Kangbi-ndara.info/ Il reconnait avoir causé du tort au public centrafricain et s’en excuse mais jure de ne pas se disculper pour les mots lâchés à l’encontre du Dj Reach pour qui la réaction via un web tv a tendu les nerfs de l’artiste. Dans cet entretien exclusif, Mbele Achille artistiquement connu sous l’appellation d’Ozaguin Oz, patron de l’orchestre Nouvelle Ecriture, le roi de la rumba centrafricaine, révèle que l’internet offre opportunité qui comblent le vide des discothèques.

Kangbi-ndara (KN) : Ozaguin bonjour. Vous défrayez grave la chronique ces derniers après la mise en ligne d’une vidéo controversée prise par vous-même ? Qu’est-ce qui vous a fait sortir de vos gants ?

Ozaguin Oz (00): Bonjour, je pense que vous vous souvenez de la vidéo publiée par le Dj du comptoir Klass International au Complexe sportif Boganda. Je suis un des artistes centrafricains et le fait qu’il ait dit que notre musique chatouille les oreilles a été pour moi des mots méprisants difficile à supporter vu les conditions dans lesquelles les artistes évoluent dans notre pays. Je ne tiens rigueur à personne, tout le monde est libre de porter jugement sur une situation ou un évènement donné. Je tiens à préciser qu’il n’existe aucun problème particulier entre les Dj centrafricains et moi. Ce sont mes gars, on a toujours travaillé ensemble. Je me suis laissé emporter contre les propos déplacés d’un des leurs.

KN: avez-vous présentement le sentiment d’être compris ?

00 : Aucune idée parce que je ne dispose pas d’un baromètre susceptible de mesure la portée des sensibilités de mes compatriotes et de mes fans déçus par ma réaction. Je voudrais que les centrafricains essaient de pousser un plus haut en cherchant pas à comprendre pourquoi j’ai agi de la sorte. Comprendre pourquoi Ozaguin a cassé des chaises de la Klass International.

Figurez-vous que ce Dj a jeté l’opprobre sur la musique centrafricaine entière en prétendant qu’elle fasse mal aux tympans.   Les centrafricains sont de grands mélomanes et ils ont le goût de la bonne musique. Dire que nous artistes musiciens brouillions les tympans c’est de l’insulte.

Il a ajouté que les artistes doivent le payer pour qu’il fasse passer leurs morceaux pour qu’ils deviennent célèbres. A ce point, il oubli que c’est Dieu qui a le pouvoir d’élever une personne. Sa discothèque et lui se substituent au Dieu du ciel qui élève les humbles et rabaissent les orgueilleux. Quand j’ai suivi son show en ligne, je ressentais qu’on me balafrait tout le corps avec le tranchant d’une lame à raser.

KN : Pourquoi êtes-vous débarquez à Klass International ? 

00 : J’ai effectué cette descente dans l’intention de rencontrer le propriétaire des lieux pour lui faire part de mon état d’âme relatif aux mots blessants libérés par un de ses employés. Les serveurs du cadre m’ont fait comprendre que le patron était absent. J’ai attendu plus de 30mn sans qu’il ne vienne. Me sentant plus mal, j’ai demandé que ce bar ne joue plus mes œuvres puisqu’uniquement à Klass International elles font mal aux tympans. Leur refus de supprimer mes titres a davantage excité ma colère et j’ai réagi comme il ne le fallait pas. Les centrafricains doivent revoir cette vidéo afin de juger ma réaction sous l’effet de colère.

KN : Ne pensez-vous pas que carrière peut en pâtir au regard des réactions des internautes ?

00 : Sachez que ce ne sont pas toutes les mangues qui sont appelées à pourrir dans l’arbre. D’autres tombent avant maturité et d’autres y restent plus longtemps. Personne ne peut dicter le destin si ce n’est Dieu. Même si les Dj ont décidé unanimement de ne plus jouer mes morceaux, je peux me faire valoir ailleurs. Il existe toujours des alternatives sous les cieux.

Avant que ma musique soit programmée dans les discothèques, les radios en jouaient constamment. Mes relations avec les différentes stations de radios du pays sont au beau fixe. Vous êtes journaliste, vos confère vous diront que la Girafe Noire est un artiste poli, respectueux parmi tant d’autres, qui connait ses droits et aussi ses devoirs. Les Dj ne peuvent pas empêcher mes chansons de passer à la radio, ni à la télé, ni dans les buvettes ou encore les cartes mémoires. Je vais toujours vendre mes albums sur Itune. Ils ne peuvent pas empêcher la promotion de mes œuvres. Il en est de même sur YouTube.

Ma carrière peut en pâtir si seulement le peuple centrafricain dans sa globalité décide de ne plus m’écouter. Tant qu’il existe toujours un ou deux compatriotes qui se retrouvent dans mes compositions et qui sont disposés à acheter mes morceaux, je demeurerai leur artiste.

KN : Les discos jockeys centrafricains ont-ils tort de se solidariser contre vous ?

00 : Ozaguin n’a aucun problème avec les Dj et je le répète encore. Ils ont le droit d’organiser des réunions comme bon leur semble. En ce qui concerne leur décision je reste sur ma faim

KN : Ne pensez-vous pas qu’une excuse venant de votre part pourrait jouer en votre faveur ?

00 : Je me suis déjà excusé auprès de mes fans qui sont mes patrons dans une vidéo que j’ai publiée après cet incident. En ce qui concerne ce Dj méprisant,  je ne dois aucune excuse au Dj Reach et ça  jusqu’à  la fin monde. Ça n’arrivera jamais. Je pense qu’il lui appartient  de demander pardon aux artistes qu’il a négligés.  Ces propos méprisants vont à l’endroit de tous les artistes musiciens, y compris nos ainés et nos papas comme Docteur Wèch, les papas de Tropicale Fiesta, de Musiki et tous ceux qui ont tracé le chemin afin que nous suivions aujourd’hui la trace. C’est à lui de s’excuser auprès de la famille des artistes  musiciens centrafricains qu’il joue leur musique sans payer les droits d’auteur.

Encore un mot ?

00 : Oui, je m’adresse maintenant aux vrais discos jockeys de Centrafrique, je parle des vrais. Ils connaissent la nature de la coopération artiste-Dj. Je n’ai aucun problème avec les excepté ce Monsieur.  Cet incident fait déjà partie de l’histoire, la page est tournée, Ozaguin ne regarde jamais derrière. Maintenant je pense à autre chose, surtout les stratégies que je vais mettre en place pour porter haut le flambeau de la musique centrafricaine.

KN : Ozaguin Oz, merci

00 : C’est moi qui remercie le journal Kangbi-ndara

Propos recueillis par Rolph Romialheu




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