Interview exclusive : « Oui j’ai des ambitions… », Félicité Ko-ngana conseillère nationale

Kangbi-ndara.com déniche une africaine d’origine centrafricaine dont la témérité est mis à mal par sa pugnacité, sa dévotion au travail et son « altruisme patriotique ». Dégourdie, polyvalente, ambitieuse, engagée à faire valoir sa patrie la République centrafricaine, Félicité Ko-ngana se révèle dans cet entretien plus qu’une simple femme d’affaires ou un membre du parlement transitoire centrafricain.

Madame Félicité Ko-ngana, même si l’on ne parle quasiment pas de vous, vous êtes l’une des brillantes femmes sur lesquelles la République centrafricaine compte pour relever les grands défis actuels tout en préparant la relève. Dites-nous, quel est l’objet de votre visite à Douala en cette fin d’année ?

Felicite ko nganaJe suis à Douala dans un cadre très éloigné de mes fonctions de conseillère nationale. J’y suis sur invitation du producteur et de la réalisatrice d’une série que j’ai eu à tourner il y a deux ans auparavant. Il s’agit de la série « Aimer malgré lui » réalisée par la centrafricaine Habi Touré que vous connaissez certainement. Ce film passe déjà sur la chaine française TV5 et très prochainement sur Canal +.

Quel personnage incarnez-vous dans cette aventure cinématographique ?

Evidement une femme cheffe d’entreprise très téméraire et avec des situations d’équivoque insolites.

Vous n’êtes pas comédienne de profession, comment en êtes-vous arrivez là ?

Habi et son équipe étaient venus à Bangui dans le but de rechercher des profils détaillés dans le synopsis du film « Aimer malgré lui ». Ils cherchaient particulièrement une dame qui, dans la vie active gère une entreprise, ils m’ont repéré puis la réalisatrice m’a fait la proposition que j’ai acceptée par amour pour mon pays la République centrafricaine car je suis convaincue que cette série télévisée redonnera de la dimension culture cinématographique à la Centrafrique. Je savais que ce film allait être diffusé de par le monde et j’ai accepté pour faire honneur à la femme centrafricaine et de valoriser la RCA

En sortant de votre cocon politique ou professionnel pour embrasser la comédie, avez-vous ressenti la moindre gêne quant au rôle qui vous ait attribué ?

Au contraire je suis fière de jouer ce rôle pour soutenir l’initiative de ma compatriote Habi Touré. Ce n’est pas pour le pouvoir, ce n’est pour l’argent mais c’est fondamentalement pour l’amour que j’ai de mon pays et des initiatives qui le propulsent. C’est l’image de la RCA qui prime dans cette aventure.

Vous vous aventurez dans le monde du cinéma par amour pour votre pays, aventuriez-vous un jour à prendre les armes pour défendre votre Centrafrique chérie ?

Prendre les armes ? Non ! Je suis fondamentalement contre toute forme de violence et adepte plutôt du dialogue inclusif pour résoudre tout conflit. Le développement de notre si beau ne passera que par cette voix.

Abordons vos activités parlementaires, voudriez-vous nous situer sur les travaux en cours au niveau du CNT (Conseil national de transition) ? 

Nous allons terminer ce mois la session ordinaire qui validera plusieurs textes. Après validation desdits textes nous allons tomber dans la routine parlementaire c’est-à-dire attendre que l’exécutif nous donne du travail à faire.

Le principe du « zébrage » souffre le martyr au sein du CNT avec seulement 27 femmes contre 108 hommes. Est-ce que les voix féminines sont-elles respectées et prises en compte ?

Oui les voix féminines sont très respectées même si la parité n’a pas été prise en compte lors des désignations des 135 conseillers nationaux, mais nous n’en tenons pas rigueur. Nous avons parmi les 27 femmes dont vous évoquez de très grandes femmes comme Mme la vice-présidente Koyasoum Dounta, Mme Béatrice Epaye, Mme Gina Sanzé, Mme Christiane Doraz pour ne citer que celles-là. Il y a vraiment du respect pour le genre au sein du CNT. Même si nous ne sommes pas nombreuses, nous avons de la prépondérance parmi nos collègues. J’avoue que c’est une qualité pour notre parlement transitoire.

Auriez-vous des observations à l’endroit du bureau exécutif du CNT ?

Non, je pense que le bureau est dynamique, respectable sur le plan national et international et qu’il fait bien son travail. Je ne peux qu’encourager le bureau exécutif à respecter le programme établie jusqu’à la fin de la transition. Qu’il continu de respecter la charte constitutionnelle. L’exécutif du CNT doit tout faire pour mettre en route les phases transitionnelles pour la réussite des élections libres et transparentes.

En marges de vos fonctions de conseillère quelles sont vos autres activités ?

Hormis la noble tâche de parlementaire durant cette transition, je suis la Directrice Générale d’une agence de voyage dénommée Africa Discovery en même temps la représentante des compagnies aériennes ASKY et Ethiopian Air Line à Bangui. Je coordonne les activités cynégétiques en RCA. Je suis aussi la présidente des supporters du Club des Fauves de Bas Oubangui. J’assure les fonctions de la vice-présidente du groupe d’amitié Etats-Unis Centrafrique. Enfin je préside la Commission Service de la Chambre de Commerce en RCA.

Une pléthore de responsabilités qui s’ajoutent à votre tâche de mère au foyer, quel est votre secret ?

C’est d’abord l’organisation. Ma polyvalence ne représente en rien un fardeau du fait que je m’arrange toujours de manière à ce qu’une activité n’entrave pas l’autre. Ensuite c’est mon amour pour le travail, mon expérience, mon professionnalisme et mon ouverture. Je sais aussi partagé avec les autres.

Quelle est votre vision de la femme centrafricaine ?

Je voudrais voir la femme centrafricaine à la pointe du développement dans son pays. Il n’y a pas plus observatrice que la femme, il n’y a pas plus conseillère que la femme, et il n’y a pas plus crédible que la femme. Donc je voudrais tellement que la femme centrafricaine aime son pays, car le développement de la Centrafrique ne viendra que par la femme.

Faites-vous allusion à la Présidente Catherine Samba-Panza ?

Je suis très fière de l’élection de la Présidente actuelle d’autant plus que c’estune  femme et croyez moi, gérer un pays dans une phase aussi critique que celle que nous connaissons actuellement n’est pas facile et cette responsabilité incombe de surcroit à une femme.

Auriez-vous des ambitions politiques visant à changer la donne actuelle ?

Oui, j’ai des ambitions politiques. J’en parlerai davantage le moment opportun car j’ai compris que la femme doit être avant-gardiste, qu’elle prenne le devant du développement. La voix de la femme doit être prise en compte dans les grandes décisions qui engagent son pays. Qu’aucune femme centrafricaine n’ait crainte de s’engager politiquement parce que le développement de la Centrafrique passe incontestablement par la femme.

Quelle femme africaine vous inspire au quotidien ?

La fille du Président Dos Santos de l’Angola.

Madame Félicité Ko-ngana je vous remercie.

Je vous remercie aussi

 

Propos recueillis par Johnny Yannick Nalimo

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