Interview Idylle Mamba : «Maintenant que Mme Samba-Panza est là… Il est temps de baisser les armes…pour la soutenir»

A peine une semaine passée après son duo pour la paix en Centrafrique avec le chanteur sénégalais Youssou Ndour, Idylle Mamba, l’étoile montante du « jazz » et du folklore centrafricain appel ses compatriotes à s’unir pour la réussite de la transition présidée par Catherine Samba-Panza.

mambaKangbi Ndara (KN): Bonjour Idylle Mamba. Vous venez d’enregistrer une chanson dédiée à la paix en Centrafrique avec le chanteur sénégalais Youssou Ndour. Pensez-vous qu’elle atteindra son objectif ?

Idylle Mamba (IM): Bonjour et tous mes vœux 2014 à tous les centrafricains qui lisent cet article. Je pense que, si Youssou Ndour  a eu cette idée d’initier ce projet c’est tout d’abord pour les centrafricains. Et, on espère vraiment, vraiment, vraiment mettre le paquet sur la promotion de cette chanson  au niveau de Bangui et dans les provinces pour qu’elle puisse atteindre les centrafricains. Le but principal c’est que cette chanson  arrive dans les oreilles des centrafricains. Donc, on espère vraiment qu’ils vont l’écouter et qu’elle pourra changer quelques choses.

KN : Que dit substantiellement cette chanson ?

IM : Déjà si vous remarquez bien, Youssou Ndour est un musulman et que je suis chrétienne. Donc, on veut à travers cette chanson dire au centrafricain qu’il soit musulman ou chrétien qu’on peut vivre ensemble, qu’on peut s’unir et qu’on peut ensemble bâtir notre pays. Personne ne viendra le faire à notre place, et on a besoin de tout le monde. La terre appartient à tout le monde, qu’on soit musulman ou chrétien. La religion, je vais reprendre les mots du grand frère (elle parle de Youssou Ndour) «  la religion n’est pas un obstacle, c’est plutôt une richesse »  donc il faut qu’on apprenne à vivre avec cette différence là.

KN : Le morceau se vend déjà sur le marché ?

IM : La chanson n’est pas encore sortie (rires) elle est encore au mixage, mastering, et c’est presqu’à la fin. Je viens à peine d’avoir le réalisateur du clip au téléphone qui me dit que d’’ici demain une première version va être prête et ainsi que la chanson. Donc, je pense qu’avant la fin de cette semaine on va avoir le produit fini.

KN : Comment appréciez-vous les chaotiques situations sécuritaires et humanitaires de la République centrafricaine.

IM : Déplorables

KN : Youssou Ndour se dit prêt à aller en Centrafrique pour chanter en faveur de la paix, avez-vous un projet dans ce sens, vous qui avez la Centrafrique dans le sang ?

Il a initié ce projet et je pense que je serai avec lui jusqu’à la fin  de ce projet. S’il est question qu’on se déplace pour aller en Centrafrique rencontrer les différents membres de ces religions là ou pour parler au centrafricains je suis prête à le faire.

KN : Vous êtes femme, aujourd’hui la Centrafrique est présidée par une femme, croyez-vous que l’actuelle présidente centrafricaine saura ramener la paix et la cohésion sociale après plus de 10 mois d’instabilité générale ?

Il faut qu’on soit bien d’accord là-dessus. Moi je suis artiste apolitique. Ce n’est pas par ce que c’est une femme que je dois me réjouir même si c’est une bonne chose, je l’avoue (rires prolongé), je l’avoue par ce qu’en fait c’est par là qu’on voit le changement. Et je suis très fier de la Centrafrique en générale par ce que c’est déjà trop gros en fait. J’ai toujours dis que j’ai juste envie qu’un digne fils ou fille de ce pays puisse le prendre en main. Maintenant que Mme Samba-Panza est là, la place n’est plus à la polémique. Ce qu’il faut faire tout de suite en urgence c’est de la soutenir, tous derrière elle pour lui donner la force nécessaire, le courage nécessaire pour l’aider par ce qu’elle à besoin de tout le monde. Ce n’est pas à elle, elle n’a pas un bâton magique ou elle va tourner en l’air et que tout se règle, non. C’est à chaque centrafricain de prendre conscience de la gravité de ce qui se passe chez nous, de prendre du recul sur ce qui se passe depuis un moment déjà, et de  se dire  aussi qu’il est temps d’arrêter. Il est temps de baisser les armes, il est temps de se réunir. Tous derrière elle pour la soutenir pour un retour de la paix dans notre pays.

KN : Qu’aimeriez-vous changer pour que tout aille pour le mieux en République centrafricaine en ces temps critiques et difficiles à supporter.

Mon Dieu ! Mon Dieu ! Beh, imaginez-vous ! Si j’avais seulement une baguette magique, je changerai tout en pain (rires). Je changerai tout en Centrafrique. Je ferai de sorte qu’il n’y aura plus de guerre et plus de souffrance.

KN : Un mot à lancer pour calmer les esprits enflammés en Centrafrique ?

 

Que les centrafricains changent de mentalité. Je le dis par ce qu’il y a un gros problème chez nous. Le problème qui se passe chez nous c’est de notre faute à tous. C’est à cause de nous qu’il y a cette histoire en ce moment. Qu’on soit de la diaspora ou du terroir c’est à cause de nous. Il faut que les centrafricains changent de la mentalité. Qu’ils se donnent de la considération en refusant de se manipuler. Qu’ils soient des décideurs, des leaders. Musulmans et chrétiens on a toujours vécu en paix continuons à vivre cette paix là ! Il faut qu’on prenne notre avenir en main, et l’avenir c’est la jeunesse. Comme je vous vois (elle parle de notre journaliste) je suis hyper heureuse. Quand je voyage je rencontre des jeunes centrafricains qui ont leurs diplômes, hyper dynamiques et qui ont juste envie de rentrer chez eux mais ils considèrent qu’ils n’ont plus de pays. C’est triste franchement, rendons-leur ce pays.

 

JYN : Idylle MAMBA, je vous remercie

IM : C’est moi qui vous remercie

Propos recueillis par Johnny Yannick Nalimo

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