Islamisation de la RCA : Djotodia dément avoir écrit à l’OCI

Le Président de transition en Centrafrique, Michel Djotodia nie avoir rédigé une correspondance à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). Il a fait ce démentie le 27 mai lors de sa rencontre avec les responsables religieux centrafricains. Les propos de Djotodia ne persuadent pas de nombreux centrafricains.

djotodiaCe 27 mai 2013 devant les responsables religieux de Centrafrique Michel Djotodia réfute en bloc qu’il n’est pas l’auteur de la correspondance, d’islamisation de la République Centrafricaine portant sa signature, adressée à l’Organisation de la Conférence Islamique. C’est au cours d’une rencontre qu’il a lui même  convoqué au palais de la Renaissance à Bangui.
Pour le Président de la transition centrafricaine, cette correspondance, dont il ne sait rien de la provenance, est multipliée et distribuée sur l’ensemble du pays par des « agents de la peur » qui son selon lui des enfants du Diable. « Satan est le père du mensonge et la Bible dit qu’on reconnait un arbre par ces fruits (ndlr : l’arbre qui ne produit pas de bons fruit sera coupé et jeté au feu poursuit le même verset dans le l’évangile de Luc)», cite le Président Djotodia.  Il a aussi porté à la connaissance des religieux que l’OCI affirme ne pas avoir accusé réception d’un tel courrier.


Ce démentie ne convainc pas certains religieux présents à cette rencontre. Sur les ondes de Radio Ndeke Luka hier et ce matin 28 mai, le pasteur Nicolas Guerekoya considère les arguments de défense du Président Djotodia simplement par ce qu’il « a prit Dieu, le peuple centrafricain et les responsables religieux à témoin. Le Chef de l’Etat, lorsqu’on lui prête cette intention d’islamiser le pays, cela ne peut que nous inquiéter».


De nombreux centrafricains interrogés par Kangbi-ndara.net à Bangui sur ce démentie trouvent discordant les arguments du Chef de l’Etat. « Je ne crois pas un mot de ce qui vient d’être dit par le Président Djotodia. Depuis qu’il est au pouvoir beaucoup de choses ont changé sur les considérations religieuses. Même s’il n’est pas l’auteur de cette lettre, ce que nous constatons actuellement concorde avec le contenu», dit un éditorialiste centrafricain.  


En effet, depuis la prise du pouvoir le 24 mars 2013 par l’ex coalition rebelle de la Séléka, des tendances islamiques sont apparentes en RCA et entrave à la liberté de culte dans certaines villes de provinces entre autres à Yaloké dans le centre-sud (ndlr : la poussée de la barbe, le port des boubous et sandales. Certains centrafricaines s’efforcent même d’apprendre l’arable). Des tendances qui font remonter à la surface des profondes inquiétudes de la population  chrétienne d’où le crédit accordé à cette fameuse correspondance.


Sans doute, pour parer toutes éventualités à cette question de laïcité montante, un nouveau portefeuille ministériel vient, ce mois de Mai, de voir le jour en République Centrafricaine : le ministère en charge des affaires religieuses…Le pasteur politicien Josué Binoua en est le ministre

 




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