Jamais de « Président Galouti » en Centrafrique ?

Les rumeurs qui courent actuellement à Bangui et dans la diaspora centrafricaine sont politiquement mortelles. Elles révèlent que France par le biais du Tchad serait entrain de torpiller la démocratie en Centrafrique en misant sur le Colonel des Forces Armées Centrafricaines (FACA), Guy Josué Galouti pour succéder à Michel Djotodia. Or, le profil du candidat soutenu par les Champs Elysées est loin d’être celui recherché pour dénouer la crise actuelle.

banguiLa nouvelle d’un complot visant à faire du Colonel des FACA Guy Josué Galouti fait, pour l’heure, la polémique dans le milieu centrafricain. D’après des sources politiques diverses, le Président tchadien Idriss Deby Itno tient mordicus à faire de Guy Josué Galouti, ancien homme de guerre de Michel Djotodia le nouveau locataire du palais de la Renaissance. A la Une du site d’information tchadien Alwihdainfo.com l’on peut-on encore lire ce titre : « Le colonel Galouti, un bon candidat pour la transition ? Le site a pris le soin d’embellir le profil de l’officier centrafricain avec tous les qualificatifs le présentant comme la clef de solution en Centrafrique.

Une source diplomatique révèle que même le Quai D’Orsay opte pour un profilage militaire et que deux noms d’officiers centrafricains tablent encore à Paris pour la décision finale. Le Colonel de l’armée centrafricaine G.J Galouti serait donc celui que le Tchad et la France auraient choisi pour faire face à la brulante et chaotique situation en Centrafrique. Remplirait-il les conditions requises définies par les critères d’éligibilités définis par le Conseil National de Transition ?

Colonel Galouti est pour un militaire centrafricain réfugié dans la province de l’Equateur en République démocratique du Congo « le gendre par excellence de Michel Djotodia ». Le militaire ajoute qu’il était très actif aux côtés de Djotodia pendant que la Séléka massacraient les centrafricains. La même source de souligner qu’un « tel soutien est dangereux ».

La nouvelle de ce projet franco-tchadien indigne  de nombreux centrafricains sur le réseau social Facebook. Les internautes centrafricains voient en Galouti l’ombre de la Séléka. « Le peuple centrafricain veut vivre son choix et non subir le choix d’un tiers » pensent substantiellement un grand nombre de centrafricains contactés ce 16 janvier par Kangbi-ndara via le net. «  Le temps de l’esclavage est révolu…la démocratie doit prôner », se désole Petula Malo, observatrice de la vie politique centrafricaine. Paul Cyriaque Semaporo un centrafricain exilé depuis l’avènement de la Séléka et utilisateur de Facebook use quant à lui de réserve sur la question en disant : « Je préfère ne pas me prononcer et suivre l'évolution du processus d'abord ».

Bida Koyagbélé, leader du Mouvement révolutionnaire des paysans centrafricains dénommé Kité (le défi) dit avoir perçu la sonnerie « Galouti Président » en laissant ouïr : « cela se faisait mais plus maintenant…Deby ne connait pas le peuple centrafricain, il doit apprendre à respecter ce peuple. Peut importe ce qui se trame actuellement, le dernier mot revient pour cette fois au paysan centrafricain ».

Ces rumeurs circulent également aux noms de l’ex mutin centrafricain Anicet Saulet qui brillait de silence quand Séléka massacrait les centrafricains, et de l’ancien coordonateur du projet de Désarmement Démobilisation et Réinsertion Jean Jacques Demafouth, ancien Conseiller de Michel Djotodia en matière de défense, ancien Chef rebelle impliqué dans les massacres puis ministre de la défense quand Jean Pierre Bemba sévissait en Centrafrique en 2001. "Tous ont ni projet ni vision" d'après un internaute centrafricain qui requiert l'anonymat . Ces deux derniers sont aussi cités comme les favoris des Champs Elysées, et c'est parti pour le pilotage à vue qui a tant contribué à détruire la République Centrafricaine.

Il faut signaler que ces nouvelles qui doivent être prises avec des pincettes tombent à moins  de 10 jours avant l’élection du nouveau Chef d’Etat dont les missions seront de mener à bien la transition, restaurer la sécurité sur l’ensemble du territoire et d’organiser les élections en 2015. Le Conseil National de Transition  centrafricain enregistre depuis le 13 janvier 2014 plusieurs candidatures à cet effet. Le CNT s’atèle encore à définir les critères d’éligibilité de ces candidats, véritable tractation.

Johnny Yannick NALIMO

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