La Centrafrique, le futur Vietnam de la France

Le temps des pompiers pyromanes en Centrafrique est révolu. La République Centrafricaine (RCA) ne sera jamais divisée, elle résistera à toute influence négative avec l’appui de ses nouveaux pays amis. Que la« gendarme » de l’Afrique (France) ne se trompe pas sur ce sujet réversif, elle ne doit plus cacher la poussière sous le tapis. En matière des sports, les centrafricains disent toujours que Bangui ne joue qu’à la dernière minute. Cette minute serait-elle arrivée ?

rcaLa nation centrafricaine de par son histoire est composée de paisibles émigrés venant de différents contrés africains. Ces émigrés fuirent les guerres dans leurs pays d’origines et se refugièrent dans les forêts centrafricaines. Ils devinrent par la force du temps de puissants résistants qui repoussèrent l’impérialisme européen d’abord par une résistance passive ensuite par une désobéissance civile et enfin par une insurrection populaire qu’ils baptisèrent KONGO WARA (la guerre des machettes et des Houes) datant de 1928 à 1932. Cet acte de bravoure indigène dont la métropole place soigneusement dans le tiroir des oubliettes, pour ne jamais remonter à la surface la victoire du peuple noir sur les colons, risque de tempêter de nouveau si l’ancienne sujette des allemands (France) s’entête à embêter davantage la Centrafrique à cause de son pétrole.

Pourquoi cette crise aux facettes multiples perdure-telle ? Qu’expliquerait le fait que certaines volontés tardent-elles à se manifester pour soutenir la France en dehors de la force panafricaine de la MISCA ? Que se passera-t-il si jamais les islamistes de la Séléka font appel à des groupes terroristes du continent pour fracturer la Centrafrique et la pousser vers la sécession ?

Il n’est certainement pas question de se recueillir des jours sur la tombe d’Osiris en Egypte pour comprendre et lire la crise centrafricaine. La France fait tant faire la bouche en cul de poule dans ses anciennes colonies et elle se retrouve le plus souvent dans des bourbiers. La sauce du « chaos »  qu’elle préparait était consommée et digérée par la classe civilisée centrafricaine mais les paysans ne l’avaient pas digéré et ils y ont craché la merde par la résistance des « machettes et gris-gris ». Si la crise perdure ou se complique en évoluant sous plusieurs noms, c’est probablement une stratégie de l’ancienne colonie allemande visant à gagner du temps (laisser pourrir la situation) afin de rendre caduc le contrat d’exploitation pétrolier signé entre la République Centrafricaine et la Chine sous le règne Bozizé. Plus la crise durera mieux ce serait pour tous ceux qui sont contre l’exploitation du pétrole centrafricain. Deux années sont presque écoulées sur les quatre fixant l’expiration du contrat chinois.La France n’aura donc rien à perdre contrairement à la Chine qui n’attend que le retour de la paix et de la sécurité pour poursuivre les travaux sur le terrain. Dans un tel projet, il est malicieux de mettre hors du terrain de jeu les principaux acteurs politiques centrafricains et confier le pouvoir à des béni-oui-oui avec qui la France renégociera le pourcentage du pétrole à son avantage. En écartant les politiques et l’armée, il devient difficile de trouver une solution politique à la crise. Beaucoup s’interrogent sur la passivité voir l’indifférence de la communauté internationale à déployer des moyens logistiques et humains conséquents soit pour contrecarrer la France soit pour protéger la population prise en otage dans une crise aux différentes connotations.

A la lecture simple, les multinationales semblent avoir marre des fourberies de la politique rétrograde française. Elles ne voudraient plus se salir les mains en défaisant la couche du « bébé » France remplie de matières fécales. La communauté internationale avait pris des positions en s’alignant derrière Nicolas Sarkozy pour noyer politiquement Laurent Gbagbo. En conséquence, du sang ivoirien s’était considérablement versé. La même manipulation s’est ressurgie dans la majeure partie du Maghreb avec le printemps arabe (parfum du jasmin). La Libye en souffre encore ; et les conséquences de ces soutiens interpellent encore les alliés. Aujourd’hui, Hollande accepte que des mercenaires étrangers créés un climat d’instabilité générale en Centrafrique sur fond de question d’intérêts égoïste. Dépassé par la tournure des évènements, il se voit obliger de faire le pied de grue devant les portes de l’Union Européenne et des Nations Unies pour non seulement solliciter de l’aide internationale mais pour s’offrir une couverture juridique. Seule l’Union Européenne peut répondre à l’appel français mais les réactions de Ban Ki-Moon permettraient de déduire que les Nations Unies ne seraient pas d’accord avec la France. Si l’ONU intervient en Centrafrique, ce serait indubitablement par souci de la population et non pour appuyer le Quai D’Orsay à accoucher sa puérile et sanguinolente politique. D’ailleurs, qui aurait instruit la Séléka à opter pour la sécession en cas d’échec politique ?

La France répondrait certainement par la négative à cette interrogation mais les faits ne mentent pas. Les centrafricains perçoivent avec lucidité chacun des gestes et mots de la France en faveur ou défaveur de la paix dans leur pays. Même le petit paysan centrafricain sait que les Champs Elysées ont laissé faire la Séléka ; l’aveugle centrafricain a vu Paris doté les antis balaka contre la Séléka en arme; le sourd de Bangui a entendu Sangaris tenir des promesses de protection aux milices d’autodéfenses ; le centrafricain le plus démuni de connaissance serait à mesure de s’interroger : que vise la France dans toutes ces péripéties?

Attention ! Quand le paysan centrafricain parvient à faire une analyse et qu’il déduit par lui-même qu’il a été victime de manipulation, c’est alors en ce moment que ses génies de résistants ensommeillés se réveillent et le pousse à l’action ! La réaction des antis balaka face à la cruauté Séléka en est une belle illustration.Le projet de la division de la Centrafrique serait le bouton déclencheur d’un mouvement populaire de tous les résistants de Centrafrique. Une poche de résistance sied présentement dans l’Est centrafricain. La guerre de KONGO WARA II serait inévitable.

Tous les indices d’une amplification  de la situation présentement très grave sont apparents. Plusieurs factions rebelles sont en formations en Centrafrique pour des objectifs inconnus. Certains officiers de l’armée centrafricaine échappant au contrôle des autorités depuis la prise du pouvoir par la Séléka en mars dernier recrutent des jeunes dans des villages pour des causes classées top secrets. Certains pays africains qui digèrent mal la politique suicidaire de la française comme le Rwanda, le Zimbabwe, la Mozambique, l’Afrique du Sud, une poignée des pays de l’Europe de l’Est et même certains pays amis de la France se disent officieusement prêts à miser gros pour le retour durable de la paix dans la laïque et indivisible Centrafrique.

De l’autre côté, la Séléka se réorganise à Cotonou au Bénin depuis l’après démission de Michel Djotodia le 10 janvier 2014. Les leaders de la Séléka établissent présentement un pont entre Cotonou et Niamey dans le but de reconquête du pouvoir ou de la sécession. Des rumeurs racontent qu’une armée de 40 milles hommes serait basée à SIDO, la ville frontalière entre la RCA et le Tchad pour soutenir le projet sécessionniste. Le mouvement terroriste islamiste BOKO HARAM déclare sur internet la guerre aux antis balaka pour venger leurs frères musulmans tués en Centrafrique. Qu’est ce qui manque pour ne pas percevoir la silhouette d’une guerre sanglante en Centrafrique au moment où certains croient encore à un miracle politique qu’opérera l’actuelle Présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza ?  La République centrafricaine risquerait suivant ce schéma de sombrer dans un conflit qui va la permettre au finish (grâce à l’appui des tiers) de se libérer du joug français au point qu’elle deviendrait  le Vietnam de la France. La minute de jeu de Bangui serait-elle donc arrivée ?

Il n’est pas encore trop tard, le tout est encore inévitable si seulement chacun des tenants et des aboutissants de cette crise révisent leurs stratégies afin de ne pas franchir le point de non retour. Quand à la Centrafrique, elle doit faire recours à son nationalisme pour trouver la bonne solution afin de garantir  un avenir radieux pour ses filles et fils qui  se frapperont la poitrine non pas par ce que leurs parents ne se sont pas laissés emporter mais qu’ils ont su se protéger et le territoire et des richesses qui sont les leurs.

Johnny Yannick NALIMO

 

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