Centrafrique : la Minusca fait du transport clandestin des Séléka

Le cantonnement des combattants suppose que l’exécutif a les moyens de les entretenir. Les ex-Séléka sont contraints au cantonnement sans lendemain. Ils moisissent dans les camps de fortune. Dès qu’ils manifestent leur mécontentement, l’exécutif paniqué, propose un palliatif. La RCA devient la République du provisoire. Une décision prise est vite suspendue de manière diarrhéique. Et donc l’exécutif de la transition vogue au gré des caprices des combattants. La communauté internationale ayant opté pour la prolongation de la transition, alors les élections ne sont plus pour 2015. A qui profitera l’éternel report des élections ? En tout état de cause, l’exécutif de la transition n’existe que de nom.

minuscaLes anti-balaka avaient raison de demander la démission de la présidente de la transition. L’Ambassadeur de France et Sangaris sont sur tous les fronts, malheureusement, le pire est toujours à redouter. Déplacer un problème, n’est pas le résoudre. C’est ce à quoi nous assistons depuis l’irruption de Sangaris dans la crise centrafricaine. Là où Sangaris passe, les massacres abondent. Sangaris attisent la flamme de la haine entre les uns et les autres, exactement comme la France a fait au Rwanda. La Minusca ne joue qu’un rôle secondaire, au service des forces françaises qui veulent maintenir aussi longtemps la crise centrafricaine, on ne sait pour quoi. Les français nous fatiguent avec leur ingérence intempestive et criminelle, voire génocidaire. Aider un peuple ne veut pas dire l’assommer, l’enfoncer davantage, le crucifier. La situation au Mali était bien plus grave qu’en RCA, pourtant la France a aidé l’armée malienne en déconfiture comme en RCA, à briser l’étau des terroristes islamiques. Pourquoi Sangaris d’un côté, s’oppose au réarmement des FACA et de l’autre, assiste sans réagir aux tueries et aux carnages. Quand anti-balaka ou les Séléka sortent dans la rue, c’est pour tuer au vu et au su de Sangaris, où allons-nous ?

L’Allemagne et le japon ont une armée. A quel jeu joue la France en s’opposant au réarmement des FACA ? Est-ce une déclaration de guerre ? A quand la fin de cette crise qui n’a que trop duré ? Malheureusement, la capacité de compréhension des ex-combattants de la Séléka que des Anti-Balaka est telle qu’ils se laissent facilement entrainer dans ce cycle infernal. L’exécutif de la transition étant ce qu’il est, l’impasse est totale et les têtes continuent de tomber, tant à Bangui que dans les provinces. L’exécutif est blotti dans sa tour d’ivoire à la présidence et à la primature. Charles Malinas, Ambassadeur de France est le gouverneur du pays. C’est lui qui est au four et au moulin en lieu et place de l’exécutif. N’est-ce pas une démission de fait, puisque c’est l’Ambassadeur de France qui joue le rôle de l’exécutif.

L’Etat-major d’une armée nationale convient aux fantassins, c’est-à-dire des officiers de terrain. En promenant notre micro au sein des hommes de rang, ils ne cachent pas leur amertume quant à la prestation de l’Etat-major général des armées. Selon les hommes de rang, il n’a jamais occupé un poste opérationnel, « c’est un bureaucrate » et non un « fantassin ». Et donc, le « groupe d’intervention rapide » risque de ne jamais voir le jour. Il y a eu jusqu’à la date d’aujourd’hui, qu’un effet d’annonce de la présidente de transition. Selon toujours les hommes de rang, « il y a embargo sur les armes et non sur l’armée centrafricaine, les FACA. C’est aux Nations-Unies de gérer ce dossier. Pourquoi la France qui ne fait pas partie de la Minusca, a pris personnellement à cœur de s’opposer par la force à tout réarmement des FACA ? » C’est le sentiment des hommes de rang, des forces armées centrafricaines (FACA). Si seulement la RCA avait des hommes politiques et une société civile comme au Burkina-Faso, cette crise larvée s’arrêterait en un quart de tour. Le Burkina-Faso n’est-elle pas un pays francophone ? Nous ne regretterons jamais assez le feu président Patassé. C’est le seul après Bokassa à dire non aux français et à les chasser du pays : « Nous ne tendons pas la main de mendiant ». Un autre Patassé surgira un de ces quatre matins pour graver l’indépendance de la RCA dans du marbre. Cette Independence ne sera plus variable, ni convertible en coq gaulois, comme c’est le cas aujourd’hui. Les FACA doivent reprendre leurs activités pour arrêter les massacres. Le Rwanda a claqué la porte de la francophonie, ne se développe-t-il pas ? La Guinée de Sekoutouré a-t-elle disparu de la carte du monde en disant non aux français ? La RCA seule demeure la République des valets de la France, même pour être élu, les leaders des partis politiques ne comptent pas sur le peuple centrafricain, mais sur la France qui les désigne et les impose en lieu et place des scrutins démocratiques. Ils n’en ont jamais honte. Cette faiblesse, ce complexe d’infériorité laisse le champ libre au coq gaulois, dommage !

Par Julien BELA, publié par centrafrique news express

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