La laïcité de l’Etat en ballotage !

La nomination du pasteur Josué Binoua aura été de beaucoup dans la croisade de mise au point qui a absorbé Michel Djotodia toute une semaine laborieuse de rencontres. On l’a vu, tour à tour, parlementer avec les leaders des églises protestantes, le Nonce apostolique représentant le Vatican en Centrafrique et pas plus tard qu’il y a quelques jours, les imams.

lolLa barque de la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans a pris de l’eau de toute part. Djotodia l’aurait sauvé dès le début s’il avait la maîtrise de la chaine de commandement de la Seleka. Il aurait dû éviter le naufrage s’il n’avait pas observé le mutisme assourdissant au sujet de sa fameuse lettre du 17 avril 2012 adressée à l’Organisation de la Conférence Islamique.

Hélas ! Avec le coaching du pasteur Binoua, il arrive tardivement comme des carabiniers pendant que le cancer s’est manifestement métastasé. Il a beau être convainquant, mais très peu de Centrafricains ont cru à son engagement de garantir la laïcité de l’Etat.

Bien entendu, la réalité en elle-même ne plaide pas en faveur de la sincérité du discours de Djotodia quelque peu biscornu.  D’un côté il dit, de l’autre, les lieux de culte chrétiens sont attaqués par les éléments de la Seleka. Que dire des nominations qui pulvérisent dans la quasi-totalité de l’appareil de l’Etat des noms à consonance coreligionnaires ?  Dans tous les cas, le président de la transition n’a pas convaincu et la question de la laïcité de l’Etat demeure pendante. Le grain de la haine religieuse est mis en terre, le temps de germer, il pourra, tôt ou tard saper les fondements de la séculaire convivialité de destin qui a, de tout temps, caractérisé les communautés religieuses en Centrafrique.

A moins que cesse franchement, les exactions contre les intérêts chrétiens dans lesquels il y a tout comme le dit le président dans une de ses interviews au Nouvel Observateur et que la contrition s’accompagne de réparation. Ce n’est qu’à ce prix que l’absolution dont il est demandeur de la part du peuple centrafricain, pourra lui être accordée afin que la réconciliation soit totale. De là à avaler, telle une couleuvre les engagements du président, il faut parfois être aussi inconsistant avec soi-même pour croire au vocable employé par le président pour exorciser ce mal qu’il a tacitement contribué à faire germer en Centrafrique.


Fleury Koursany

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