La nécessité de se réconcilier en République centrafricaine par Jérémie Doui WAWAYE

Le 23 janvier 2011 la République centrafricaine (RCA), encore appelée la Centrafrique, a organisé une élection couplée : présidentielle et législative.  Le candidat à sa propre succession, Monsieur François Bozizé, a été déclaré élu dès le résultat du premier tour avec 64% des suffrages exprimés le 12 février  par la Cour constitutionnelle après rapport de la Commission  électorale indépendante (CEI). L’élection en question a été  l’une des plus controversées de l’histoire de la RCA tant dans son organisation que dans ses résultats.  L’opposition a connu une défaite très humiliante et en présidentielle et en  législative. En présidentielle aucun opposant n’a approché les 3% hormis le candidat Ange Félix Patassé qui a recueilli près de 20%.  Aux législatives, le parti au pouvoir le Kwa Na Kwa (KNK) a recueilli une majorité très écrasante : 103 des 105 sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale, chambre unique de représentation nationale.

268565_188320447977494_400141317_nPour marquer davantage l’humiliation de l’opposition, le président élu fixe son investiture au 15 mars 2011, date anniversaire par laquelle il s’est emparé du pouvoir par coup d’Etat le 15 mars 2003. L’opposition, à l’issue de cette joute électorale, devient objet de risée. Les slogans propagandistes empruntés à la langue nationale le sango redeviennent des propos railleurs à l’égard de l’opposition.  Tel ce fameux Bada wa la a kpa ? (Quel est cet écureuil qui pourrait se mesurer à… ?)  ou encore Soro ala ni a yeke na ndowa (Où est-elle donc votre importance dont vous vous prévalez).

Ces élections de 2011 marquèrent donc un début d’une crise sans précédent dans toutes les couches socio-politiques et militaires en RCA. D’un côté, les leaders de l’opposition s’étaient décidés à créer un front pour l’annulation et la reprise des élections (FARE) afin de poursuivre leurs actes de contestations des résultats des élections. Avec ce front, ils visaient à obtenir la dissolution de la CEI et sa recomposition, sensibiliser et mobiliser l’ensemble de la population en vue d’atteindre ces objectifs. De l’autre côté, l’opinion de la population elle même hésite à soutenir les actions du FARE car d’une part François Bozizé est un « soldat-Président », celui-là même qui a renversé  par coup d’Etat les institutions en 2003. Disposant, en tant que chef d’Etat, de puissants moyens matériels, financiers et militaires, il est à même capable de mater toute sédition. D’autre part, ces élections, maintes fois reportées en 2010, faisaient suite au dialogue politique inclusif de 2008 qui a vu se réunir autour d’une table le pouvoir de François Bozizé et le groupe rebelle APRD (armée populaire pour la restauration de la République et la démocratie) dont le chef fut Jean Jacques Demafouth, avocat de profession mais dont l’obsession pour le pouvoir l’a poussé à devenir chef rebelle.  Il a donc formé sa rébellion au lendemain des élections de 2005. Son groupe sévissait dans tout l’Ouest de la RCA et affaiblissait les actions du gouvernement à l’intérieur du territoire de la RCA. Il a fallu ce dialogue pour mettre un terme aux hostilités et aux exactions contre les populations civiles. Il fut même nommé président de la commission du désarmement de la démobilisation des ex  combattants. Le peuple était déjà accablé par les mouvements rebelles. Il se trouva donc pris en otage entre soutenir le FARE et s’attendre aux réactions épidermiques du Président investi François Bozizé ou bien accepter celui-ci comme son Président et s’attendre à un éventuel mouvement de rébellion.

Juridiquement, quel que soit son défaut, quelles que soient les conditions favorables ou difficiles par lesquelles elles ont été organisées, les élections accordent la légitimité au candidat élu. Et selon les dispositions de la Constitution, ce fut le deuxième et dernier mandat de cinq ans accordé à François Bozizé. Les prochaines élections devraient donc avoir lieu en 2016. Donc politiquement, François Bozizé devrait se retirer de la vie politique à l’expiration de son mandat à lui accordé  par les élections de 2011.

Or, durant son premier mandant, François Bozizé éprouvait de sérieuse difficulté à contrôler l’ensemble du territoire centrafricain. La RCA était devenue un pays à la croisée des trafics, un « Etat fragile » en quelque sorte. La porosité des frontières a servi de bastion aux différents groupes armés rebelles des pays voisins. A l’Est Joseph Kony occupe toute la région comme base arrière de sa rébellion  l’Armée de résistance du Seigneur qui opère entre l’Ouganda et le Soudan. Au Nord, Baba Laddé utilise toute la région comme base de sa rébellion contre le pouvoir de Ndjamena au Tchad, le front populaire pour le redressement.

Au fait, le Nord-Ouest de la RCA est une région à forte densité démographique qui abrite plus d’un million des 4.216.666 d’habitants que compte la RCA. Elle a toujours abrité des bases de rébellion. C’est d’ailleurs dans cette localité que François Bozizé a ramassé les armes pour descendre renverser le pouvoir qui siège à la capitale, Bangui, au Sud en 2003.

Après le dialogue politique inclusif de 2008, des mouvements armés se sont à nouveau reconstitués dans cette région.  Il s’agissait des mécontents du dialogue politique inclusif notamment  des ex combattants rebelles démobilisés mais non désarmés. Ils croient en leur légitimité en procédant à une sorte de sous administration territoriale au Nord car ils protègent la population  locale contre les agissements criminels des bandits et des braconniers palliant ainsi à l’absence de l’autorité de l’Etat. Entre 2008 et 2011, l’action de ces hommes armés était considérée par le pouvoir central comme un acte de délinquance classique.

La vive réaction de François Bozizé cherchant à éviter la constitution de véritables rébellions va amener les parties au dialogue politique inclusif à dire que François Bozizé a violé les accords dudit dialogue.  En l’espace de quelques mois seulement des forces armées non étatiques vont pulluler à savoir : le FUC ( Front Uni pour le Changement)  dirigé par Mahamat Nour Abdelkerin, le FDPC (Front Démocratique du Peuple Centrafricain) à sa tête le général Abdoulaye Miskine de son vrai nom Martin Koumtamadji, le GAPLC (Groupe d’Action Patriotique de Libération de Centrafrique) de Michel Djotodia, le MLCJ (Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice)  dirigé par Abakar Sabone, le MPRC (Mouvement Patriotique pour la Restauration de la République Centrafricaine), le FDC (Front Démocratique Centrafricaine) dirigé par Justin Hassane et la CPJP (Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix) dont le principal représentant est Abdoulaye Issene mais le leader du groupe  fut le disparu Charles Massi. Le GAPLC (Groupe d’Action Patriotique pour la Libération de Centrafrique) dirigé également par Michel Djotodia, du MLCJ (Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice) dont le Chef est Abakar Sabone opèrent beaucoup plus au Nord-Est de la RCA, limitrophe du Darfour et de l’Est du Tchad. Pour radicaliser leur mécontentement contre la gestion douteuse de François Bozizé les différents mouvements rebelles vont se coaliser en août 2012 formant ainsi une alliance : la « Seleka ».

Cette coalition de groupes armés est une alliance de circonstances improbable et hétérogène, sans aucune vision politique, sans aucun projet de société. Michel Djotodia a réussi à  fédérer autour de sa personne tous les combattants qui constituent le socle de la coalition armée. Il s’agit surtout de  Noureddine Adam et Moussa Dhaffane, respectivement dirigeants de la dissidence de la CPJP et de la Convention patriotique du salut du Kodro (CPSK). Ensuite, un grand nombre d’anciens « libérateurs », qui ont porté Bozizé au pouvoir en 2003, sont venus gonfler les rangs de la rébellion. Parmi eux, certains éléments de la garde présidentielle déclarent ouvertement avoir fait volte-face.Outre cette base combattante, les membres et les soutiens de la Seleka comptent des opérateurs économiques mécontents : les collecteurs de diamants. Par ailleurs, la coalition séléka  a été le fait d’anciens dignitaires tombés en disgrâce de François Bozizé et qui cherchent à se venger ou à retrouver leur place sur l’échiquier politique. L’illustration est l’ancien ministre de la justice Monsieur Firmin Feindizo.  La Seleka est donc une coalition très hétérogène de combattants centrafricains et étrangers dont le seul point commun est d’être majoritairement musulmans.

Cette coalition qui se voulait au départ corporatiste afin de faire contre poids à François Bozizé a été tout de suite récupéré par des islamistes sans foi ni loi et a fortement eu le soutien du Tchad voisin de la RCA. C’est pourquoi ils s’en sont pris aux structures chrétiennes : écoles, hôpitaux, dispensaires, églises, lieux de culte protestant…et ce, au tout le long de leur progression vers la capitale. Ils choisissent toujours les jours de sollenité et les moments de fête chrétienne pour accentuer leurs attaques. C’est le début de l’islamisation forcée de la RCA. Or, au départ,  l’islamisation a été secrète par le fait que les jeunes chrétiens qui ont été enrôlés de gré ou de force dans la rébellion  ont été obligés de se convertir à l’islam et de porter au cou le chapelet islamique. Ensuite l’islamisation s’est ouvertement manifestée avec la décision des seigneurs de guerre dans les provinces d’interdire l’élevage, la détention et la consommation des porcs ainsi que de la viande boucanée.  Les seigneurs de guerres, qui sont nommés préfets ou sous-préfets, se sont mis à abattre tous les porcs et à punir leurs propriétaires et et les consommateurs.

Les villes et les villages conquis par la séléka sont administrés par des seigneurs de guerres des généraux et colonels  de nationalité tchadienne  qui y font régner la terreur et qui perçoivent les divers impôts et taxes pour leurs comptes personnels. Contrairement à son prédécesseur qui avait organisé son coup d’Etat en en se concentrant que sur la capitale et en laissant intact l’appareil d’Etat qui s’était automatiquement mis à son service sur toute l’étendue du territoire et en limitant le nombre des  morts, la séléka a systématiquement et totalement détruit l’appareil d’Etat, le faible tissu économique, la capitale, les provinces, fait des morts et institutionnalisé les viols et les pillages.  Les bureaux administratifs tels que les tribunaux, les mairies, les préfectures, les commissariats, les services de cadastres sont saccagés faisant perdre de dossiers : actes de naissance, procès verbaux, titres fonciers, bulletins scolaires, diplôme, etc. Les villages et villes qu’ils gagnent au fur et à mesure de leur offensive sont dévastés. Sans vergogne, les maisons sont détruites, les femmes violées, les enfants enrôlés, les prises d’otage en vue de rançon deviennent une pratique quotidienne.

Pendant ce temps le FARE est incapable de proposer des solutions alternatives et d’y faire adhérer le peuple. Dès l’invasion de la coalition séléka, les leaders d’oppositions constitués dans le FARE  clament leurs  vœux pieux  de retour à la paix et à la sécurité sans proposer des solutions de mise hors d’état  de nuire les  fauteurs de morts, de destructions, de pillages… Rares sont leaders qui s’affichaient publiquement pour dénoncer et plaider pour l’humiliation infligée à la population. Comme le FARE visait plutôt la reprise des élections, c’était l’occasion pour lui de soutenir cette opposition armée afin que François Bozizé « dégage ». C’est ainsi qu’au grand étonnement de l’opinion nationale centrafricaine, le FARE soutient officiellement en janvier 2012 l’offensive de la « séléka ». Ce qui a donné beaucoup plus de crédit à cette rébellion à  renverser François Bozizé le dimanche 24 mars 2012.

Aux clameurs de certains habitants de la capitale, Bangui,  qui ont accompagné le  cortège victorieux de la « séléka » le 24 mars 2012, ont succédé les pillages, les exactions, les bavures et un sentiment anti-séléka très fort dans la capitale centrafricaine. Les biens pillés prennent la direction du Nord ou descendent au km5, localité à forte densité musulmane. Les voitures pillées y sont repeintes au vu et au su de tout le monde. Et, les propriétaires n’osent même pas les revendiquer au risque même de leur vie. Par ailleurs, la majeure partie des éléments de la séléka ne s’expriment qu’en arabe. C’est pourquoi est né du coup un sentiment antimusulman.

Michel Djotodjia, Président autoproclamé puis plébiscité par le Parlement de transition a du mal à contrôler ses milices qui n’obéissent qu’à leur chef respectif. Ces milices, au pouvoir, se comportent en rebelles. Ils défient toute hiérarchie. Ils prennent avantage des armes en peur possession pour imposer leurs lois.  En dépit des pillages et des nombreuses exactions qu’ils ont commises sur la population, ils refusent de se faire désarmer. Ces hommes supposés assurer la sécurité des personnes se transforment en leurs bourreaux.  Ils s’arrogent le droit de commettre toutes les exactions. La vie du centrafricain n’a aucun prix.  Les autorités qui voulaient le pouvoir semblent dépassées  par l’ampleur de la violence émaillée surtout par des règlements de compte. Elles admettent que des éléments incontrôlés ont tout de même commis des pillages et des exactions tant à Bangui qu’à l’intérieur de la RCA.

Depuis le 24 mars 2013, quand on rentre en RCA on a la chaire de poule : les villages sont dévastés, des cadavres jonchent les rues sans être inhumés, des orphelines et orphelins pleurent leurs père et mère assassinés, des personnes âgées sont traînées d’un site de regroupement à un autre craignant de mourir, la pénurie d’eau et de nourriture accable les survivants. On a du mal à dresser un bilan en termes de perte de vies humaines, de viols, de pillages, de villages incendiés, de destruction de champs, de violation et spoliation de domiciles privés, des familles illégalement expropriées de leurs maisons qui sont occupées de manière indues par un homme fort ou une bande armée.  Le tissu social a été complètement déchiré. Les valeurs et repères sociaux ont été travestis.

Les exactions commises entre les communautés et l’intervention de la séléka en faveur  des populations musulmanes vont donner naissance à des groupes d’autodéfense chrétiens : les    antibalaka. Antibalaka est une expression sango, langue nationale en RCA, utilisée qui veut dire antimatchettes. C’est un groupe d’autodéfense qui s’est créé d’une manière spontanée pour défendre les populations  chrétiennes en proie aux exactions de la coalition séléka. Puis le groupe a  eu le soutien des forces armées centrafricaines et de François Bozizé. Ils opèrent en massacrant sur leur chemin tout musulman qu’il soit séléka  ou pas. La violence atteint donc un niveau jamais égalé en RCA.   L’Etat ne semble plus en mesure de faire régner l’ordre. La Force multinationale de l’Afrique centrale déployée par la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale pour aider à sécuriser la RCA est dépassée.

Tellement que la France, maintes fois alertée sur l’embrassement des violences en gestation, les autorités de l’ancienne puissance  finissent par s’offusquer de la recrudescence des conflits en RCA. Elles finissent par laisser clairement présager leur intention de déboulonner les responsables  de ces conglomérats de bandits au pouvoir. Sous l’impulsion de la France, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise le 5 décembre 2013, par résolution 2127 le « déploiement de ma Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) pour une période de 12 mois ». Cette mission a pour objectif de mettre fin à la « faillite totale de l’ordre public, l’absence de l’Etat de droit et les tensions interconfessionnelles ». La MISCA a été appuyé par les forces françaises qui sont autorisées à « prendre toutes les mesures nécessaires ».

A la suite de l’adoption à l’unanimité de la résolution 2127 du Conseil de sécurité des Nations unies, sangaris commence officiellement son opération en RCA dans la nuit du 5 au 6 décembre. Mais la tâche semble irréaliste dans un pays surarmé. Le calme est loin d’être revenu dans la capitale Bangui. La majeure partie des séléka se sont réfugiées dans les casernes et restent armées. Quant aux antibalaka, même si on leur enlève les kalachnikovs, ils continuent à se battre à la machette.

Alors, comment une société humaine, telle celle de la RCA, meurtrie, mortifiée, opprimée, accablée par l’insécurité chronique, mais pas détruite, peut-elle repartir ?

En l’espèce, la RCA est un petit Etat enclavé situé au cœur du continent africain comme l’indique son nom. Elle est presque sans intérêt pour la Communauté internationale car c’est un Etat qui a à peine 5 millions d’habitants sur une superficie de près de 623.000 km2.  C’est un pays  où la population vit à peine avec moins d’un dollars ou moins de deux euros par jour. Il est même classé parmi les pays pauvres très endettés (PPTE) par la Banque mondiale.

Aujourd’hui, et plus que jamais, les tensions ne font que s’amplifier : la relation entre voisins est plus  que compromise, c’est tout le monde qui est politicien ; chacun a sa version des choses.  Mais, la grande inconnue : c’est la subjectivité qui prime et qui est adoptée par les uns et les autres.  Les leaders politiques sont totalement absents du côté de  leurs concitoyens  mortifiées voire s’effacent devant la gravité de la situation. Et c’est le peuple qui est donc pris en otage entre les belligérants. Tandis qu’en réalité, c’est en ce moment que les uns et les autres devraient être du côté de l’objectivité et mener une politique de responsabilisation. Et c’est par la « raison » que le vent de la paix va souffler pour de bon sur la RCA, d’une part. Et d’autre part, la responsabilité doit se vivre à tous les niveaux avec une société civile à l’image des hommes politiques et les religieux qui ne donnent pas l’exemple.  En gros, le tableau sombre des enjeux de la fatalité en RCA démontre que tout est à refaire.

Le temps est venu pour les responsables politiques centrafricains de déterminer leur propre responsabilité dans la situation qui arrive en RCA. Ils y gagneront en maturité politique et en crédibilité sur la scène internationale.En dépit de tout, la vraie tendance est à la renaissance de la République centrafricaine.

A regard de tant de drames, d’humiliation et de mépris, le peuple a besoin d’être rassuré. Malheureusement les leaders politiques s’illustrent par le mensonge, la fuite en avant et le déni de la vérité. Ils ont tous perdu du crédit vis-à-vis de leurs propres concitoyens. La réconciliation est donc l’une des missions impossibles.

La rébellion menée par la coalition séléka a ébranlé les fondements de l’unité nationale. La population centrafricaine est sclérosée par le doute. Elle vit dans la peur et la méfiance qui affectent les bonnes relations, naguère entretenues au-delà des clivages politiques, ethniques et religieux. Se réconcilier exige que toutes lumières soient faites sur les responsabilités des uns et des autres dans les pillages, les viols, les tueries, les exactions que le peuple a subis.  Il faut donc  rompre avec la logique de l’impunité et envisager la réparation des torts.

En tout cas, amener le peuple divisé à se réunir serait le préalable au processus de rétablissement de la sécurité.

 

 

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