« La relocalisation…masque à peine les limites de la MISCA et de la Sangaris », dixit Clément De Boutet-M’bamba.

La problématique du regroupement des minorités musulmanes dans le Nord-ouest de la République Centrafricaine fait réagir de nombreux centrafricains dont Clément De Boutet-M'bamba (CBM), politicien centrafricain. Pour CBM regrouper les minorités musulmanes à part fixe les limites de la mission des forces de maintient de la paix en Centrafrique.

Kangbi-ndara (KN) : Bonjour, comment appréciez-vous la conduite politique de la ministre de la Réconciliation nationale Antoinette Montaigne face à l'action humanitaire onusienne visant à la relocaliser les musulmans de Centrafrique dans le Nord-ouest ?

Clement-Boute-MbambaClément De Boutet-M'bamba : c'est plutôt sur la relocalisation qu'il faut porter une appréciation car elle masque à peine les limites de la MISCA et de la SANGARIS. Pourquoi plusieurs mois après le début de ces interventions, elles se réduisent à relocaliser certains Centrafricains, renforçant ainsi le vernis confessionnel que certains se sont  débrouillés à mettre au crédit de cette crise ? Mais mieux encore, c'est sur la navigation à vue des actuelles autorités qu'il faut porter un réquisitoire. Voilà cents jours qu'elles sont là, un seul constat : Djotodia est parti, le chaos s'amplifie et le bal des conjurés continue.

KN : Regrouper les musulmans d'un coté et les chrétiens d'un autre coté ne serait-il pas déjà la partition du pays?

CBM : Amalgames, raccourcis et ignorance ont fait le lit de cette partition. Certains « bienfaisants » pensant bien faire ; la consacre d'une certaine manière. Est-ce un agenda caché, une volonté manifeste ? Toujours est-il que la relocalisation même en dernier recours n'est pas la solution pour ramener la tranquillité dans ce pays. On ne fait que déplacer le centre de gravité du problème.

KN : Que risque la RCA si Antoinette Montaigne fait choux blanc?

CBM : la Réconciliation ne peut pas être l'affaire d'une seule personne. Il s'agit ici d'une dangereuse illusion vendue aux Centrafricains et aux amis de la RCA. Le chantier de la Réconciliation est trop vaste pour réduire son périmètre à un ministère ou à une personne car réconcilier les fils et filles de Centrafrique, c'est assurer la sûreté des personnes et des biens. C'est remettre l'administration et la justice en marche. C'est relancer l'économie, l'école, l’hôpital et l'agriculture. C'est cela la Réconciliation et non organiser des matchs de football, des danses-parties, des prières œcuméniques et que sais-je encore. C'est de l’Échec de la Transition dont il faut s’inquiéter et non de celui d'une personne.

KN : Merci Monsieur Clément de Boutet-M'bamba

CBM : Je vous remercie.

Propos recueillis par Johnny Yannick Nalimo

 

 

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