La visite du pape à Bangui a un secret sur la face cachée de la France

Kangbi-ndara.info / Ce ne sont pas seulement les démons qui combattent la venue su Saint-Père en République centrafricaine, mais aussi certains partenaires au pays de Barthélémy Boganda qui s’agitent. Pendant que les Centrafricaines s’activent pour les préparatifs de la mission papale dans leur pays, les autorités françaises s’agitent pour  informer  l’entourage du Pape pour sa sécurité. Les autorités de la transition tout comme les religieux, tout le monde est déterminé pour que cette visite du Pape ne soit pas une ultime occasion perdue. D’ores et déjà, les choses se concrétisent avec l’arrivée à Bangui du Nonce apostolique du  Pape, Franco COPPOLA pour préparer le terrain malgré l’agitation de la France.

©PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN ; RELIGION - EGLISE CATHOLIQUE - CHRETIEN - PAPE - SAINTETE - FRANCOIS - BERGOGLIO - SAINT SIEGE - VATICAN. Cité du Vatican, Place Saint Pierre, 21 avril 2013. Le Pape argentin François (de son vrai nom Jorge Mario BERGOGLIO), âgé de 76 ans, dans sa papamobile fait le tour des fidèles rassemblés sur la Place Saint Pierre après son audience générale hebdomadaire. PHOTO Alexandre MARCHI.

©PHOTOPQR/L’EST REPUBLICAIN ; RELIGION – EGLISE CATHOLIQUE – CHRETIEN – PAPE – SAINTETE – FRANCOIS – BERGOGLIO – SAINT SIEGE – VATICAN. Cité du Vatican, Place Saint Pierre, 21 avril 2013.
Le Pape argentin François (de son vrai nom Jorge Mario BERGOGLIO), âgé de 76 ans, dans sa papamobile fait le tour des fidèles rassemblés sur la Place Saint Pierre après son audience générale hebdomadaire.
PHOTO Alexandre MARCHI.

Est-ce que le peuple français mérite-il les dirigeants qui le conduisent vers un chemin qu’il ignore? Les autorités françaises, au lieu de se préoccuper du réel problème du peuple français, préfèrent faire la politique d’ingérence dans les affaires des autres peuples. Or la logique veut que l’on respecte les uns et les autres pour garantir la solidarité et l’amitié entre les peuples. En faisant de cette visite pontificale en Centrafrique son affaire, Paris perd de vue que le pays de Barthelemy Boganda est souverain et n’a pas besoin de connaître une ingérence flagrante d’un pays ami dans une affaire intérieure.

Pour mémoire, initialement le président Français François Hollande qui maîtrisait mal l’ampleur de la crise centrafricaine, déclarait qu’avec 450 hommes il pouvait sécuriser la capitale Bangui en 6 jours avant de pacifier les villes de provinces contrôlées par les rebelles de l’ex coalition séléka. Ironie du sort!

A la surprise de la communauté nationale, François Hollande a décidé d’augmenter l’effectif des éléments de l’opération Sangaris à 2.000 hommes. Il n’y a pas longtemps, il a réduit cet effectif malgré la persistance et l’intensification de l’insécurité tant à Bangui qu’en province. Cette décision se justifie par le fait que la France qui est devenue le gendarme de ses anciennes colonies n’a pas les moyens de sa politique.

Il n’est pas superflu de relever le fait que la France qui n’est pas en mesure d’assurer la sécurité du Pape François à Bangui puisse encourager les Centrafricains à aller aux élections groupées qui doivent se dérouler sur un territoire couvrant  623 000 km2. Or , le président français François Hollande et le Secrétaire Général de l’ ONU Ban Ki-Moon s’étaient rendus, successivement à Bangui dans des conditions d’insécurité très tendues, pourtant leur vie n’était jamais menacé dans ces conditions où la tension était encore vive dans la capitale centrafricaine.

Le samedi dernier, le Nonce apostolique  du Pape ayant juridiction sur la République centrafricaine et Tchad, Franco COPPOLA s’est rendu à Bangui pour constater la réalité.  Dans sa démarche du terrain, il a visité, le Palais présidentiel, le Complexe sportif 20000 places (Stade Barthélémy Boganda), la Cathédrale immaculée de Bangui, la Faculté de Théologie de Bangui (FATEB). Pour cette circonstance, le Nonce apostolique Franco COPPOLA est accompagné par les religieuses et autorités centrafricaines.

Malgré l’inquiétude des uns et des autres, le Saint-Père est déterminé à se rendre dans ce pays rongé par les violences intercommunautaires.  Rien ne montre pour le moment que sa visite prévue du 29 au 30 novembre 2015 à Bangui ne soit l’objet d’une probable annulation. Les autorités de la Transition et les responsables religieux ont mis en place des structures qui sont en train de préparer la visite du Saint Père à Bangui. Parmi ces structures, il y a une commission chargée de la sécurité. Cette structure qui est composée de professionnels des armes et d’experts en matière de sécurité a évalué les moyens humains, matériels, logistiques et financiers à mobiliser pour mettre en œuvre en vue de sécuriser les sites qui seront visités par le Pape François.

« Le Pape maintient cette étape et nous nous préparons. Aujourd’hui, je peux dire que les préparatifs vont bon train parce que les gens s’activent de part et d’autres  avec un bon esprit. Que ça soit au niveau du gouvernement, soit au niveau de l’église, nous travaillons main dans la main. Certes, le Pape vient voir un pays pauvre, un pays où les ressources financières manquent cruellement, un pays où les gens sont confrontés à la violence. Le Saint-Père, très soucieux des pauvres, vient manifester sa solidarité » a confié l’Archevêque de Bangui Monseigneur Dieudonné Nzapalayinga.

Contactée sur la question, la Conseillère en politique et communication de l’Ambassadeur de France à Bangui, THIRY Marine nous a fait savoir en ces termes: « A ma connaissance, la France ne s'oppose nullement à la venue du Pape en Centrafrique ». Sur les ondes de Radio Ndeke-Luka, l’Ambassadeur de France à Bangui Charles Malinas a défendu son pays que la France ne peut interdir la visite d’un Chef d’Etat dans un autre Etat.

Les autorités françaises se reprochent-elles quelque chose de cette visite?

Pour répondre d’une manière pertinente à ces questions, il faut examiner la stratégie mise au point par la France pour maintenir la République Centrafricaine dans une situation de dépendance et la coloration religieuse donnée à tort à cette crise intercommunautaire. Il n’est pas normal que la présidente de la Transition Catherine Samba-Panza déclare qu’elle tient à la visite du Pape, qu’elle mobilise les pouvoirs publics pour la réussite de cette visite et que la France fasse un battage médiatique autour de l’incapacité de l’Opération Sangaris, à assurer la sécurité de cet illustre visiteur du Centrafrique. Seuls les Français  sont en mesure de dire aux Centrafricains les raisons cachées qui les agitent. Mais si cette visite du Saint-Père est une occasion pour le peuple centrafricain de découvrir la face cachée de la France dans la crie centrafricaine, que cette illustre visite soit !

Les Centrafricains s’étonnent que les autorités françaises se substituent aux autorités centrafricaines pour s’opposer cette visite du Pape François. Après avoir tenté, sans succès, de dissuader le Pape François à annuler son voyage,  les autorités Françaises utilisent à fond les médiats pour préparer la conscience collective, à une insécurité qu’ils ont entretenue et continuent d’entretenir à dessein. Ce n’est pas surprenant d’assister, juste deux semaines de la date prévue de la venue du Pape en Centrafrique, à un regain de violence dans la ville de Bangui et à l’intérieur du pays.

Certes, la visite du souverain pontife en République centrafricaine, intervient dans une configuration où le climat sécuritaire reste incertain dans le pays. Mais il ne revient pas du droit aux autorités françaises d’en faire leur priorité. Il convient de dire que si cette visite est un lueur d’espoir pour le peuple centrafricain en quête de la paix, les Centrafricains doivent saisir cette opportunité pour trouver une sortie de crise dans leur pays. En ramant contre la volonté populaire, la France ne fait qu’accroitre l’effectif des mécontents et son taux d’impopularité dans ses anciennes colonies, en occurrence la République centrafricaine.    

Eric NGABA

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