l’acmé de la rivalité : Thierry Vianney Mintékoé charme les proches de Touadéra au grand dam de Jean Serge Bokassa

Kangbi-ndara.info/ L’on finira par établir une loi politique selon laquelle, la faiblesse des régimes qui se sont succédé dans ce pays, provient des « Tu me connais » et de tous les thuriféraires qui se tuent à leur faire plaisir, parfois à l’’insu du roi au nom de qui des trafics d’influence sont inutilement orchestrés. Le Tout Puissant Ministre de la Gendarmerie Nationale, Thierry Vianney Mintékoé refuse de se soumettre à Jean Serge Bokassa qui est le seul à siéger en Conseil de Ministres. Et comme « il n’y a jamais de fumée sans feu », ce Général qu’on n’a jamais vu au front, se targue du soutien de Simplice Mathieu Sarandji et de deux proches de Touadéra à la Présidence de la République.

jsbDepuis plusieurs jours, un bras de fer sans merci s’exerce entre le Directeur Général de la Gendarmerie Nationale, le Général Thierry Vianney Mintékoé et son Chef de Département, le Ministre Jean Serge Bokassa. A la base de ce torchon qui brûle entre les deux hommes, une affaire de nominations. Eh les nominations quand vous nous tenez !

En conformité aux textes qui régissent l’administration générale et la Gendarmerie Nationale, les nominations à des postes de responsabilité, en ce qui concerne les Officiers de la Gendarmerie relèvent du pouvoir discrétionnaire du Président de la République sur proposition du Ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire. Seule la nomination des Sous-Officiers relève de la compétence du Directeur Général de la Gendarmerie Nationale, encore faut-il que l’opportunité soit prouvée. 

Il semble que le Directeur Général de la Gendarmerie qui joue le fier d’avoir été dans une école de guerre des Blancs, n’a pas connaissance de ces principes ou tout simplement il a décidé de s’inscrire dans une logique d’indiscipline parce qu’il caresse le rêve de redevenir Ministre de la Sécurité Publique, poste qu’il avait occupé sans briller durant la Transition.

Deux caprices du Général Mintékoé font couler énormément de l’encre. Par note de services, il a procédé à des mouvements des Officiers et Sous-Officiers de la Gendarmerie. Les nouvelles sont parvenues aux oreilles du Chef de Département qui lui a demandé de sursoir à ces mouvements pour les raisons ci-dessus. Premièrement les nominations des Officiers sont de la compétence du Chef de l’Etat.

Quant à celle des Sous-officiers, quoiqu’elle relève de la compétence du Dg de la Gendarmerie, il y a des raisons qui la rendent inopportune entre autres le fait qu’on soit déjà en pleine année scolaire. Il y a aussi le phénomène des non rejoints auquel il faudra s’attaquer. Du côté de la police, des sanctions sont tombées pour frapper les brebis galeuses tandis qu’à la gendarmerie, au lieu sanctionner, on s’agite à nommer et à nommer encore. Enfin, un comité mixte est mis en place pour un contrôle effectif des éléments des Forces de Sécurité Intérieure. Les partenaires tels le PNUD y accordent du prix.

Les multiples injonctions de Jean Serge Bokassa au travers d’un message portées sont restées lettre morte par ce que le Généralissime Thierry Vianney Mintékoé se croit au-dessus de tous. A maintes reprises, le Directeur de Cabinet sortant Etienne BISSA qui est aussi un Général de la Police, lui a adressé des messages portés pour un appel à l’ordre. Les réactions de Mintékoé sont plus que discourtoises. Mintékoé se donne de corriger les messages portés et de les renvoyer au Directeur de Cabinet, car durant la Transition Mintékoé était Ministre de la Sécurité Publique et BISSA était Directeur Général de la Police. Drôle de caractères !

Quant à Jean Serge Bokassa, Thierry Vianney Mintékoé n’entend pas se soumettre à lui pour la simple raison que c’est non seulement un jeune puisque Mintékoé se croit un gérontocrate mais aussi parce que c’est un civil. Il ne peut donc se soumettre qu’à un plus âgé et plus gradé ou plus ancien que lui. Le paradoxe, c’est que Mintékoé affirme se soumettre au Colonel Sélésson, à Ministre Conseiller BIRO, au Premier Ministre Sarandji et à Faustin Archange Toaudéra qui sont certains des civils, d’autres sont moins âgés que lui et le Colonel Sélésson, n’est pas plus gradé que lui.

Du coup, l’on se demande comment est-ce que le Président de la République pourrait tolérer de tels comportements qui relèvent de l’indiscipline. Si Mintékoé ne peut se soumettre à son Ministre, il ne se soumettra jamais à personne. A supposer que tous les Dg décident de faire preuve d’insubordination vis-à-vis de leur Ministres parce qu’ils bénéficient du soutien des proches de Touadéra, l’avenir du pays est gâché.

Sous la Transition, un ancien Dg de la Gendarmerie, le Colonel KIKOBET avait engagé un bras de fer inutile avec son Ministre, le Général SAMBIA pare ce qu’un Conseiller à la Primature lorgnait le Ministère de la Sécurité. Le cas de Mintékoé est extraordinaire. Trois fois de suite, il a occupé les fonctions de Dg de la gendarmerie sous Bozizé, Djotodia et Touadéra aujourd’hui. Et c’est fort de cette logique qu’il fait le rêve de revenir au Ministère de l’Intérieur. N’est-ce pas que « Qui a bu, boira » ?

Paul Morais

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