Lætitia Zonzambé : « La philosophie «Sanza » prend sa source avec ‘’ Yoka Souka’’ »

Kangbi-ndara.info/ Elle n’a rien à prouver artistiquement. Son talent est l’un des meilleurs du continent africain. Lætitia Zonzambé cette étoile rayonnante de la musique centrafricaine berce Montréal avec les douceurs  folkloriques héritées à ses origines lointaines. Lætitia se livre exclusivement à Kangbi-ndara pour parler de son nouvel album et signifier à son pays qu’elle est là, juste à côté, de cœur avec tous les siens.

Lætitia Zonzambé bonjour. Votre nouvel album « Sanza Soul » sorti en Octobre 2017 est déjà disponible en ligne. Pourquoi « Sanza Soul » ?

Le «Sanza » désigne en Sango un vêtement fait de différentes pièces de pagnes. C’est un assemblage harmonieux de plusieurs éléments, dont la force règne dans la différence. Une pièce unique, dont les différentes matières, motifs, couleurs, contribuent  à la mise en valeur des uns et des autres. C’est ce symbole du pagne aux multiples couleurs qui m’a inspiré dans mes nouvelles créations musicales et a nourrit ma démarche artistique. Ainsi, l’album et le spectacle « Sanza soul » sont une quête d’équilibre entre différents  éléments ou influences musicales hérités, empruntés et assimilés au fil du temps: rythmes, mélodies, timbre, phrasés, etc.

Ces chansons combinent chants aux accents traditionnels venus du cœur de l’Afrique (Afrique centrale spécifiquement) et  rythmes et mélodies d’influences diverses ; tel que la soul music, le funk,  la pop et le RnB, qui sont aussi liés à mon histoire personnelle aux influences artistiques mondialisée.

Lien vidéoclip SANZA : https://youtu.be/Kmuu0hzSTiE. Lien vidéo FUKU TI DE : https://youtu.be/4V78azl-Blk 

Votre style de musique a connu des mutations, Cette mutation vers le folklore est-elle un choix personnel ?

Ma musique a toujours eu plusieurs influences, dont les rythmes et mélodies de la république Centrafricaine font parties.

Qu’avez-vous comme activités artistiques pour cet été?

J’ai plusieurs concerts prévus cet été, le tout premier aura lieu le 9 juin au festival les Francos de Montréal. Vous pouvez voir toutes mes dates de concert sur mon site internet : www.laetitiazonzambe.com ou  https://www.facebook.com/Laetitia1.Zonzambe/timeline

Vous semblez aimer Montréal. Vos fans de Centrafrique vous manquent?

Oui j’aime beaucoup Montréal, c’est la ville de tous les festivals en été, de la musique, de la créativité ! J’ai quelques fans en Centrafrique et c’est certain que cela me manque de jouer chez moi. J’ai hâte de pourvoir retrouver le public centrafricain pour un ou des concerts.

La musique centrafricaine a-t-elle plein succès au-delà de ses frontières ?

Je pense que certains artistes centrafricains ont plein succès au-delà de nos frontières car ils sont reconnus par un public diversifié au-delà de nos frontières. La musique centrafricaine quant à elle n’a pas encore plein succès de mon avis au-delà de ses frontières, car elle n’est pas encore reconnue et identifié par un vaste public diversifié à l’international. Elle est certes reconnue et soutenue par la communauté centrafricaine à l’international, mais à très faible échelle, ce qui n’aide pas beaucoup… Je pense que la reconnaissance à l’intérieur de nos frontières et au-delà de nos frontières contribuera à faire le plein succès de notre musique. Bref, tant que nous n’aurons pas d’artistes reconnus et soutenus pleinement dans nos frontières et  au-delà de celles-ci par un vaste public centrafricain et non centrafricain, on ne peut pas dire que la musique centrafricaine a plein succès au-delà de ses frontières.

Que ressentez-vous quand vous suivez les infos de votre pays depuis les cinq dernières années

Je ressens beaucoup d’inquiétudes pour l’avenir de mon pays et celui de nos enfants. La nécessité de mener et de participer à des actions qui vont permettre de construire un avenir meilleur pour le peuple centrafricain.

Quel effet cela vous fait de savoir Bango’s Rap partir en lambeau?

Je ne sais pas ce que vous comprenez de Bangos Rap à travers votre question, mais ce qu’il faut savoir dans un premier temps, c’est que Bangos Rap est le nom d’une compilation rassemblant plusieurs artistes rappeurs centrafricains, dont j’ai fait partie avec mon groupe de rap de l’époque « Duke Clan ». Il existe je crois 2 compilations Bangos rap dont les copies Physiques (CD) et certains groupes ont été produit par le grand frère Benjamin Beloum dans les années 2000. Grâce à lui cette compilation a vu le jour et nous lui en sommes très reconnaissants.

Dans un deuxième temps, les douze groupes de rappeurs faisant partie de la première compilation Bangos rap se sont réunis pour former le collectif  de rappeurs Bangos rap qui porte le nom de la compilation ; faire des projets de concerts et aussi soutenir des causes. A l ‘époque si j’ai bonne mémoire, le collectif a fait un concert pour récolter des fonds pour l’hôpital générale  et plus précisément le service pédiatrique. Nous avons aussi organisé un concert à l’Alliance française qui a eu beaucoup de succès. À tel point qu’il a fallu arrêter la vente de billet faute de place au théâtre de verdure. Le collectif a fait ce jour une entrée en billetterie d’un million de FCFA, ce qui représente beaucoup.

Malheureusement des visons différentes au sein du collectif et des réalités individuelles ont eu raison du projet commun qui visait à financer grâce à ces fonds d’autres concerts et pérenniser le mouvement « Bangos Rap ».

Le montant d’un million a été réparti entre les douze groupes participants et chacun a suivi sa route. J’espère que la nouvelle génération de rappeurs centrafricains se rassemblera pour faire des projets communs et ne fera pas la même erreur que nous. Avoir une vision à long terme est très importante et  l’union fait la force.

Etes-vous toujours en contact avec les membres vivants du Bango’s Rap ou de votre ex-groupe « Duke Clan » ?

Oui je suis toujours en contact des membres du collectif Bangos rap et de mon ancien groupe de rap « Duke Clan »

Quel souvenir pour Yoka Souka l’orchestre qui vous accompagnait à Bangui?

«Yoka Souka » c’est le premier orchestre avec lequel j’ai joué et c’est aussi ma famille. Nous avons fait de belles choses ensemble et j’ai beaucoup appris avec eux au niveau de la composition musical, du chant, de l’appréciation de notre patrimoine musical, culturel, rythmique, mélodique, etc. C’est avec « Yoka Souka » que j’ai enregistré mon premier album solo « Ma » en 2005, dont ils sont aussi compositeur et arrangeur. Mon Sanza musical a commencé avec « Yoka Souka ». La philosophie «Sanza » prend sa source avec « Yoka Souka » qui a toujours mixé les influences dans la création musicale et collaboré avec de nombreux artistes nationaux et internationaux. Vous pouvez écouter le travail que nous avons fait ensemble dans ce sens via ces liens YouTube :

https://youtu.be/DLtwDfMJXD4

https://youtu.be/NMDQTwzxzY4

https://youtu.be/l9u5apZrYlw

Je suis toujours en contact avec les musiciens et suis très fière de mon parcours avec Djogo Antoine (Massely), Amos Kangala, Majesté Butuli, Dilly Dilengue, Cyrille Barbe, Marina Kangala, Freddy Nganafé, Papy Yoka, etc. Je garde de très bons souvenirs de cette époque

Par quels moyens suivez-vous l’actualité de votre pays la Centrafrique?

En téléphonant à la famille au pays, à travers les ami(e)s au pays, via les médias nationaux et internationaux qui se trouvent sur internet (radio, journaux, etc).

Laetitia Zonzambé bientôt à Bangui?

Oui en 2019, si tout va bien !

Laetitia Zonzambé, merci.

Merci à vous !

Recueillis par Johnny Yannick Nalimo




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