L’échec de la stratégie du programme de désarmement : une anticipation de la fin du régime Touadéra

A Chadian slodier atop a pick up armed with RPG (rocket propelled grenades) and a machine gun secures the entrance to the palace of Chadian President Idriss Deby February 8, 2008 in N’Djamena. Chad’s government slapped a night curfew on Ndjamena and southern provinces as rebels who almost ousted President Idriss Deby Itno regrouped and rearmed after battling for the capital. AFP PHOTO / PASCAL GUYOT (Photo credit should read PASCAL GUYOT/AFP/Getty Images)

Kangbi-ndara.info/ Parmi les priorités des priorités du président Touadéra figurent en bonne place la question du rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national et ceci passe par la mise en œuvre effective du programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) qui tient à cœur le nouveau locataire du palais de la renaissance qui s’était empressé de recevoir en tout premier lieu les leaders des groupes armés pour tenter d’ouvrir la voie à une éventuelle pacification du pays mais après quinze mois soit un an et trois mois rien n’a bougé en ce qui concerne le retour de la sécurité car les groupes armés restent et demeurent les maîtres de la majeure partie du pays.

Tout laisse croire que le président Touadéra ne se rend pas compte qu’il s’est largement trompé dans sa stratégie de mise œuvre du programme DDRR car, il ne suffit pas seulement de crier sur les toits que l’ensemble des quatorze (14) groupes armés que compte le pays ont déjà adhéré au DDRR à travers la désignation de leurs représentants au Comité consultatif et de suivi dudit programme mais il faudrait que le centrafricain lambda se rende compte de l’effectivité d’un cessez le feu qui doit être observé sur le terrain par ces groupes armés. Or la triste réalité que l’on observe aujourd’hui, est telle que ces mêmes groupes armés qui se disent en faveur du DDRR et dont les leaders sont reçus plusieurs fois à Bangui par le chef de l’Etat dans le seul but de recevoir les enveloppes, continuent de semer la mort et la désolation au sein des paisibles populations de l’intérieur du pays. Pis encore certaines villes et villages qui n’avaient pas été touchés pendant les temps de la crise connaissent un regain de violences à cause de l’incursion, de l’occupation ou encore des combats entre les groupes armés.

Si l’on se réfère à la principale résolution prise lors de la réunion du Comité consultatif et de suivi du DDRR qui s’était tenue au mois d’avril dernier et qui avait vu pour la première fois la participation de l’ensemble des quatorze groupes armés à la satisfaction des autorités de Bangui et des partenaires qui sont impliqués dans ce programme, il était décidé du désarmement symbolique de quarante (40) combattants par groupe avant la prochaine rencontre du Comité consultatif qui devrait se tenir en fin du mois de mai 2017. Voilà encore un autre d’épée dans l’eau car nous sommes au mois de juin et l’on constate que ni le fameux désarmement symbolique n’a lieu, ni le Comité consultatif et de suivi s’est réuni. Bien au contraire l’on a assisté pendant le précédent mois de mai à une flambée de violences avec un bilan très lourd car pour l’ensemble des localités qui ont connu les violences notamment Bangassou, Alindao, Bria et Niem-Niélowa les organisations indépendantes ont fait mention de mention de plus de quatre cents (400) morts, deux cents (215) blessés, cent cinquante (150.000) nouveaux déplacés et environ dix mille (10.000) habitations incendiées et tout ceci pour le seul mois de mai 2017. Voilà bien qu’ont se trouve en face d’un triste record de dégât mensuel incomparable depuis le début de la crise en 2012.

Et tout ceci démontre à suffisance l’échec de la stratégie de mise en œuvre du DDRR que le président Touadéra pense avoir la maîtrise avec son équipe du comité consultatif et de suivi. Et ici que l’on est en droit de s’interroger  comment peut-on obtenir le désarment d’une partie des éléments des groupes armés qui sont en conflit ouvert et qui s’affrontent régulièrement sur le terrain ?

En attendant que ce que cela ne soit trop tard pour le régime de Touadéra qui depuis plus d’an ne cesse démontrer ses limites faces l’épineuse question de sécurité qui reste et demeure la préoccupation quotidienne des populations centrafricaines, il est temps pour de changer le fusil d’épaule car les derniers douloureux évènements que nous avons fait mention ci-haut ont gravement terni l’image des nouveaux dirigeants tout en suscitant au sein de la population centrafricaine de grandes interrogations sur l’avenir de l’actuel pouvoir de Bangui.

Kangbi-ndara  

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