Législatives 2016 : Plus de 177 femmes candidates concourent 

Céciledigokolingbakangbi-ndara.info/ Plus de 1435 candidats pour plus de 150 femmes vont devoir concourir pour les 140 sièges que comptera la nouvelle Assemblée centrafricaine. Une course visiblement dominée par les hommes et qui ne laisse aucun choix aux femmes centrafricaines qui doivent tout mettre en œuvre pour démontrer ce dont elles sont capables.

Dans la capitale centrafricaine, elles sont une cinquantaine à vouloir être élues dans le futur parlement centrafricain. Les atouts – elles n'en manquent pas car, de ce rôle traditionnel de « femmes au foyer », les femmes centrafricaines ont compris qu'il faut prendre part à la gestion de la chose publique afin de créer les conditions d'abord pour le plein épanouissement de la femme et par extension, des filles mais également des fils de la République.

Elles ont plus que jamais pris conscience qu'après avoir pendant longtemps abandonnée le terrain politique aux hommes, il est plus que temps que cette tendance soit inversée.

Du 5ème arrondissement en passant par les 2ème, 3ème…et 8ème arrondissements de Bangui, les villes de l'Ombella-M'Poko, Yaloké, Carnot, Nola, Bozoum, Bossangoa, Bambari, Mobaye ou encore Ouango, Obo, Ippy et Bria, les femmes centrafricaines sont – à l'instar des hommes sur le start-ing block pour cette course serrée à l'Assemblée centrafricaine. 

Appel à mobilisation

Dans le 5ème arrondissement de Bangui où 15 femmes prennent part dans les 3 circonscriptions de ladite localité à la course des législatives, nous avions suivi Cécile Digo Kolingba, consultante et candidate numéro 2 pour le compte du PATRIE (Parti Africain pour une Transformation Radicale et l'Intégration des États). 

Nadia Béa« Le temps a changé. Nous avons vécu tous les travers que notre pays n’a jamais connus. En tant que mère, femme et résidente du 5e arrondissement, le constat d’échec de nos représentants n’est plus à démontrer. C’est pourquoi, nous devons donner la chance à la jeunesse de prendre le relais », déclare Cécile Digo Kolingba.

Ainsi donc, rajoute-t-elle « c’est pour matérialiser ce relais que je me suis engagée candidate, la seule capable de transformer en réalité mes aspirations qui sont également celles de toutes les filles et les fils de notre circonscription ». Ainsi donc, « si vous me faites confiance », ajoute la candidate numéro 2 dans la deuxième circonscription électorale du 5ème arrondissement, « ensemble, nous représenterons et agirons avec courage, détermination et abnégation, et surtout en toute fidélité, conformément à la confiance que vous m’accorderez pour transformer radicalement et positivement le visage de notre circonscription longtemps abandonnée ». 

Point de vue partagée par Rita, une fille du quartier Bazanga venue assister au dernier meeting de Cécile Digo Kolingba : « Je crois qu'elle est jeune comme nous et comprends mieux quels sont les problèmes des filles centrafricaines ainsi que de notre arrondissement. Je voterais pour elle parce qu'il est temps que la jeunesse centrafricaine notamment les femmes puissent s'affirmer ».

Dans l'Ombella-M'Poko notamment dans la 4ème circonscription de Bimbo, Christine Nadia Béa née Ellian, candidate numéro 2 du parti Kwa Na Kwa (KNK), fait la misère aux hommes qui, comme elles – voudraient occuper le siège du futur député dudit arrondissement.

Adoubées par les populations dudit secteur, Christine Nadia Béa qui avait réussi à se faire élire lors des élections présidentielles et législatives du 30 décembre dernier avant qu'elles ne soient annulées par la Cour constitutionnelle de transition croit en ses chances pour rééditer son exploit. Lucie Agbo 2

« Même si nos résultats lors des élections du 30 décembre 2015 ont été annulées par la Cour constitutionnelle de transition, ce n'est que partie remise », déclare à ces nombreux militants, Christine Nadia Béa qui a pris sur elle, la responsabilité de construire des ponts défectueux dans le secteur, réhabilité des marchés tout en apportant des appuis substantiels aux « wali gara et boubanguéré » et autres populations de Bégoua.

« Maman Nadia Béa, c'est notre espoir, cette femme au grand cœur qui nous a aidée et qui n'attend pas l’État quand il est question d'améliorer les conditions de vies de ses concitoyens, je vais confirmer mon choix ce dimanche 14 février pour que notre députée Nadia puisse aller à l'Assemblée nationale », explique Prisca, vendeuse de viande boucanée au PK 12.

Dans le 4ème arrondissement de Bangui, Lucie Agbo, candidate indépendante numéro 2 fait partie des 9 femmes qui concourent pour les 2 postes de député de cette circonscription électorale. « Nous avions toujours fait confiance aux hommes pour nous représenter à l'Assemblée nationale mais ils nous ont toujours déçu mais aujourd'hui, vous les femmes du 4ème arrondissement ainsi que la jeunesse, vous devrez tout mettre en œuvre pour élire une femme dans notre arrondissement ce 14 février », a déclaré Lucie Agbo qui interpelle les femmes dudit secteur à aller massivement aux urnes le 14 février pour « faire entendre leurs voix ».

« Nous sommes les mères et ce n'est pas pour rien qu'une des nôtres -Catherine Samba-Panza – a présidé avec succès, la transition en Centrafrique. Elle a démontré que nous les femmes, nous avions aussi des capacités pour faire plus que les hommes qui trouvent toujours dans nos bras la consolation dont ils ont besoin », renchérit Lucie Agbo.

Elle interpelle les femmes et les jeunes centrafricains de manière général et notamment ceux du 4ème arrondissement de Bangui à prendre conscience « qu'il n'y a que les femmes pour défendre au mieux les intérêts de la nation et partant de l'avenir de leurs enfants ».  

Et la candidate indépendante Lucie Agbo de conclure par cet appel solennel : « Nous avions besoin que les femmes puissent s'engager politiquement, prendre part au débat, à la gestion de la chose publique et ne pas laisser le terrain qu'aux seuls hommes qui ont conduit notre pays dans cette situation car ils n'ont jamais voulu nous reconnaître quelques droits élémentaires pourtant consacrés par la Constitution de notre pays ».

Plus que jamais, les femmes centrafricaines ont décidé à leurs corps défendant d’insuffler une nouvelle dynamique en s'engageant politiquement à prendre part à la gestion de la chose publique. Un engagement qui pourrait porter des fruits si l’État garantissait un certain pourcentage de représentation aux femmes centrafricaines à l'instar d'autres pays africain. Simple vœu partagé.

Fleury Roger Koursany

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