Le protocole d’Accords d’Angola: Touadera détale sans bouger

Kangbi-ndara.info/ Loin des apparences, le jeune pouvoir démocratique centrafricain en place (un an d’exercice demain 30 mars 2017) avance avec du plomb dans l’aile. Pour amorcer le processus du Désarment démobilisation, réinsertion et rapatriement (DDRR) des accords de principe en prélude aux signatures définitives sont signés à Benguela en Angola entre les autorités centrafricaines et les chefs de guerre du nord-est.  Tandis que les facilitateurs dont le sénégalais Cheikh Tidjiane Gadjio et les principaux  médiateurs notamment les Chefs d’Etats africains Dos Santos et Idris Deby s’y mettent à fond pour parvenir le plus tôt à la signature avant le DDRR, Bangui semble y voir un piège et frêne le processus.

touaL’approche des chefs de guerre de Centrafrique initiée par le Président centrafricain Faustin Archange Touadera avec l’appui de son homologue tchadien Idriss Deby Itno pour faciliter le DDRR s’affiche pour le moment  une décoction empoisonnée que le pouvoir de Bangui se résigne d’ingurgiter.

A l’origine, via une source de Kangbi-ndara, Touadera se rend au Tchad et sollicite avec succès le concours d’Idris Deby afin d’obtenir l’agrément du Front patriotique pour le renouveau de la Centrafrique (FPRC) du chef rebelle Nourredine Adam et du Mouvement des milices Antibalaka représenté par  Mokom et autres afin d’intégrer le Comité consultatif de suivi des accords du DDRR signé en 2015 au terme du Forum de Bangui. Le Président tchadien requiert à son tour le soutien de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) pour son influence sur le monde musulman. L’OCI obtempère et envoie son Représentant Spécial en la personne du sénégalais Cheikh Tidjiane Gadjio, ex-candidat à la présidentielle de 2012 au Sénégal,  qui réussit à convoquer les principaux chefs armés du nord-est de Centrafrique à majorité musulmane dans le cadre des négociations avec le gouvernement pour la réussite du DDRR. Les groupes armés du nord-est coopèrent mais exigent que les négociations se fassent sur un sol étranger à l’instar des Accords de Libreville, de Brazzaville de N’Djamena et le fameux Nairobi. Le compte rendu de Cheikh Tidjiane Gadjio table depuis devant le Chef de l’Exécutif Faustin Archange Touadera et devant le Patron du Législatif Abdou Karim Meckassoua.

Selon nos sources, Deby le Médiateur, dont le pays est depuis peu frappé par une crise économique sans précédent, désapprouverait la lenteur des procédures de l’OCI et confie le dossier de médiation au Président angolais Dos Santos. Les accords de principe sont signés formellement à Benguala le 15 décembre 2016. La signature de la partie angolaise porte le nom d’André De Oliveira Joao Sango (lieutenant-général). Nos sources de laisser ouïr que les chefs de guerre Ali Ndarassa, de la milice peule dénommée MPC, et Abdoulaye Hissein, de l’ex-CPJP actuellement proche du FPRC, se disent prêts de signer avec le gouvernement centrafricain. Ndarassa exige de ne pas passer par les villes du nord de Centrafrique pour se rendre à Luanda car il pourrait y perdre la vie.

En outre, les facilitateurs se disent surpris du désintéressement inattendu du régime centrafricain  relatif à la signature des accords avec les principaux groupes armés. Bangui repousse de deux fois les dates de signature desdits accords (décembre 2016 et février 2017). Le Tchad de son côté nomme un facilitateur du nom de Abdelhamit Assadick. L’Angola demande aux groupes armés de mieux définir leurs revendications avant les négociations. A en croire nos informateurs, pour les Autorités centrafricaines, les accords de Luanda sentent le roussi. Bangui prétexterait que le chef du FPRC Nourredinne Adam serait appuyé par le Tchad pour négocier l’amnistie et le partage du pouvoir. Après N’Djamena puis Luanda, l’émissaire de l’OCI redescend bientôt à Bangui pour rediscuter avec les parties.  

Calqué au scénario du « moucheron » Nairobi qui rodait autour des oreilles de la transition quasi intransigeante de Catherine Samba-Panza, la France verrait d’un mauvais œil les « agitations » de Luanda. Touadera et son gouvernement vont-ils céder et signer les accords de Luanda ou le placer définitivement dans le mouroir avec les conséquences connues ? Touadera entre le marteau et l’enclume.

Johnny Yannick Nalimo

Comments

comments




Laisser un commentaire