Les habitants de PK5 marchent pour réclamer le retrait des groupes armés

kangbi-ndara.info/ Des centaines d’habitants de PK5, principal quartier musulman de Bangui ont marché mercredi matin pour exiger le retrait des groupes armés de leur secteur. Ils sont partis de leur enclave de PK5 dans le 3e arrondissement pour chuter devant le siège de la Minusca où ils ont remis un mémorandum aux responsables de cette institution avec trois points de revendications dont la libre circulation des biens et des personnes et le droit de vote. 

«Le point non négociable est celui du départ de PK5 de tous ceux qui ne veulent pas de la paix. Ils ont démontré au monde entier qu’ils veulent maintenir le Pk5 sous un protectorat dont on ne saurait qualifier », martèle Mohamed Ali, président du groupe d’auto défense de PK5. 

Remettant le mémorandum à la Minusca, les manifestants visiblement accablés par 2 années de souffrance et de peur, ont demandé à cette institution onusienne de prendre ses responsabilités : « aidez-nous à les déloger de pk5. Personne n’a le droit de prendre des roquettes, des kalanichkov, des 12/7 pour nous imposer des lois et nous priver de nos droits civiques », poursuit Mohamed Ali.

Partis du Rond-point Koudoukou au principal marché de PK5, les manifestants, armés juste de courage, ont bravé les hommes armés qui assiègent leur quartier depuis le départ de l’ex-seleka du pouvoir, les privant de leur liberté de mouvement en alimentant les hostilités avec les groupes rivaux que sont les milices antibalaka. « Liberté ! Liberté ! Liberté ! », clamaient-ils pendant la marche.

Sur les banderoles qu’ils brandissaient, on pouvait aussi lire : « Nous populations du 3ème arrondissement demandons le départ de Aroun Gaye, Tidjani, Abdoulaye Hissein, Souleman Issa, Anour Ben et Yamin Asso. Nous voulons notre liberté ! ». Des revendications contenues dans le mémorandum qu’ils ont remis à la Minusca. 

Alerté de l’initiative, Joseph Bindoumi, Ministre de la Défense s’est rendu à la rencontre des manifestants où il a été accueilli avec chaleur. Il déclare que le gouvernement est du côté de la population. « Les habitants se sont rendus compte que ceux qui se prenaient pour leurs protecteurs, se sont comportés comme des bourreaux. Ils ont tout fait pour ramener la violence au sein du quartier, ont continué de prendre le quartier en otage. La population les dégoûte aujourd’hui et nous (autorités gouvernementales), nous sommes du côté de la population parce que nous voulons la paix », explique Joseph Bindoumi.

Leur objectif ayant été atteint, les manifestants se sont séparés sur une note de l’hymne national centrafricain.

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