Lettre ouverte du Collectif Touche pas à ma Constitution au Président Djotodia

Fait à Dakar, 29 juin 2013

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SON  EXCELLENCE Michel AM  NONDROKO DJOTODIA Président de la Transition    en République Centrafricaine, Palais de la Renaissance à Bangui (R.C.A)

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Excellence,

 

Nous sommes ébahis de la situation dans laquelle, vous et la nébuleuse Seléka a plongé le pays depuis le 10 Décembre 2012 dans un grand désarroi. Dès le 24 mars 2013 date à laquelle vous et vos hordes de la SELEKA aviez réalisé votre forfait anticonstitutionnelle, dès lors la situation de vie du Centrafricain lambda de Bangui a changée sans parler des différentes préfectures de la RCA. 

Le Collectif  Centrafricain « Touche pas à ma Constitution »,  a pu noter quelque cas d’exaction, d’exécution sommaire, de vandalisme, d’enlèvement et surtout de profanation qui remet en question la base même de la laïcité de notre Etat ;

Le samedi et dimanche 14 avril 2013, à Bangui lors d’une opération de pillage de la Seleka déguisée en opération de désarmement dans le quartier de Boy-rabé faisant 27 morts et plusieurs dizaines de blessés.

Le même dimanche, lors d’un culte, 37 membres de l’église évangélique des frères dont des enfants de 5 à 7 ans ont été touchés par l’explosion de trois obus lâchés par les hordes de la Seléka faisant trois décès sur place et une autre personne est morte le 2 mai.

Le 17 avril 2013 le sergent Claire Mamadou qui a 13 ans d’ancienneté dans les FACAS a été sauvagement assassiné aux environs de 17 heures à SO  sur la route de Damara.

Une femme a été enlevée le mardi 25 juin, par des éléments de la Seléka au quartier Guitangola, dans le 6ème arrondissement de Bangui.

Un adolescent de 14 ans  a été enlevé le week-end dernier au quartier Fouh par les éléments de la Seléka, son corps mutilé a été abandonné dans les eaux du Mpoko, route de Boali puis retrouvé le Mercredi 26 juin.

Le 28 juin 13 les hordes de Seleka ont ouvert le feu à balle réelle sur les jeunes de Gobongo et Fouh qui manifestaient pour protester l’assassinat de l’un de leurs par les éléments de votre rébellion faisant une trentaine de morts et plusieurs blesser. Les hostilités continue contre la jeunesse jusqu’en ce moments précis.

 

  Excellence,

« La vie humaine est sacrée. Aucune raison ni ambition politique quelconque ne justifie de conquérir  le pouvoir par les armes, d’ôter la vie  d’autrui  ou de compromettre celle  des générations futures » Franck SARAGBA.

Toute fois le collectif tient à rappeler au Président de la transition les dispositions des articles ci-dessous :

Article 1er: La personne humaine est sacrée et inviolable. Tous les agents de la puissance publique, toute organisation, ont l'obligation absolue de la respecter et de la protéger.

 La République reconnaît l'existence des Droits de l'Homme comme base de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde.

Article 3: Chacun a droit à la vie et à l'intégrité corporelle. Il ne peut être porté atteinte à ces droits qu'en application d'une loi.

               Nul ne sera soumis ni à la torture, ni au viol, ni à des sévices ou traitements cruels, inhumains, dégradants ou humiliants. Tout individu, tout agent de l'Etat, toute organisation qui se rend coupable de tels actes, sera puni conformément à la loi.

               Nul ne peut être arbitrairement arrêté ou détenu. Tout prévenu est présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité soit établie à la suite d'une procédure lui offrant les garanties indispensables à sa défense. Le délai légal de détention doit être respecté.

               Nul ne peut être condamné si ce n'est qu'en vertu d'une loi entrée en vigueur avant l'acte commis.

               Les droits de la défense s'exercent librement devant toutes les juridictions et administrations de la République.

Article 4: La liberté de la personne est inviolable.

Article 6: La protection de la femme et de l'enfant contre la violence et l'insécurité, l'exploitation et l'abandon moral, intellectuel et physique est une obligation pour l'Etat et les autres collectivités publiques. Cette protection est assurée par des mesures et des institutions appropriées de l'Etat et des autres collectivités publiques.

Art 14: Toute personne physique ou morale à droit à la propriété. Nul ne peut être privé de sa propriété, sauf pour cause d'utilité publique légalement constatée et sous la condition d'une juste et préalable indemnisation.

               Le domicile est inviolable. Il ne peut y être porté atteinte que par le juge et, s'il y a péril en la demeure, par les autres autorités désignées par la loi, tenues de s'exécuter dans les formes prescrites par celle-ci.

La propriété et les biens des personnes ainsi que le patrimoine de la Nation sont inviolables. L'Etat et les collectivités territoriales ainsi que tous les citoyens se doivent de les protéger.

Article 19: Le principe de la République est "Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple".

  La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par voie de référendum ou par ses représentants.

 Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice ni l'aliéner.

L'usurpation de la souveraineté par coup d'Etat ou par tout autre moyen constitue un crime imprescriptible contre le Peuple centrafricain. Toute personne ou tout Etat tiers qui accomplit de tels actes aura déclaré la guerre au Peuple centrafricain.

Excellence,

« Je n’ai pas signé un quelconque contrat financier avec un quelconque élément de la Séléka. Je mets quiconque de la Séléka au défi de me présenter la preuve qui atteste du contraire ».

« Celui qui a signé un contrat financier avec les rebelles, c’est François Bozizé, pas Djotodia ».

Tels sont vos propos, Monsieur le Président de la transition, l’heure est grave, l’auto-déficience alimentaire, la déchirure du tissu économique pour ne citer que ceux-là, ont atteint leur apogée avec la nébuleuse Seléka. Au lieu de tergiverser sur Bozizé et demander pardon aux religieux ;

Payer les mercenaires étrangers qui vous ont conduit au pouvoir et rapatrié les dans leurs pays d’origine, ou préférerez-vous qu’ils se nourrissent sur la bête mais ça ne saurait durée.

Limogé et rapatrié tous les ministres étrangers au sein du gouvernement et le  Décret n°13.020 du 17 Avril 2013  portant réorganisation de l’Etat-major de l’armée Centrafricaine, a été nommé Chef du 2ème Bureau, le Général de Brigade MAHAMAT BAHAR,  Mle 2006-2-1003 du Bataillon de Soutien et de Services  un Tchadien pur souche et agent secret de l’agence nationale de Sécurité de DEBY, ce dernier constitue un acte de haute trahison.

Payer les trois mois de salaire des fonctionnaires de l’Etat afin de décrisper la situation sociale explosive.

Veiller au respect des droits de l’homme, de la propriété et du domicile.

S’investir pour respect du délai des 18 mois imparti pour le retour à l’ordre constitutionnel dont il reste 15 mois sans accomplissement probant. Espérant qu’à l’instar de l’ancien président Amani Toumani Touré du Mali vous partirez sans créer une crise sociale sans précédent.

Excellence Monsieur le Président de la transition, nous concluons avec les interrogations  suivantes :

 

Ces cris de désespoir des familles meurtries n’arrivent pas à vos oreilles ou vous êtes sourd ?

Pourquoi après trois mois le pays manque cruellement de sécurité ?

Qu’est-ce les Centrafricains ont fait pour mériter de tel cruauté et de tel silence approbateur ?

Le Collectif « Touche pas à Ma Constitution » reste mobiliser pour le respect total de la  Constitution centrafricaine et des droits de l’homme.

Veuillez recevoir, Excellence Monsieur le président de la Transition, l’expression de notre grand effroi.

 

Le Coordonnateur Général Adjoint

Gérard Nga-BOUKANGA GONOGUELE

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