Lu pour vous: Lettre ouverte de Fidèle Goundjika sur la descente aux enfers de la SOCATEL

La lettre ouverte ci-dessous publiée et signée de Fidèle Gouandjika, donne plus d’information sur la descente aux enfers de cette société d’Etat.

Poursuivi par ce collectif de cadres de la Socatel devant la Commission mixte d’enquête pour « crimes éconoimiques », Fidèle Gouandjika

gouandjika

 

Fidèle GOUANDJIKA

Carpati, le 25 Juin 2013

Ancien Ministre

PDG MGF-SARL

139 Route de N’Drès

Boyrabe-Bangui

         RCA

 

LETTRE OUVERTE

Affaire Socatel

 

Pour l’histoire

            La Société Centrafricaine de Télécommunications (Socatel) est née de la fusion de la Direction Générale des Télécommunications (DGT) administrée par les nationaux sous la très haute supervision des « experts français et de la Société Centrafricaine de Télécommunication Internationale (Socati) gérée exclusivement par France Câbles & Radio une filiale de France Télécom.

VOUS ALLEZ RIRE OU PEUT ETRE

PLEURER 

            Deux opérateurs, pour ne pas dire deux réseaux apparemment bien distincts, offrant vraisemblablement, au moins deux services.

            La DGT disposait de la plus grande partie du patrimoine (100% du réseau de commutation et 95% du réseau de transmission).

            On faisait croire à la DGT qu’elle ne s’occupait que des communications locales et nationales et ne devait se contenter que des recettes de ce trafic et d’une infime part arbitraire des recettes des appels internationaux pourtant la plus juteuse.

            La Socati quant à elle n’assurait que la gestion et la maintenance du Centre de Transmission par Satellite CTS (divers équipements de transmission) et encaissait une bonne partie des recettes des communications internationales y compris les revenus en devise du trafic international entrant connu sous la désignation de la DESTINATION CENTRAFRIQUE.

            La Socati n’a partagé ni à la DGT ni à l’Etat centrafricain qui pourtant payait régulièrement les frais de la location du secteur spatial (Bande passante) auprès d’Intelsat (fournisseur de service fixe par satellite) dont l’Etat Centrafricain était actionnaire jusqu’à sa privatisation vers la fin des années 90.

C’est quoi donc la GATEWAY ?

            Le Centre de Transmission par Satellite (CTS) de Socati était donc cette fameuse GATEWAY que les agents de Socatel, manipulés par les politicards, pleurent aujourd’hui.

 

Pourquoi ai-je mis fin à l’exploitation du CTS GATEWAY DE SOCATEL ?

Dans les années 70 le Président BOKASSA, Grand visionnaire, avait mis en chantier un grand projet de télécommunications qui devrait assurer la couverture nationale en téléphonie.

            Sachant que la gestion des règlements des coûts mensuels des secteurs spatiaux allait poser des problèmes à l’avenir, Le Président BOKASSA a eu l’ingénieuse idée de consacrer les dividendes des parts d’Actions qu’il a pris au nom de l’Etat Centrafricain dans le capital d’Intelsat au paiement de la Bande Passante de la RCA.

            Intelsat a réinvesti pendant plusieurs années dans bien d’autres Sociétés très lucratifs avec les parts d’action de la RCA (ces sociétés existent et dossiers dorment quelques parts dans le bureau du Ministre).

            Donc depuis les années 70 jusqu’à la fin des années 90 les frais exigés par Intelsat pour la totalité de la Bande passante de notre Pays était réglés par les dividendes l’ARGENT DE BOKASSA, c’est ça dire du denier public en lieu et place des revenues de la « Destination Centrafrique » logé quelque part par le DGA de Socatel dans une Banque étrangère connue à l’époque)

            A partir de 1994 la gestion de la Socatel devenait de plus en plus hasardeuse à tous les niveaux de commandement (Présidence, Gouvernement, Direction Générale et Conseil d’Administration).

            Vers la fin des années 90 Intelsat finissait ses phases de privatisation et a libéré les parts d’actions des actionnaires dont celles de l’Etat Centrafricain.

            Chaque Etat ou opérateur devait désormais payer sa bande passante par ses propre fonds sous peine de coupure du lien satellitaire pouvant entrainer l’isolement de son Pays.

            Socatel n’a rien payé et ceci durant quelques années et se fait couper la liaison spatiale. Au lieu de procéder au paiement ou entamer une quelconque négociation, la Socatel s’est mise à pirater la bande passante d’un autre pays raccordé à Intelsat. Ce dernier, pour éviter des conflits diplomatiques, a poussé Intelsat à porter plainte contre Socatel au tribunal de grande instance de Washington. Malgré cette décision de justice, Socatel a continué de pirater Intelsat.

            Il gagna le procès et brouille les liaisons piratées. L’Etat Centrafricain doit au 31 décembre 2006 à Intelsat plus de 5 milliards de Francs CFA.

             La qualité de service s’est vite dégradée sur tout le Pays. Télécel, pour garder une meilleure qualité de service pour ses clients de plus en plus nombreux et exigeants, a monté régulièrement sa propre Gateway.

            Socatel (avec un DG tout puissant) a fait baisser la Gateway de Télécel.

            Les appels téléphoniques internationaux n’étant plus presque audibles, le Président Patassé dépêcha son Ministre des Finances à Washington auprès d’Intelsat avec un Chèque conséquent. Socatel est raccordé de nouveau mais pour deux ou trois mois seulement.

            Les mêmes scénarii se répètent plusieurs fois à Washington pendant la transition du Président Bozizé et de Maître Tiangaye sans succès. Entre temps, France Câbles et Radio (40% Socatel) jette l’éponge et quitte Socatel pour mauvaise gestion.

            Pire encore, la Direction Générale de Socatel, sans aviser le Gouvernement, ordonne la vente des parts d’actions de la RCA libérées par Intelsat dans la plus grande discrétion.

            La RCA est totalement coupée du monde. Telecel est autorisée par le Gouvernement du MLPC à mettre en exploitation sa propre Gateway, à acheminer son trafic sans passer par la Socatel.

            Socatel, privée de fournisseur officiel de bande passante, va conclure plusieurs marchés de dupe avec des fournisseurs douteux qui lui exigent des paiements hebdomadaires pour une qualité de service médiocre.

            Un abonné de Boyrabe pour joindre celui de Fatima et vice versa doit transiter par Londres, Dubaï et Soudan.

            Pour une communication qui coute 100 f.cfa la minute, Socatel reversait 50 f.cfa pour la bande passante au fournisseur mafieux, 20 f.cfa au propriétaire de la cabine et 5 f.cfa pour les frais de carte prépayée, 18 F.cfa de TVA. 20 F.cfa à Telecel pour les frais d’interconnexion. La liste n’est pas finie. Faites vous-même le calcul.

            Le 15 mars 2003 lors du coup d’Etat du Président Bozizé, les membres d’un très puissant Amical d’un parti au sein de la Socatel, croyant faire des difficultés aux putschistes, vont saboter les équipements du CTS, les calculateurs de Bangui Sica et emportèrent avec eux, les grosses recettes des cabines téléphoniques d’une semaine.

            J’ai été nommé Ministre le 19 juin 2005 après le retour de la RCA à l’ordre constitutionnel.

            J’étais Ministre des Postes et Télécommunications chargé des Nouvelles Technologies et non Ministre de la SOCATEL.

            Une de mes missions était de démocratiser le téléphone en Centrafrique et de faire de ce secteur (d’après le sage conseil du Président André Kolingba lors de l’inauguration du Central numérique de Socatel en 1992) un puissant vecteur du développement socio économique de notre Pays.

            Une autre mission que m’a confiée le Président Bozizé depuis le sommet mondial de la Société de l’information en Tunis, était de réduire la fracture numérique, en inondant tout le pays de l’Internet très haut débit avant l’an 2015 conformément aux Objectifs du Millénaire pour le Développement.

            A ma prise de service en tant que Ministre, la RCA ne comptait que 50.000 lignes téléphoniques dont 4000 lignes peu fiables de la Socatel.

            J’ai quitté le Département la tête haute en laissant à mon actif plus de 700.000 lignes.

            La puce qui coutait 50.000 FCFA s’achète aujourd’hui à 100 F.CFA, le Portable  « NGOUKOMBA » qui valait 90.000 F.CFA s’obtient à 1.500 F.CFA.

            J’ai élaboré avec l’aide de la Banque Mondiale, un grand projet du réseau de télécommunications en fibre optique pour l’Internet à très haut débit en Centrafrique.  Et ce grand projet ne fait que patauger depuis que je suis parti de là.

            DE JUIN 2005 A DECEMBRE 2008

            Les négociations avec Intelsat ont été infructueuses avec la reprise de la piraterie par la Socatel.

            En 2007, un Décret a été signé désignant Telsoft une entreprise française comme l’unique opérateur du trafic international sortant et entrant en Centrafrique et logé dans les locaux de la Socatel.

            La Gateway unique était en fait une douane en matière du trafic international dont les revenus en devises, doivent être transparentes et reversées selon les règles de répartition (quota) aux ayants droits que sont le Trésor Public, les opérateurs GSM, Socatel et Telsoft  après les balances des deux trafics (sortant et entrant).

            Le Décret est vite querellé par les opérateurs GSM, simplement à cause des recettes en devises qu’ils ont toujours caché à l’Etat Centrafricain depuis 1960-1992 pour France Câble & Radio, 1992-2007 pour Socatel, 1996-2007 pour Telecel et plus tard pour Acell(Moov) et Nation Link (Azur).

            La Loi, c’est la Loi. Le Conseil d’Etat a tranché en faveur des plaignants et le Décret instituant la Gateway a été abrogé.

            Au jour d’aujourd’hui, tous les opérateurs GSM, grâce à mon initiative, déclarent les revenus en devise à l’Etat et lui versent sa quote-part. Plusieurs Pays d’Afrique se sont inspirés de notre projet.

            Telsoft Centrafrique Gateway a été finalement privatisée. C’est une société citoyenne. Elle a payé sa licence à l’Etat Centrafricain comme les autres opérateurs des différents réseaux de télécommunications. Les milliards, fruits de ventes des licences, étaient annoncés à la Radio par moi-même et perçus directement par le Trésor Public.

            Telsoft continue jusqu’aujourd’hui d’acheminer, sans contrainte, le trafic international (sortant et entrant) des opérateurs GSM et celui de Socatel.

            C’est grâce à Telsoft que Socatel achemine son trafic (téléphone et Internet) depuis 2007 jusqu’aujourd’hui. Socatel ne paye même pas la bande passante (voix et data) fourni à titre onéreux par Telsoft.

            C’est à Socatel de devoir des centaines de millions à Telsoft pour son Internet et son trafic téléphonique international et non le contraire.

            J’ai autorisé la fermeture du Centre de Transmission par Satellite de la Socatel parce qu’il ne servait plus du tout à rien.

            Il n’y avait aucun trafic qui y passait alors que les gestionnaires, plus d’une dizaine d’ingénieurs dont un chef de division dudit centre, recevaient des tonnes de carburant par semaine pour faire tourner à vide deux géants générateurs ou pour en faire autre chose que j’ignorais.

            Ils touchaient depuis des années de gros salaires et se cachaient dans les hautes herbes de la Station Terrienne feignant travailler alors qu’il n’y avait plus du trafic international et interurbain.

ON A TOUT FAIT POUR SAUVER LA SOCATEL

            Nous avons fait voter une Loi des Télécoms, bon gré son caractère libérateur, Nous avons confié à Socatel le monopole des cabines dans la capitale et ses banlieues. En prélude à cela, nous avons fait déployer plus de 700 cabines téléphoniques sous forme de Kiosque et de cabine numériques dans Bangui et Bimbo.

            On a mis à leur disposition, un centre de calcul moderne pour la gestion des cartes prépayées.

            Où sont partis tous ces kiosques, ces cabines à carte à puce et les recettes ?

            POURQUOI LA SOCATEL NE VA PAS RECOUVRER SES MILLARDS QUI DORMENT CHEZ SES ABONNES GRANDS COMPTES. IL FAUT QUE CE SOIT LES MINISTRES QUI FASSENT LE TRAVAIL DE RECOUVREMENT DES RECETTES A LEUR PLACE ?

            En Novembre 2008, j’ai mis à leur disposition, plus de 500 millions de f.cfa pour solder leur arriéré de salaire, acheter 20.000 cartes SIM, plus de 15.000 portables pour leur réseaux GSM. Ils se sont achetés de grosses 4X4 pour le DG et les Directeurs et des petites voitures de luxe pour les Chefs de Service.

            En fin Décembre 2008, j’ai procédé à l’inauguration et au lancement officiel du réseau GSM de la Socatel. Tout le monde était content. Ils dansaient, buvaient du champagne, portaient sur TIPOYE leur DG et chantaient.

            Le gouvernement n’a même pas touché à un seul sous de Socatel comme cela se passait fréquemment dans le passé (Mission Présidentielle foire de Hanovre 250 millions fr.cfa)…

            En Janvier 2009, je suis nommé Ministre de l’Agriculture. Plus de trois Ministres en charge des Télécoms ont vu le jour après moi. Qu’ils me montrent une seule localité couverte par eux. QUAND JE PARTAIS SOCATEL N’AVAIT PAS D’ARRIERE. JE N’ETAIS PAS LEUR DG

            J’ai un patrimoine de milliardaire et j’en suis fier. Je ne l’ai jamais caché.

            J’ai une déclaration de patrimoine logé depuis 2005 au greffe de la Cour Constitutionnelle. Je vous demande de la publier.

            PUBLIEZ S’IL VOUS PLAIT LES RESULTATS DES DIFFERENTS AUDITS EXIGES PAR LE DPI ET CEUX ELABORES PAR LE MINISTRE D’ETAT MONSIEUR MECKASSOUA ME CONCERNANT POUR L’EDIFICATION DU PEUPLE CENTRAFRICAIN.

 

Fidèle GOUANDJIKA

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