Lutte contre l’insalubrité : le Maire de Bangui Emile Raymond Nakombo déçoit

Kangbi-ndara.info/ La nouvelle Mairie de Bangui s’évertue de rendre la capitale centrafricaine propre et « attrayante ».  A près de six mois d’exercice du nouveau Maire, Emile Gros Raymond Nakombo, certains de ses concitoyens jugent qu’il est dénué de technicité et aurait un faible pour les projets qui riment avec argent.

emileS’engager pour la paix, la consolidation de la cohésion sociale et le développement durable en Centrafrique, particulièrement à Bangui, c’est aussi s’engager pour garantir un environnement salubre pour ses concitoyens, estime un éditorialiste centrafricain. C’est aussi combattre le paludisme et le choléra enregistré à plus de 248 cas dont 19 décès selon les données fournies récemment par le ministère centrafricain de la Santé Publique.

Lors de sa passation de service, le nouveau Président de Délégation Spéciale de la Ville de Bangui Emile Raymond Gros Nakombo, originaire de Nakombo-sosso, région forestière dans la Préfecture de la Mambéré Kadéï à l’ouest du pays, où les hautes herbes et déchets s’érigent en objets décoratifs, a promis avec entrain de « rendre la cité attrayante ». Après cinq mois de gestion, le constat est plus mitigé qu’encourageant. Lors d’une de ses descentes, le Maire Nakombo a essuyé les propos accusateurs des habitants du quartier Ben-Zvi dit « sauvage » faute de la collecte des déchets débordants les bacs à ordures placés dans le secteur. Ils ont pris le Maire pour responsable du choléra à Bangui. Aucun maire de Bangui n’a connu une telle agression. Les habitants dudit quartier ont menacé de pousser les bacs à ordures puants de la Mairie de leurs places habituelles pour les stopper sur la voie publique précisément sur l’Avenue de France. « Il y a déjà un cas de choléra signalé dans notre quartier », a vociféré un jeune de Ben-Zvi Sauvage.

Qu’explique la montée des ordures dans la ville de Bangui à l’heure où les nouvelles autorités centrafricaine s’engagent à tout améliorer dans le pays ?

Pragmatisme zero

La pressante vague de déception ressentie par les électeurs et soutiens du « matheux » Président Faustin Archange Touadera, de ceux qui croyaient à la désinvolture du géographe et Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji se déferle sur ceux qui croyaient à la baguette magique de l’économiste et maire Emile Raymond Gros Nakombo. La déception est au rendez-vous dans plusieurs arrondissements de la capitale et des invectives réactionnelles se multiplient sur internet. A l’interne, certains cadres de la Mairie ayant étroitement collaboré avec l’ex Maire Jean Barkes Ngombe kette à l’heure où la Mairie de Bangui  fonctionnait de plus belle déplorent déjà la conduite administrative de Nakombo. Certains de ces cadres veulent  des mises en disponibilité pour faire autre chose car la Mairie «  c’est le visuel et non les beaux discours », critique un haut responsable à l’Hôtel de Ville de Bangui.

Le « businessman » de Maire?

La rue raconte à Bangui que le Maire serait très préoccupé par un projet qui ne fait pas l’unanimité du point de vue sécuritaire. Toujours d’après la rue, Mr Nakombo  amadouerait le Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji afin de confier le marché de la conception des actes de naissance à des étrangers. Un calcul qui n’est point du goût des agents de sécurité nationaux. « Le Maire est un businessman. La raclée qu’il a donné à Monsieur Maleyombo pour être maire de Bangui en témoigne », se persuade un haut cadre à l’Assemblée Nationale.

Certains experts nationaux en matière de salubrité soulignent une inadéquation et une inadaptation dans l’ordre prioritaire des projets de la Mairie. « Une bonne politique de gestion des déchets résiduels est déjà un bon début en matière de lutte contre l’insalubrité. Notre Mairie dispose des camions collecteurs qu’il faut en faire usage ! Un projet de telle envergure ne nécessite pas grand-chose mais de la technicité et de la volonté. J’ose croire que le maire possède ces qualités », estime un ex-consultant à la Mairie de Bangui

Pas de fumée sans feu

aaaacopy-of-dsc_0014A Bangui, fort de ce qui parrait son hyper amnésie, le peuple est encore loin d’oublier que dès les premières heures de sa prise de service, le Maire Nakombo, dont la nomination à la tête de la Mairie de Bangui serait conditionnée par le placement dans un paradis fiscal d’une importante somme gratifiée à la République centrafricaine par un pays voisin, a entrepris des actions musclées de sensibilisation dans différents coins de la capitale. « Des actions qui ne demeurent pas plus que du  spectacle sur fond de superficialité », juge un activiste centrafricain. Les résultats à court terme de la sensibilisation sur la nécessité d’avoir des reflexes de salubrité sont très mitigés qu’encourageants. « C’est du pipo le travail réalisé par le maire jusqu’ici », fustige un ancien cadre de la Mairie qui voit également au Maire Nakombo un vrai « businessman ».

Ces avis se révèlent d‘un certains points de vue fondés d’après une enquête de Kangbi-ndara dans cinq des huit arrondissements de Bangui. De cette enquête ressort une fluidité partielle sur certains principaux trottoirs dans le 1er arrondissement. Fluidité résultante du déguerpissement des vendeurs ambulants qui encombrent les artères de Bangui. Par contre plusieurs milliers de Banguissois vivent encore dans des cadres de vie hautement insalubres. Des quasis montagnes d’ordures jouxtent certains marchés de la capitale. Entre la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et l’agence Orange en face du Bar Mbiyé à Lakouanga évolue un quartier d’ordures hautement puant. Même constat en face du Lycée des Miskine où les déchets étendent leurs tentacules pour couvrir cette portion de l’Avenue es Martyrs. Un bac à ordures polluant l’aire gagne le côté droit de l’Ecole Nationale de Magistrature (ENAM). Des herbes ornent imperturbablement les bordures des canaux d’irrigations dans les 1er, 2e, 3e et 8e  arrondissements. Des flaques d’eau bigrement sales serpentent des lieux d’habitation à Saïdou dans le 2e arrondissement. Une collecte irrégulière des déchets sur l’ensemble de la capitale.

Un expert centrafricain des services d’hygiène connu qui requiert l’anonymat d’indiquer que ce disfonctionnement au niveau de la Mairie est étroitement lié à la propagation du paludisme à Bangui. « Les dépôts de déchets et les hautes herbes sont des remparts des moustiques porteurs de maladies ».

C’est toujours possible…

Si le Maire Emile Raymond Nakombo veut entrer dans l’histoire par la grande porte, il est encore temps qu’il sorte de l’euphorie des paroliers et se mettre résolument au travail pour le grand bien des Banguissois. Le mouroir du régime actuel offre plusieurs possibilités aux dirigeants sérieux. Pour avoir été candidat à la dernière présidentielle, il n’est point de doute que Monsieur Nakombo ait encore des ambitions pour servir autrement le peuple centrafricain après la Mairie. S’il arrose de telles ambitions, il est  urgent qu’il mette les Banguissois à l’abri de l’insalubrité et qu’il amorce les travaux d’embellissement de la ville. Seuls les résultats peuvent confondre !

Kangbi-ndara a tenté vainement de joindre le Maire Emile Gros Raymond Nakombo sur son téléphone portable pour ce qui est des dispositions prises par la Mairie en vue de palier efficacement le problème d’insalubrité à Bangui. Le Maire est très injoignable. Quelques fois, c’est un tiers, probablement son aide de camp, qui décroche les appels pour laisser le décevant message suivant : « Il est en réunion ».

Johnny Yannick Nalimo

 

 

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