Marche parlementaire : le PCNT Alexandre N’Guendet donne une semaine pour la réintégration des FACA

Kangbi-ndara.info / Le parlement transitoire vient de marcher ce 04 novembre 2015 dans la ville de Bangui en faveur du réarmement des Forces armées centrafricaines (FACA) et de leur implication dans le processus de pacification de l’ensemble pays dans un délai d’une semaine. Une marche effectuée sans incident en dépit de l’opposition du Gouvernement de la transition.

IMGP6793Avant d’entreprendre cette marche dite de la paix, de l’unification de la Centrafrique et de la réelle sécurisation du pays afin de mettre un terme aux massacres commis en toute impunité depuis 2013, les conseillers nationaux sous la férule du président du Conseil national de transition Alexandre Ferdinand N’Guendet ont chanté dans l’unanimité l’hymne national, devant la statue du père fondateur de la République centrafricaine Barthélemy Boganda, avant d’entreprendre une longue marche en direction du siège de la Minusca où un mémorandum a été remis.

Un dispositif de sécurité cintré composé des casques bleus, de la police et de la gendarmerie nationale, a accompagné ce mouvement. Du palais du parlement transitoire à la place des Nations Unies où la marche a pris fin le tout s’est passé dans un calme relatif avec des conseillers qui parlaient moins laissant lire sur leurs visages la situation actuelle du pays.

D’après le bref speech d’Alexandre Ferdinand N’Guendet sur la place des Nations Unies, le CNT avait interpellé le représentant du secrétaire général des nations unies le général Babacar Gaye sur la mise en exécution effective des différentes résolutions prises par le conseil de sécurité mais « aujourd’hui les faits sont là ! Les faits donnent raison à la représentation nationale qui avait estimé que sans l’implication de nos forces de sécurité il sera impossible de sécuriser la ville de Bangui et l’intérieur du pays. Ces dernières semaines, le peuple centrafricain a assisté aux massacres des populations civiles, ces massacres concernent les deux communautés à savoir musulmanes et chrétiennes. Nous avons vu des maisons incendiés, des personnes lynchées, des personnes calcinées et la représentation nationale dit : Trop c’est trop ! L’heure n’est plus aux condamnations. Nous attendons du Gouvernement des actes concrets. Le Gouvernement qui a la responsabilité historique, le Gouvernement qui a prêté serment devant la représentation nationale d’assurer la sécurité du peuple, il appartient à ce Gouvernement et aussi la communauté d’intégrer nos forces de défenses et de sécurité dans un délai d’une semaine, nous disons dans un délai d’une semaine… », a déclaré le président du CNT Alexandre Ferdinand N’Guendet.

Plusieurs anciennes figures politiques actuellement conseillers nationaux dont l’ancien Premier ministre Laurent Derant Lakoué ont pris part à cette randonnée patriotique. Le conseiller Maïtar Djim-Arem a soutenu qu’il s’agit d’une marche de  « protestation contre l’inertie de la communauté internationale qui est censée nous apporter une aide pour qu’on sorte de la crise dans laquelle nous nous trouvons. Or, on se rend compte que la Minusca assiste aux tueries et n’intervient jamais et parfois elle tire sur la population.  Alors, nous voulons que notre Gouvernement réarme les FACA, pas tous les Faca mais ceux qui sont patriotes qui veulent travailler. Il faut absolument les réarmer pour qu’ils fassent le travail par ce que les centrafricains sont en train de se faire massacrer par forcément par les centrafricains musulmans mais nous avions eu qu’il y a eu introduction dans la capitale des gens venus de très loin qu’on appelle Djihadistes. »

Du côté de la population sortie aux abords des avenues pour observer la progression pacifiste des conseillers nationaux les avis sont mitigés car certains saluent l’initiative du parlement en faveur des forces intérieurs de défenses et de sécurité tandis que d’autres jugent tardif l’acte posé ce jour par le CNT : « Vous étiez où depuis ce temps pour sortir après qu’ils nous ont tout pris et tous tués ? » ont vociféré quelques personnes au passage des conseillers.

Par ailleurs, il convient de rappeler que les centrafricains développent du jour au lendemain une certaine forme moins sévère de xénophobie envers les étrangers car un militaire occidental a reçu une gifle d’un inconnu sur la place des Nations Unies après qu’il s’est brièvement arrêté pour glisser quelques mots aux gendarmes locaux.

En novembre 2012, une marche historique similaire a été initiée par les élus de la nation pour dénoncer les exactions commises lors de la progression de l’ex-séléka. Et moins de deux semaines après cette marche le régime de Bozizé était tombé. L’histoire va-t-elle se répéter ?

Johnny Yannick Nalimo

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