Massacre à Mingala : Touadera,Onanga et Meckassoua indifférents?

Kangbi-ndara.info/ Un lourd bilan humain difficile à établir. Le député de Mingala, dans le sud-est de la République centrafricaine, estime à plus d’un millier les personnes déplacées dans sa localité où sévit depuis le 26 février la milice peule dirigée par le rebelle nigérien Ali Ndarassa. Des lors, aucune voix dissuasive ne s’élève ni des Autorités centrafricaines en place ni des forces étrangères en mission de pacifier le pays.

Il a fallu deux mois après le déclenchement des scènes d’horreur dans la Sous-Préfecture de Mingala dans la Basse-Kotto pour que le voile se lève sur l’ampleur des atrocités commises dans la zone. Il a fallu que le leader de Centrafrique Nouvel Elan (CANE), Sylvain Ngakoutou Patassé, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2015, effectue ce 17 avril 2017 le déplacement vers les déplacés de Mingala rassemblés à l’Ecole Bégoua, à la sortie nord de Bangui pour que l’on se rend compte de l’énormité des exactions perpètrées par la milice d’Ali Ndarassa connue sous le nom d’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC) délocalisée à Bambari au Centre depuis le 21 février 2017.

D’après les témoignages d’une poignée des quelques 425 déplacés de Mingala regroupés à l’initiative de Sylvain Ngakoutou Patassé, le bilan des vies humaines supprimées à Mingala depuis l’arrivée d l’UPC dans la Sous-Préfecture est très considérable et difficile à estimer. « Ils ont incendié les communes de Kotto, Mabissi, Serapago, Miriba et de Mangadja. Un nombre important de cadavres jonchait le long de la route  au moment de notre fuite… Ils tuent impitoyablement les hommes, les enfants mâles et certains animaux. Les éléments de Ndarassa contrôlent le secteur depuis le 26 février dernier. Ils contrôlent l’exploitation des ressources du sol sol. », témoigne une femme commerçante laissant ouïr qu’elle a parcourue plus de 87 kilomètres à pied et en brousse avant de gagner la ville de Bria dans le nord-est.

« C’est la désolation et l’impensable.  Ils nous exigent de leur verser des taxes allant de 1000 francs à 15.000 francs CFA si nous élevons des chiens, cabris, bœufs, volailles et autres. Nous payons aussi des frais si nous coupons du bois pour la construction de nos cases. En cas de refus la case en construction est soit détruite ou incendiée. Pour avoir dit non, quand un des chefs de l’UPC de Mangadja a ordonné me quérir nuitamment pour assouvir ses désirs sexuels, j’ai été ligotée, torturée et enfermée dans une pièce avec une amende de 150.000 francs de caution à payer pour ma libération. Dans la pièce, ils nous ont donné leurs urines à boire. Le chef du village Porombo à qui ils ont ordonné de boire plus d’urine que nous autres a rendu l’âme deux jours après », témoigne une jeune femme déplacée. « La Minusca n’est pas dans la zone, ni les forces de sécurité nationale. On ne voit aucune présence humanitaire. Les cadavres sont dévorés par les cochons qui font office de la Croix-Rouge », compète Elysa Boro, une déplacée.

Le député de Mingala affirme donner l’alerte reltive à la gravité de la situation, deux fois successives, sur les ondes de Radio Ndeke Luka, mais rien ne se fait et se dit déçu du soutien qu'il a apporté au Président Faustin Archange Touadera. « Nous avions instruit Mingala de voter massivement pour T. Les résultats du second tour l’ont confirmé. Nous ne savons pas pourquoi le cri de détresse de notre localité ne parvient toujours pas aux oreilles concernées. C’est dans le malheur qu’on reconnait les vrais amis. Merci de Mingala et du Mbomou à Sylvain Ngakoutou Patassé qui vient de faire le premier pas vers nous pour nous écouter et nous assister », mots de déception et de remerciement de l’honorable de Mingala qui indique au Village Gbokolobo l’actuel refuge d’Ali Ndarassa dont les positions sont constamment voilée lors des conférences de presse hebdomadaires de la Mission multidimensionnelle et intégrée des nations unies pour la stabilisation de Centrafrique (Minusca).

La déception du député est partagée, Sylvain Ngakoutou Patassé ne la voile pas. « C’est énorme ce que  racontent nos frères qui ont fui la terreur instaurée par ces crapuleux mercenaires. Ils circulent librement sur notre territoire au su et à la vue de tous. Je vais en discuter avec le Chef d’Etat. Il nous incombe de vite prendre des mesures sécuritaires et humanitaires nécessaires qu’il faille. Nous ne sommes pas loin d’une explosion démographique à Bangui en raison de la présence insupportable des bandes armées dans l’arrière-pays. La Minusca ne nous dira pas qu’elle ignore l’actualité de Mingala», s’interroge Sylvain Ngakoutou Patassé.

Par ailleurs, de notre analyse, dans le discours du premier anniversaire de son investiture, le Président de la République Faustin Archange Touadera s’est félicité de l’avancé de son régime sur tous les plans, compris le secteur de sécurité. Or, entre autres, les habitants de la Basse-Kotto révèlent que la peste qu’est l’UPC tue à Mingala et ses environs jour et nuit depuis le 26 février 2017. Ceci depuis plus d’un mois avant la célébration du 30 mars. Aussi, l’Assemblée Nationale qui s’enorgueillit aujourd’hui du vote record de plusieurs lois en une année semble toujours plus préoccupée à voter d’autres lois à la va vite que d’unir son pouvoir avec celui de l’Exécutif  aux fins de mettre hors d’état de  nuire certains chefs de guerre qui mettent à mal les efforts déployés pour garantir la sécurité du Peuple centrafricain et la consolidation du vivre-ensemble sur l’ensemble du territoire. Au lieu de nourrir une crise froide et stérile entre l’Exécutif et le Législatif, le Peuple voudrait de tous ses pouvoirs constitutifs  pour contrer les ennemis visibles et invisibles de Centrafrique. L’actualité de Basse-Kotto interpelle tous. La Minusca se doit cette année de jouer un franc-jeu et le Gouvernement ferait mieux de ne plus tendre oreilles au propos atténuants du porte-parole de l’UPC qui affiche sa milice comme garante de la sécurité des populations dans leurs zones de prédation. Ce qui n’est nullement le cas à en croire les populations sensées être protégées non par les forces conventionnelles mais par des mercenaires étrangers.

Comment peut-on attendre des médias nationaux une communication de développement dans un milieu où les cadavres sont enterrés par les cochons et que le torchon brûle vivement entre les deux prmières institutions de la République ? Sans le sérieux et la véritable concience politique, la presse du progrès va sans doute attendre !

Johnny Yannick Nalimo

 

 

 

 

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